Découverte de centaines de tombes dans le désert d’Atbai
La connaissance des civilisations africaines se limite souvent à l’Ancien Égypte et à des figures emblématiques comme Ramsès ou Cléopâtre. Cependant, une autre région moins renommée, la Nubie, abrite un patrimoine archéologique fascinant. Récemment, une équipe internationale d’archéologues a fait une découverte majeure dans le désert d’Atbai, situé entre le Nil et la Mer Rouge, révélant des tombes monumentales datant de plus de 5 000 ans.
Le Hallazgo
Ce projet a permis d’identifier 280 monuments funéraires dispersés, dont seuls 20 étaient connus auparavant. Ces nouvelles structures, connues sous le nom d’Atbai Enclosure Burials, montrent une architecture fascinante : de grands cercles ou ovales de pierres, mesurant entre cinq et 82 mètres de diamètre. À l’intérieur, des restes humains et animaux, notamment de gros bétail, ovins et caprins, ont été retrouvés. Certaines tombes indiquent une hiérarchie sociale, avec des enterrements centraux entourés de dépouilles d’animaux et d’autres humains.
Importance de cette découverte
Ces tombes suggèrent que la région n’était pas qu’un simple corridor entre civilisations, mais un foyer pour des populations pastorales. Le désert d’Atbai n’était pas une terra incognita, mais un lieu riche en identité culturelle. Les monuments révèlent une société stratifiée où la richesse était manifestée par des rituels funéraires, des pierres et du bétail.
Contexte historique
Les données recueillies par des excavations antérieures et des analyses de radiocarbone indiquent que ces monuments ont été édifiés durant le déclin du Période Humide Africain, une période où le climat de la région évoluait vers l’aridité. À l’époque, le désert d’Atbai était fertile, avec de l’eau et de la végétation. Cependant, à mesure que le climat devenait plus hostile, les habitants ont adapté leur élevage pour inclure des moutons, des chèvres et finalement des chameaux.
Découverte par satellite
La découverte des tombes a été facilitée par l’utilisation de technologies satellitaires. L’équipe, composée d’archéologues de l’Université Macquarie, de la recherche HiSoMA en France et de l’Académie Polonaise des Sciences, a utilisé la détection par satellite pour cartographier mille kilomètres de désert à la recherche d’indices sur son histoire.
Les raisons d’éviter l’excavation directe
Dans un contexte où un conflit armé sévit au Soudan, les archéologues ont choisi d’éviter l’excavation directe, une option potentiellement dangereuse. L’analyse des images satellitaires a également révélé des réseaux de sentiers ancestraux, témoignant des habitudes de migration des éleveurs entre les zones de pâturage et les sources d’eau.
Des incertitudes demeurent
Malgré ces découvertes prometteuses, plusieurs questions demeurent. La majorité des structures funéraires n’ayant pas encore été excavées, des doutes quant à la datation précise subsistent. De plus, ces monuments pourraient n’être que la partie émergée de l’iceberg. La région risque d’avoir perdu d’autres sites en raison de l’érosion, des inondations ou de l’exploitation minière.
Les chercheurs s’interrogent également sur l’exclusivité de ces structures. Existe-t-il des monuments similaires dans les régions voisines qui n’ont pas survécu à l’épreuve du temps ? Si des tombes aussi nombreuses ont été découvertes dans une zone si peu étudiée, quelle autre histoire du Sahara pastoral reste-t-il à déterrer sous le sable ?

