Avec un exemple fort de politique industrielle verte, la Commission européenne veut concurrencer les États-Unis et la Chine. Jeudi, la Commission a présenté deux propositions ambitieuses qui devraient pousser l’industrie européenne dans la bonne direction verte et la rendre plus indépendante. Les plans représentent un changement majeur dans l’économie européenne normalement libre-échangiste.

Avec le ‘Loi sur l’industrie climatiquement neutreLe commissaire européen Frans Timmermans (Climat) veut augmenter de manière significative la production de la soi-disant « technologie propre » dans l’UE. En 2030, 40 % des panneaux solaires, des éoliennes et des pompes à chaleur à batterie utilisés en Europe devront également être fabriqués en Europe. Pour les panneaux solaires, par exemple, ce n’est actuellement que de 10 %.

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Pour atteindre cet objectif, Bruxelles se concentre principalement sur le raccourcissement des procédures d’autorisation. La réalisation de « projets stratégiques » spécialement sélectionnés doit être accélérée, par exemple en rationalisant certaines lois et réglementations. Selon l’importance du projet, les permis doivent être obtenus dans un délai de douze à dix-huit mois. La manière exacte d’y parvenir reste incertaine, tout comme la question de savoir si certaines législations environnementales peuvent être écartées. Selon Timmermans, ce dernier ne peut pas être le cas, mais la question de savoir comment le faire suscite déjà la nervosité des organisations environnementales.

La proposition vise notamment à réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine. À cette fin, il y a aussi un passage dans la loi sur les marchés publics : si un soumissionnaire dont l’UE dépend déjà à plus de 65 % pour ce produit, il doit être « découragé ».

Lithium et cobalt

Ce jeudi également, le commissaire européen Thierry Breton (Marché intérieur) a présenté le ‘Loi sur les matières premières critiques‘. Il fixe des objectifs ambitieux pour l’extraction de matières premières importantes pour la transition climatique, telles que le lithium et le cobalt. 10 % des soi-disant « matières premières stratégiques » utilisées par l’UE elle-même doivent être extraites en Europe d’ici 2030. 15 % supplémentaires doivent être disponibles grâce au recyclage et 40 % des matériaux doivent être traités en Europe même.

Il est intéressant que la Commission veuille fixer un maximum pour l’utilisation de matières premières stratégiques provenant d’un seul et même pays non membre de l’UE. Il se concentre sur un seul pays : la Chine. À l’heure actuelle, l’Europe dépend encore presque entièrement de la Chine pour certaines matières premières, à l’avenir, cela doit être réduit à un maximum de 65 %.

Les plans ont donné lieu à des discussions à Bruxelles ces derniers jours pour diverses raisons. Les versions antérieures des plans comprenaient encore plus d’objectifs pour des secteurs spécifiques, ce qui, selon les critiques, équivalait à une forme démodée d’économie planifiée. Les restrictions commerciales, qui visent principalement la Chine, pourraient également nuire au libre-échange et provoquer ainsi une contre-réaction. Les analystes évaluent les objectifs de la loi sur les matières premières comme très ambitieux, presque inaccessibles.

Timmermans a adressé cette critique lors d’une conférence de presse. « L’ancien aurait raison si nous ne faisions pas de politique industrielle », a-t-il rétorqué. « En tant qu’Europe, nous récoltons aujourd’hui les bénéfices des choix stratégiques que la Chine a faits il y a dix ans. C’est ce que vous devriez faire maintenant si vous êtes dans une révolution industrielle.



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