L’étude Istat sur l’efficacité de la politique de cohésion en Italie confirme les évaluations qui, au niveau européen, ont conduit ces dernières années la Commission à parler de “piège du développement”. C’est l’impasse dans laquelle se trouvent de nombreuses régions des pays les plus avancés, incapables de suivre les régions les plus rapides, avec lesquelles la comparaison se joue sur la capacité d’innovation et d’investissement, et en difficulté à concurrencer même les plus arriérés parce qu’il n’y a pas d’historique des coûts de main-d’œuvre. Le problème concerne surtout la France, mais les choses ne vont pas bien non plus en Italie. Dans la carte de la compétitivité des régions européennes de la DG Politiques régionales de la Commission européenne, en 2022, la Lombardie est la seule région italienne légèrement au-dessus de la moyenne de l’UE. Elle se classe 98ème et pour trouver la deuxième région italienne, l’Emilie-Romagne, il faut descendre en 128ème position. Puis la Vénétie, la Toscane, le Latium et le Piémont et suivre les autres.

Pour l’ensemble, des onze indicateurs qui composent l’indice, les pires données concernent le niveau institutionnel (qualité et efficacité des institutions, niveau de perception de la corruption et cadre réglementaire général, soutien aux entreprises et ouverture aux affaires).

Les données détaillées sont en hausse Lab24la zone visuelle du Sole24ore.com. Ce qu’il est intéressant de noter ici, c’est que le problème ne semble pas être la politique de cohésion en tant que telle, mais le tissu institutionnel et administratif du pays, de Bolzano à Raguse. En passant par Milan. C’est pourquoi avec le Pnrr – concurrent le plus fort de la politique de cohésion – il a été décidé de privilégier les réformes plutôt que les projets, et notamment le renforcement des capacités administratives, véritable point faible dans la mise en œuvre de toutes les politiques publiques, tout comme le les difficultés à dépenser les fonds structurels européens l’avaient déjà fait savoir depuis un certain temps. La capacité à mettre en œuvre des réformes pourrait faire la différence, tant pour les fonds de cohésion que pour le Pnrr. C’est le but. Le chemin, cependant, devient de plus en plus tortueux et cahoteux.

La politique de cohésion représente 367 milliards d’euros, soit un tiers du budget de l’UE et l’Italie est le deuxième bénéficiaire, après la Pologne. Il n’y a pas de politique de redistribution interétatique de cette ampleur ailleurs. Cependant, il est de plus en plus questionné, tant pour la méthode que pour les résultats qui ne peuvent être mesurés uniquement en termes de PIB. De plus, nous continuons à y puiser pour répondre aux crises et détourner des fonds vers d’autres objectifs, du plan Juncker au Covid, des réfugiés au fonds souverain pour l’industrie de l’UE. Dans de nombreux États membres, dont l’Italie, la tendance est à la centralisation de la gestion d’une politique conçue pour les régions et qui devrait partir des besoins des territoires.

Le débat sur ce que deviendra la politique de cohésion dans les prochaines années a commencé il y a quelque temps. Changer ne devrait pas être un tabou, mais vous devez être conscient que vous travaillez sur un système très complexe et délicat. Et jusqu’à présent, le “modèle Pnrr” ne s’est pas avéré être la bonne alternative.



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