La bataille pour le contrôle de Banco Sabadell : le dénouement imminent de l’OPA de BBVA

Le choc des titans entre BBVA et Banco Sabadell est sur le point d’atteindre son apogée. En effet, ce vendredi marque la date limite pour la Société d’Offre Publique d’Achat (OPA) lancée par BBVA sur Banco Sabadell, une opération qui s’est étendue sur plus d’un mois, débutant le 8 septembre. Ce conflit pour le contrôle de l’entité catalane dure désormais depuis 17 mois, et les deux établissements financiers n’ont cessé d’intensifier leur pression sur leurs actionnaires respectifs.

Une guerre des mots et des chiffres

Dès le lancement de l’OPA, la Commission Nationale du Marché de Valeurs (CNMV) a été le témoin des récriminations et des plaintes entre les deux banques. Chaque mouvement publicisé par BBVA, qui a manifesté son intérêt pour l’acquisition de Sabadell en mai 2024, a été scruté et commenté. La tension entre les deux parties est palpable et reflète une hostilité de plus en plus exacerbée.

Pour les actionnaires de Banco Sabadell qui n’ont pas encore adhéré à l’OPA, c’est la dernière chance de le faire. Ils doivent signaler leur intention au lieu où ils ont déposé leurs actions, afin de bénéficier de l’échange proposé par BBVA. Ce dernier a également mis en place un service client gratuit, accessible par téléphone au numéro +34 800 080 032.

Les enjeux d’une OPA réussie

Le résultat de cette OPA sera révélé le 17 octobre. Cette sortie d’incertitude est attendue par tous, tant pour les acteurs des marchés que pour les analystes qui scrutent les indications contradictoires des deux banques. BBVA se dit confiant d’obtenir bien plus que 50 % du capital, tandis que Banco Sabadell semble pessimiste, estimant qu’il sera difficile d’atteindre le seuil minimum de 30 %.

Selon la législation espagnole, si le soutien est supérieur à 30 % mais inférieur à 50 %, des actions seront obligatoires de la part de BBVA. Cela inclut la renonciation au seuil d’acceptation de 50 % et la nécessité de lancer une deuxième OPA en espèces. Cette situation pourrait être déconvenue pour les actionnaires de Sabadell, qui devront faire face à des taxations sur les plus-values, sauf si l’OPA réussit à franchir le cap des 50 %.

Une mobilisation de dernière minute

Avec moins de 24 heures avant la clôture de l’acceptation, les efforts de la part des deux banques s’intensifient. BBVA tente de rassembler autant de soutien que possible, tandis que Banco Sabadell appelle à la loyauté de ses actionnaires, en particulier ceux qui sont des clients et des investisseur. Le président de Sabadell, Josep Oliu, a souligné l’importance des petits actionnaires, incitant ceux détenant des sommes significatives à s’engager.

Le rôle de la CNMV et les implications du marché

La CNMV a clarifié certains points critiques cette semaine. Elle a annoncé que les résultats ne seront divulgués qu’une semaine après la fin de la période d’acceptation, le 17 octobre. Le régulateur a également précisé que le prix d’une éventuelle seconde OPA devra être validé par leur soin. Toute spéculation à ce sujet, avant cette annonce officielle, doit être considérée comme telle.

En ce qui concerne les marchés, l’action de BBVA a vu une augmentation de 3,3 % depuis le début de la période d’acceptation, tandis que celle de Sabadell a connu un faible ajustement, atteignant une prime de 2 %. Actuellement, BBVA évalue Sabadell à 3,33 euros par action.

Les dividendes en jeu

Un autre aspect intéressant de cette acquisition potentielle concerne le paiement des dividendes. BBVA a annoncé qu’il retarderait son paiement traditionnel de dividendes de novembre à le 7 novembre pour que les actionnaires ayant assisté à l’échange puissent également en bénéficier. D’autre part, Sabadell a intensifié son engagement de distribution de dividendes pour atteindre 3,95 milliards d’euros jusqu’au premier trimestre 2026, ce qui représente une influx important pour ses actionnaires.

Cette lutte pour le contrôle de Banco Sabadell illustre parfaitement la dynamique complexe qui règne dans le monde de la finance. La tension entre les deux banques, la nécessité de satisfaire un actionnariat varié et les implications réglementaires ajoutent une couche supplémentaire d’incertitude. Les conséquences de cette OPA pourraient marquer un tournant significatif dans le paysage bancaire espagnol, redéfinissant les relations entre les clients, les actionnaires et les institutions financières.



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