Le stockage indépendant de tout soupçon de données d’utilisateurs dans le secteur des télécommunications est illégal. La Cour européenne de justice (CJE) y voit une incompatibilité avec le droit communautaire applicable. Cela a renforcé les exigences de stockage des données de communication.
Mardi, la CJE a annoncé que le stockage généralisé des données de trafic et de localisation sans motif est incompatible avec le droit de l’Union. L’arrêt a non seulement un effet de signal pour les futures réglementations au niveau de l’UE, mais affecte également la législation allemande. Ainsi, les réglementations allemandes de la loi sur les télécommunications (TKG) sont concernées. L’obligation pour les opérateurs de réseau de stocker les données de localisation et de connexion lors des appels téléphoniques et de l’écriture de SMS, ainsi que le stockage des adresses IP et des données de connexion lors de l’utilisation d’Internet, n’est donc plus applicable.
Obligation de stockage suspendue depuis 2017
L’obligation de stockage pour les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs Internet n’a pas encore été appliquée par l’Agence fédérale des réseaux en raison de procédures judiciaires en cours. Deutsche Telekom et SpaceNet poursuivent le TKG depuis 2017. Le litige a traversé de nombreuses instances des tribunaux allemands pour annuler la conservation des données après tout. Enfin, le Tribunal administratif fédéral a demandé si le TKG est compatible avec le droit de l’UE et a renvoyé l’affaire devant les juridictions européennes. En fin de compte, à juste titre.
Stockage préventif illégal
Dans son arrêt sur le TKG, la CJCE a déclaré que le stockage préventif des données des utilisateurs n’est pas autorisé. Cela n’est pas non plus en contradiction avec le fait que la réglementation allemande servirait à prévenir les infractions pénales graves. La conservation générale et aveugle des données de trafic et de localisation de tous les citoyens doit être considérée comme une atteinte très grave aux droits fondamentaux. En bref, il doit être considéré comme une sorte de suspicion générale, en particulier pour les citoyens innocents. La CJUE a en outre expliqué que le stockage des données de connexion permet de tirer des conclusions très précises sur la vie privée des personnes. Cela rend encore plus facile la création de ce que l’on appelle un profil de mouvement. Les habitudes de la vie quotidienne, les allées et venues et son propre rythme de vie deviennent reconnaissables. De plus, des activités précises, des relations sociales et des conclusions sur l’environnement social d’une personne sont possibles.
Stockage préventif en cas de menace nationale
Selon la CJCE, le stockage sans motif des données des utilisateurs des services de télécommunications n’est possible que dans des limites étroites. C’est le cas lorsqu’il existe une menace sérieuse pour la sécurité nationale. Ce qui est important, cependant, c’est un organisme de contrôle indépendant et le délai de la mesure. Cette tâche peut être effectuée par un tribunal ou un organe administratif afin d’empêcher toute prolongation.
Un autre cas est celui de la conservation ciblée de données. La focalisation sur certaines personnes est autorisée si la mesure sert à lutter contre des infractions pénales graves et à prévenir les menaces à la sécurité publique pendant une période limitée.
Conservation de l’adresse IP
Il est également intéressant de savoir ce que dit la CJUE sur le stockage des adresses IP et des identités des utilisateurs. Ceux-ci doivent être stockés de manière générale et indiscriminée pendant une période limitée dans le cadre de la lutte contre la criminalité et de la protection de la sécurité publique. Pour ce faire, les adresses IP doivent être attribuées comme source d’une connexion. La détermination d’identités d’utilisateurs d’appareils électroniques est donc également possible.
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Le gouvernement fédéral doit réagir maintenant
Étant donné que le TKG est désormais illégal, le gouvernement fédéral doit maintenant trouver un moyen juridiquement conforme de gérer la conservation des données. La CJCE traite de la question depuis 2014 et les propositions législatives se sont révélées à plusieurs reprises illégales. Jusqu’à présent, les lois correspondantes ont toujours dépassé la marque. La restriction disproportionnée des droits fondamentaux et le risque d’utilisation abusive des données ont jusqu’à présent été ignorés. Un règlement compatible à la fois avec la Loi fondamentale et le droit de l’UE serait donc souhaitable. Le FDP est désormais favorable à une procédure de gel rapide. Dans une telle procédure, les données ne peuvent être stockées ou gelées que s’il existe une suspicion concrète d’acte criminel à l’encontre d’un citoyen. Cependant, la forme précise est contestée. Au moins, l’arrêt de la CJCE peut désormais servir de guide, car il n’y a que quelques exceptions pour le stockage sans motif et il est limité dans le temps.
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- CJEconsulté le 21/09/22

