Construction de la Mégapresa de Motuo

La Chine s’engage dans un projet titanesque avec la construction de la mégapresa de Motuo, située sur le fleuve Yarlung Tsangpo, au cœur de l’Himalaya. Cette installation vise à devenir la plus grande centrale hydroélectrique du monde, surpassant ainsi la célèbre centrale des Trois Gorges. Selon Tenzin Norgay, chercheur à l’International Campaign for Tibet, un tel projet révèle l’intention de “dompter la nature”.

Des chiffres impressionnants

Capacité de production: Ce projet hydroélectrique est monumental, atteignant une capacité de génération de 60 à 70 GW. Pour mettre ces chiffres en perspective, la production annuelle d’énergie attendue s’élève à 300 milliards de kWh, soit trois fois celle de la centrale des Trois Gorges, déjà immense.

Un projet complexe: Pour produire une telle énergie, des tunnels de 20 kilomètres de long devront être creusés dans un terrain montagneux. De plus, la centrale sera composée de cinq installations hydroélectriques interconnectées, nécessitant des investissements colossaux.

Coûts élevés et défis techniques

Le coût total de cette œuvre titanesque est estimé entre 167 et 170 milliards de dollars. Ces investissements soulèvent des questions, notamment en raison des risques techniques associés au choix de l’emplacement en Himalaya, une région géologiquement instable, où des tremblements de terre fréquents sont préoccupants.

Critiques et incertitudes

Ce projet fait également l’objet de critiques internes. Le géologue chinois Fan Xiao souligne les dangers impliqués, ainsi que le manque de demande électrique dans une région tibétaine peu peuplée. Cela rend le projet difficilement justifiable, surtout face aux coûts de transmission de l’électricité vers les villes.

Un pas vers la durabilité?

Le gouvernement chinois présente la mégapresa comme une étape cruciale vers la décarbonisation. Cet ample projet s’inscrit dans la stratégie de durabilité de la Chine pour réduire sa dépendance au charbon. Cependant, Darrin Magee, expert en hydroélectricité, met en garde contre la viabilité à long terme de cette source d’énergie, qui produit d’importantes émissions de gaz à effet de serre.

Il suggère qu’un mélange d’énergie éolienne et solaire serait plus sage pour le Tibet, afin d’assurer un véritable développement durable.

En résumé, ce projet représente une ambition grandiose pour la Chine, tout en soulevant d’importantes questions éthiques et environnementales.

Images | Tejj



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