La Cour des comptes « peut identifier les « irrégularités graves de gestion » et les signaler à l’administration compétente en matière de responsabilité de gestion : cette fonction n’inclut en aucun cas la constatation du « non-respect de l’étape européenne », comme l’indiquent plutôt les résolutions 17 et 18 de 2023 du comité de contrôle concurrent, cette évaluation relevant de la responsabilité exclusive de la Commission européenne en concertation avec l’État membre ».
Réponse de Fitto aux objections de la Cour des comptes
Le ministre de la Pnrr Raffaele Fitto a confié à Il Sole 24 Ore une réponse sèche aux objections soulevées par les magistrats comptables auprès des ministères de l’Environnement et des Infrastructures, prévu par le Sole 24 Ore le 6 mai, sur deux des 27 objectifs auxquels sont liés les 16 milliards d’euros de la quatrième tranche des fonds européens en juin. Le titulaire du mandat pour le Plan prévient que “la bonne relation entre les institutions représente l’un des points fondamentaux pour la mise en œuvre du Plan”.
L’alarme des juges comptables
La commission de contrôle concurrente, celle créée l’an dernier (après une très longue gestation, puisqu’elle était attendue à partir de 2009) pour vérifier l’état d’exécution du Pnrr en cours de chantier, revendiquait dans les deux résolutions “l’échec à atteindre” le jalon qui sommé d’attribuer les contrats d’au moins 40 stations de ravitaillement en hydrogène pour le transport routier d’ici le 31 mars, et qu’il a défini comme “en grave danger”, en raison d'”un retard bien établi” produit par “un défaut général de planification” l’objectif de l’attribution des travaux des bornes de recharge pour véhicules électriques sur autoroutes et en agglomération avant le 30 juin.
De ces obstacles découlerait, selon les juges comptables, le « risque concret de réduction de la contribution financière mise à disposition par l’UE » ; avec pour conséquence que “ces éléments critiques peuvent être qualifiés de graves irrégularités de gestion aux fins de la responsabilité managériale”. La référence est à l’article 22 du décret-loi 76/2020 et à l’article 21 de la loi coordonnée sur l’emploi public qui, pour ces “irrégularités graves”, demande à l’administration titulaire d’émettre des sanctions jusqu’à la révocation de l’affectation.
C’est la première fois que la Cour des comptes va aussi loin dans l’examen de l’état d’avancement du Plan, même si les analyses des mesures individuelles, des fameux 1,65 million d’arbres qui auraient dû être plantés dans les grandes villes d’ici 2022 aux infrastructures hydrauliques projets, il y en a déjà eu beaucoup. Mais le non-respect du calendrier n’avait jamais été contesté et donc d’évoquer l’hypothèse que les managers pourraient être appelés personnellement à répondre d’éventuels manquements à l’atteinte d’un des objectifs du Pnrr (373 manquent à l’appel). C’est précisément cet aspect qui a fait sonner l’alarme très haut au sein du gouvernement.


