Le Ministère des Transports et de la Mobilité Urbaine souhaite transformer le train en l’un des principaux axes de mobilité de l’Espagne. Dans ce cadre, il a fixé un objectif ambitieux : permettre à 90 % des habitants du corridor atlantique d’accéder à une station de train à grande vitesse (AVE) en seulement 30 minutes d’ici 2030.
Quelles sont les annonces faites ?
Selon une analyse de l’accessibilité territoriale réalisée par le Ministère des Transports et de la Mobilité Durable, 90 % de la population du corridor atlantique aura accès à une station AVE d’ici 2030. Si ces projets se concrétisent, pas moins de 62 nouvelles stations de grande vitesse seront mises en place dans 28 provinces et 11 communautés autonomes, un bond significatif comparé aux 33 stations actuellement actives.
Comprendre le Corridor Atlantique
Le Corridor Atlantique fait partie du réseau transeuropéen de transport (TEN-T), qui définit plusieurs corridors pour guider les investissements dans l’infrastructure de transport en Europe. Ce corridor relie le sud de l’Allemagne à Paris, et s’étend à travers la côte ouest de la France jusqu’en Espagne et au Portugal, culminant à Cadix.
- 5 400 km de voies ferrées
- 2 900 km de routes
- Neuf ports maritimes
- Cinq aéroports internationaux
- Neuf stations intermodales
- Quatre passages transfrontaliers avec le Portugal ou la France
- Relation avec 13 communautés autonomes et 40 provinces
Les implications des projets de haute vitesse
Les investissements nécessaires, d’un montant de 3,123 milliards d’euros, doivent être achevés avant le 31 décembre 2030. Ces efforts visent à répondre aux demandes de l’Union Européenne pour une meilleure connectivité ferroviaire, notamment avec la ligne Madrid-Lisbonne qui ne sera pleinement opérationnelle qu’en 2034.
Des enjeux régionaux
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs projets majeurs doivent être réalisés, comme la “Y Basque” pour un meilleur accès ferroviaire en région basque et le développement d’infrastructures reliant l’Espagne au Portugal via l’Extremadure.
Un 90 % avec des réserves
Bien que le chiffre de 90 % soit accrocheur, il comporte des nuances. Ce pourcentage dépend fortement de la présence d’une station dans chaque province. Sans cela, le chiffre peut varier considérablement, comme c’est le cas à Salamanque, qui ne figure pas parmi les zones bénéficiant d’une station AVE, malgré des promesses de connexion avec Porto.
Des promesses à vérifier
Il est également mentionné que 100 % des habitants du Pays Basque auront accès à une station, mais cela signifie un accès à moins d’une heure, pas à 30 minutes comme initialement annoncé. En La Rioja, bien que le pourcentage grimpe à 99 %, cela est sans aucune desserte de train AVE.
Les controverses en cours
Le fait d’avoir une ligne de grande vitesse à proximité ne garantit pas non plus une utilisation fréquente. Il existe en Espagne des gares peu fréquentées, soulignant un développement pouvant s’avérer peu judicieux. De plus, la ville de Zamora lutte pour une desserte par des trains à grande vitesse, illustrant que la proximité géographique ne se traduit pas toujours par un accès réel.
Conclusion
Alors que l’Espagne s’efforce d’améliorer son réseau de haute vitesse, il demeure essentiel de s’interroger sur la viabilité et la rentabilité de ces projets. La complexité des infrastructures et leurs interconnexions, comme observés en France ou au Japon, soulignent la nécessité d’une planification rigoureuse pour éviter les dérives actuelles et garantir un service accessible et efficace pour les usagers.

