La IA : Un catalyseur d’idiotie ?
Une nouvelle ère technologique
Un biólogo évolutif américain a récemment souligné que nous abordons le XXIe siècle avec des émotions de l’Âge de Pierre, des institutions médiévales et une technologie quasi divine. La révolution de l’IA, souvent qualifiée de technologie de généralisation (GPT), s’annonce comme une innovation disruptive capable de transformer pratiquement tous les secteurs économiques. Parmi les innovations marquantes de l’histoire figurent l’agriculture, la roue, l’écriture et, plus récemment, Internet. Si l’IA s’ajoute à cette liste, il est crucial d’explorer ses effets sur nos cerveaux.
Les effets positifs et négatifs de l’IA
D’un côté, l’IA promet une augmentation de la productivité, contribuant potentiellement à des salaires plus élevés, des journées de travail raccourcies et une amélioration des finances publiques. De l’autre côté, elle soulève des préoccupations : la destruction d’emplois dans un contexte où les jeunes diplômés souffrent déjà d’un marché du travail difficile. Mais qu’en est-il de nos capacités cognitives ?
Détérioration des capacités cognitives
L’IA pourrait avoir un impact négatif sur notre intelligence. On parle de l’« effet Flynn » pour décrire l’augmentation des scores de quotient intellectuel au fil des générations, mais des recherches révèlent un effet Flynn inversé. Aujourd’hui, les jeunes obtiennent des scores inférieurs à ceux de leurs parents, ce qui soulève des questions sur la qualité de l’éducation.
Des études montrent que l’écriture à la main améliore les résultats académiques comparativement à l’écriture sur ordinateur. De plus, l’« effet Google » suggère que l’accès immédiat à l’information nuit à notre capacité de mémorisation. La proximité d’un smartphone peut également réduire nos performances cognitives, et des étudiants semblent incapables de comprendre des textes complexes, une compétence essentielle pour résoudre des problèmes complexes.
IA et performance académique
Des recherches récentes montrent que les étudiants qui utilisent l’IA obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui n’y ont pas accès. Cependant, lorsque cette assistance est retirée, leurs performances chutent en dessous de celles des étudiants qui n’ont jamais bénéficié de l’IA. Ce constat est similaire chez les professionnels de la santé, qui montrent des résultats variés dans l’analyse de colonoscopies.
De plus, lorsque l’IA fournit des réponses incorrectes, les étudiants ne questionnent pas cette information, ce qui nuit à leur raisonnement critique et entraîne des notes faibles. L’utilisation excessive de l’IA semble également corrélée à une baisse de créativité et à un manque de diversité dans les publications scientifiques.
Les dangers de l’usage excessif
Les défenseurs de l’IA argumentent que chaque révolution technologique a ses limites et ses bénéfices. Toutefois, des études suggèrent que son utilisation abusive pourrait entraîner une détérioration cognitive. Cela est particulièrement préoccupant dans un contexte où les jeunes font face à un marché du travail de plus en plus difficile.
De surcroît, le surconsommation de technologie est liée à des problèmes de santé mentale, tels que l’isolement social et la dépression. La discordance entre nos émotions préhistoriques et nos comportements solitaires contemporains pourrait exacerber ces problèmes.
Réflexion personnelle
Un incident de longue date m’a marqué : un philosophe m’a qualifié d’« idiot » pour ne pas avoir voté. Dans la Grèce antique, ce terme désignait ceux qui ignoraient la vie publique. Moi, j’espère ne plus être un « idiot » au sens grec. Cependant, je me retrouve face à un risque d’idiotisation technologique à cause de l’abus d’une technologie « quasi divine ».
Conclusion
À l’aube d’une ère où l’IA influence nos vies de manière inédite, il est essentiel de réfléchir sur ses implications profondes. Si nous ne prenons pas soin de maintenir nos capacités cognitives, nous pourrions, paradoxalement, devenir des « idiots » à l’ère numérique.
