Antonella Baccaro (photo de Carlo Furgeri Gilbert)
Ll’été est-il encore la saison des trahisons ? Asphyxié par la chaleur estivale, épuisé par la résurgence de nouvelles infections, l’effet dissuasif, de nos jours, pourrait être au rendez-vous.
Mais ce n’est pas le cas, si ce que me dit un grand hôtelier est vrai, sous la contrainte de l’anonymat, qu’il y a désormais une clientèle très particulière qui cet été revient en force plus que jamais.
Je suis les couples clandestins qui, étonnamment, constituent une tranche intéressante du marché. Si je comprends bien, créer l’opportunité a été le redémarrage des événements en présence, conventions et congrès d’abord, où les infidèles viennent en compagnie de partenaires non officiels.
Qui sait combien les amants ont souffert pendant la longue période des “appels”alors qu’il ne pouvait y avoir qu’un petit message envoyé sous la table.
Sur la psychologie des amants, je conseille à chacun de reprendre, peut-être sous un parapluie, la lecture d’un livre qui m’a semblé éclairant : fidélité de Marco Missiroli (Einaudi).
“Fidélité” de Marco Missiroli (Einaudi).
Ici l’histoire des jeunes époux Carlo et Margherita n’est pas, je pense délibérément, celle d’un couple épuisé, démotivé, bref, en crise. Entre eux, il y a la passion, la complicité et la planification d’un avenir commun, tout ce qui ne doit pas manquer dans un mariage qui fonctionne.
L’écrivain semble alors parier sur la thèse que la trahison est d’abord un fait personnel, qui relève du rapport entre soi et le désir. Qui est décrit dans sa montée, son balancement, son explosion, sa descente et son écoulement comme une rivière karstique, pour réapparaître sans avertissement.
Dans tout cela, lorsque le désir devient invincible, les éventuels effets sur la relation avec le partenaire ne sont pas en mesure d’agir comme une barrière. Tout comme le choix de l’amant est secondaire qui dans aucun des cas ne semble capable de vraiment faire exploser le couple.
Le désir, dans cette clé, domine l’homme comme une force majeure. Une thèse d’acquittement que je crois se retrouver dans de nombreux textes sur le sujet écrits par une main masculine. Toute la rhétorique de la culpabilité sur laquelle nous, les femmes, préférons fonder nos aveux sur le sujet reste en dehors de cela.
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