cAvec l’imagerie par résonance magnétique, avec ou sans contraste liquide, j’ai fait la paix: Je pourrais réciter par cœur le consentement éclairé, impassible face aux menaces, et remercier les progrès qui nous ont donné des machines plus ouvertes et moins infernales.
Danda Santini réalisatrice de « iO Donna » (photo de Carlo Furgeri Gilbert).
Le malaise reste: des bruits mystérieux et inquiétants, le bruit de fond de la phase de rinçage de la machine à laver, puis une alternance de bips d’une alarme spatiale, soudain un marteau pneumatique, une mitrailleuse d’impulsions sonores, une pause qui donne de l’espoir, mais non, le silence, instant de réflexion et le corps reprend son inexorable avancée sur le tapis roulant, disséqué et bombardé par on ne sait quelles entités.
Mesures anti-panique : fredonner, méditer, réciter un poème par cœur, om, calculer, prier. Immuable, sinon on recommence encore et encore. De temps en temps enquêter, examiner, analyser, consulter, puis essayer des traitements, en essayer d’autres, passer à d’autres, pour des douleurs, des foulures et des tensions qui poussent comme des champignons, un doute surgit.
Quelque chose ne va pas
Pour ceux qui ont commencé à faire du sport à l’école primaire, au collège il était déjà dans les rangs d’une équipe de quelque chose, au lycée il continuait ses sports favoris, à l’université il n’avait plus une telle envie mais quand il a commencé à travailler il a compris qu’une salle de sport devant le bureau était pas une mauvaise idée; elle expérimente alors les entraînements collectifs, le cross fit, le step, le spinning, puis s’oriente progressivement vers le pilates, le yoga, le tai chi ; a commencé à surveiller l’alimentation électrique de la bouée de porteet puis pour appliquer des règles strictes, marcher trente minutes et prendre au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, dormir huit heures avec des rythmes réguliers, choisir l’escalier et non l’ascenseur, jusqu’à plein de choses agréables et appétissantes, bref quelque chose ne va pas pour moi.
Comment et pourquoi sommes-nous devenus la proie la plus convoitée des physiatres, kinésithérapeutes, ostéopathes et acupuncteurs ? Ménisques qui ne tiennent pas, épaules douloureuses, bras qui fourmillent, nuques rebelles, dos à disques qui vaquent à leurs occupations : c’est le temps qui se fait sentir, le temps qui ne respecte pas les règles, les pressions qui changent trop vite pour notre cartilage? Ou celui du greffe qui réclame son gage, indigné de nos vaines tentatives pour le tenir à distance ?
Illustration de Cinzia Zenocchini
Y a-t-il un tracé de passage astral, un Saturne contre les os et les articulations ? Est-ce les heures passées devant l’écran de l’ordinateur, immobiles, concentrés, toujours dans les mauvaises postures ? Ou du sport sans échauffement, sans préparation, sans étirements, chutes, déchirures, inconscience ? Hors du temps, y pensant toujours dans la vingtaine ?
Parce qu’un imprévu a dû faire échouer nos programmes de prévention du fer. Ma mère et mon père, enfants de la guerre, de la faim et de bien d’autres maux, ont passé la barre des quatre-vingt-dix ans avec plus de dignité et moins de bleus. Ou sommes-nous des enfants du bien-être simplement plus fragiles, hypocondriaques et plaintifs ?
iO Femme © REPRODUCTION RÉSERVÉE

