Le transit intestinal : un indicateur de santé

Le transit intestinal a longtemps été un sujet tabou, entouré de mythes, de remèdes maison et, surtout, de silences gênants, même lors de consultations médicales. Pourtant, ce qui se passe dans notre intestin est un indicateur primordial de la santé globale du corps. La science a redéfini les normes, notamment en ce qui concerne la fréquence des selles et, étonnamment, les gaz.

Qu’est-ce qui est considéré comme normal ?

Historiquement, on définissait un rythme intestinal “normal” de manière très variable, allant de trois fois par semaine à trois fois par jour. Toutefois, une étude approfondie menée sur 1 400 adultes en bonne santé, publiée en 2024, a affiné ces chiffres. On considère maintenant que le nombre optimal de selles oscille entre 1 et 2 par jour.

  • 1 à 2 selles par semaine est considéré comme un état de constipation.
  • 3 à 6 selles par semaine correspond à un transit normal-basse.
  • 1 à 3 selles par jour indique un transit normal-haut.
  • Plus de 20 selles par semaine reflètent une diarrhée.

Les indications du transit intestinal

Ce qui est révélateur, c’est que lorsque nous nous éloignons de ces normes, notre corps en souffre. Les chercheurs ont découvert qu’une constipation persistante entraîne une fermentation de protéines par les bactéries intestinales, faute de fibres à décomposer. Ce processus produit des toxines microbiologiques qui peuvent nuire à notre foie et, à long terme, à notre santé en général.

Le stigmatisation des gaz

Les gaz constituent un grand stigmate. Beaucoup pensent que l’absence de gaz est un signe de bonne santé, mais la réalité est plus complexe. Pour avoir des selles régulières, il faut consommer une quantité adéquate de fibres, ce qui entraîne souvent des flatulences. Un étude de 2023 a révélé que l’émission de gaz est, dans la plupart des cas, un signe d’une microbiote saine. Des bactéries bénéfiques comme Bacteroides, Ruminococcus et Roseburia se nourrissent de fibres indigestibles, et leur digestion produit des gaz. Étonnamment, 99% de ces gaz sont inodores, se composant principalement d’hydrogène et de dioxyde de carbone.

Favoriser une bonne microbiote

Pour maintenir un transit intestinal optimal et éviter l’accumulation de toxines dans le sang, il est crucial d’intégrer suffisamment de fibres dans notre alimentation. Les recommandations actuelles établissent une consommation de 25 grammes de fibres pour les femmes et 38 grammes pour les hommes. Cependant, il est important d’augmenter la consommation de fibres progressivement, par exemple en remplaçant seulement un peu de pain blanc par du pain complet pour permettre aux bactéries intestinales de s’adapter.

Quand la situation devient problématique

Bien que la production de gaz soit normale, un inconfort ou des douleurs abdominales chroniques ne le sont pas. Si l’augmentation de la consommation de fibres entraîne des symptômes tels que ceux-ci, il est crucial de consulter un médecin pour établir un régime alimentaire approprié qui soutienne un transit intestinal sain.



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