Airbus entre dans la fabrication de moteurs à hydrogène
Airbus, reconnu pour avoir construit certains des avions commerciaux les plus emblématiques au monde, a longtemps laissé la fabrication de moteurs à d’autres entreprises. Des géants comme Rolls-Royce, GE Aerospace, et Pratt & Whitney se sont partagé ce secteur, tandis qu’Airbus se concentrait sur la conception, l’intégration et l’assemblage de ses aéronefs. Cependant, la quête d’un avion propulsé par hydrogène a incité Airbus à franchir une étape qu’il avait jusqu’à présent évitée.
Une joint-venture prometteuse
Le projet se concrétisera, à condition de surmonter certaines étapes, grâce à une joint-venture entre Airbus et MTU Aero Engines. Cette collaboration vise à rassembler sous une même entité le développement, les tests, la certification et la commercialisation d’un système de propulsion totalement électrique fonctionnant à l’hydrogène. À ce jour, les deux entreprises ont signé un accord non contraignant et attendent les approbations nécessaires pour avancer. Le démarrage des activités est prévu pour 2027.
Une première dans l’histoire d’Airbus
Cette initiative marque la première incursion d’Airbus dans la fabrication complète de moteurs d’avion, rompant ainsi avec le modèle traditionnel où la propulsion était confiée à des spécialistes. Airbus ne cherche pas à rivaliser avec ces sociétés sur les moteurs conventionnels. Son intérêt se concentre, au moins pour l’instant, sur une technologie encore en développement, que les deux partenaires souhaitent transformer en un système industrialisé et certifiable.
Une complémentarité stratégique
Les deux entreprises abordent le projet avec des expertises complémentaires. Airbus apporte son savoir-faire en matière d’aviation commerciale et d’expérience dans la propulsion à hydrogène, tandis que MTU contribue avec ses compétences en conception, intégration, validation et certification de moteurs. Les modalités de partenariat sont encore en cours de négociation, mais selon le Financial Times, Airbus pourrait détenir environ 75% de la joint-venture, dont la valorisation pourrait dépasser 1,2 milliard d’euros, avec un emplacement envisagé en Allemagne.
Une vision à long terme
Cette initiative témoigne de l’évolution de ZEROe, le concept d’avion à hydrogène d’Airbus. Bien qu’initialement prévu pour 2035, le calendrier a été ajusté, et le lancement est désormais envisagé pour la décennie 2040. Ce changement de cap a entraîner des réductions budgétaires et des réaffectations de personnel. Airbus a finalement décidé de prioriser une architecture de propulsion entièrement électrique basée sur des piles à hydrogène.
Un système durable et innovant
La nouvelle architecture ne brûlera pas d’hydrogène dans une turbine, mais utilisera plutôt des systèmes de piles à combustibles. Le hydrogène, conservé à l’état liquide, sera combiné électrochemique avec de l’oxygène pour produire de l’électricité, alimentant ainsi des moteurs électriques qui entraînent les hélices. Ce système, contrairement aux démonstrations précédentes avec la combustion directe, est conçu pour ne produire aucune émission directe de CO₂ lors du vol, générant uniquement de l’eau comme sous-produit.
Des défis à surmonter
Malgré l’enthousiasme entourant cette annonce, un avion à hydrogène n’est pas prêt d’atterrir dans les aéroports. La future société doit encore être constituée, convertir les recherches en systèmes industrialisés et certifiables, et surmonter des défis allant du poids aux systèmes de refroidissement et à l’approvisionnement en hydrogène. De plus, aucun modèle ni calendrier commercial n’a encore été confirmé.

