Le Necronomicon : Un livre mythique né d’une blague

En 1922, le romancier Howard Phillips Lovecraft a introduit un livre maudit dans son récit Le Sabre, jetant ainsi les bases d’une légende littéraire. Ce livre, le Necronomicon, n’existe dans aucune bibliothèque connue, mais son mythe perdure un siècle plus tard, ayant engendré des sectes, des accusations de plagiat et une nouvelle édition espagnole de plus de 600 pages. Si ce livre maudit n’a jamais été écrit, sa récurrence dans la culture populaire suggère qu’il dissimule un mystère réel.

Une nouvelle édition du Necronomicon

Duomo Ediciones a récemment publié une nouvelle édition espagnole du Necronomicon, rassemblant les références au livre maudit présentes dans les récits de Lovecraft et de ses disciples. Composée de 648 pages, cette édition comprend des illustrations de Greta Grendel et montre clairement qu’il s’agit d’un artefact de fiction. La sélection des textes est assurée par l’italien Giuseppe Lippi, structurant l’ouvrage en trois sections : le rêve, le mythe et le terreur.

Origines du livre fictif

Lovecraft a fait référence pour la première fois au Necronomicon dans Le Sabre, publié en 1924 dans la revue Weird Tales. Le livre est attribué à un auteur fictif, l’arabe Abdul Alhazred. En 1927, Lovecraft a approfondi cette blague avec Histoire du Necronomicon, une chronologie fictive, plaçant sa rédaction au Yémen au VIIIe siècle et sa traduction en grec vers 950. Lovecraft a toujours été clair sur le fait qu’il avait inventé ce livre, le qualifiant dans une lettre d’une pure création de son imagination.

Apparitions récurrentes dans l’œuvre de Lovecraft

Le Necronomicon refait surface dans plusieurs autres œuvres de Lovecraft. Dans La Fête (1925), il est mentionné comme un livre gardé dans une bibliothèque fictive. Dans Le Cas Charles Dexter Ward (1927), il est en possession d’un sorcier nommé Joseph Curwen. Par ailleurs, dans La appelée de Cthulhu (1928), Lovecraft cite un vers du Necronomicon comme source.

Rayonnement et influence du Necronomicon

Un livre devenu réalité

En 1977, le Necronomicon a été “publié” pour la première fois par Schlangekraft sous la forme d’un pastiche de mythologie sumérienne et babylonienne. Ce projet était porté par Herman Slater, propriétaire d’une boutique ésotérique à New York. Ce livre, écrit par Peter Levenda sous le pseudonyme de Simon, a éveillé l’intérêt des passionnés d’occulte.

Répercussions culturelles

À travers les adaptations cinématographiques et les bandes dessinées, le Necronomicon a survécu à la mort de Lovecraft. Il apparaît dans des films comme TerroriFicadamente Muertos de Sam Raimi, où il revêt un rôle central. Pour Alan Moore et Jacen Burrows, le livre est également un élément allusif clé dans leur série Providence, dont l’intrigue explore les origines du Necronomicon.

Conclusion

Le Necronomicon est une légende qui transcende son statut de simple invention littéraire. Que ce soit en tant qu’artefact de fiction ou comme concept culturel, son impact est indéniable. Lovecraft a sans doute créé un phénomène qui continue de fasciner, questionner et inspirer les générations, ouvrant la porte à des explorations mystiques et fantastiques qui demeurent pertinentes à ce jour.



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