## Le cas de Francesco Cancellato : un espionnage inquiétant

Francesco Cancellato, un journaliste italien, a découvert que son téléphone avait été ciblé par un logiciel d’espionnage militaire à la fin janvier 2025. Cette révélation, émanant de WhatsApp, a d’abord paru incroyable, comme une blague de mauvais goût. Cependant, des analyses menées par des experts de l’université de Toronto ont confirmé l’authenticité de l’alerte, signalant que son appareil était effectivement infecté.

### Une enquête toujours ouverte

Malgré la confirmation par les autorités judiciaires italiennes, l’identité de l’espion reste un mystère pour Cancellato. À l’époque, il était directeur de Fanpage, un portail d’information renommé pour ses enquêtes sur la corruption et la criminalité organisée en Italie. Quelques semaines avant le piratage, son équipe avait publié une enquête explosive sur des sympathies fascistes au sein de l’organisation juvénile du parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia.

Cancellato est convaincu que cette recherche audacieuse est à l’origine de son espionnage. Dans ses propres mots, il considère que sa position en tant que directeur d’un média exposé politiquement joue un rôle crucial dans cette affaire.

## Une technologie insidieuse : Graphite

Le logiciel d’espionnage en question, dénommé « Graphite », se distingue par sa capacité à s’installer sans aucune interaction de la part de la victime. Une fois infiltré, il permet de surveiller les messages, les courriels, d’activer le microphone et la caméra, et même de localiser la personne. Développé par Paragon Solutions, une société israélienne, ce logiciel a suscité des controverses autour de sa vente limitée à des États démocratiques.

### Les implications d’un espionnage sur le journalisme

Le cas de Cancellato est révélateur d’une tendance inquiétante en Europe. WhatsApp a enregistré des incidents similaires dans 14 pays de l’UE, témoignant d’une menace croissante pesant sur les journalistes et les défenseurs des droits civiques. Le climat de manque de transparence et d’affirmations contradictoires concernant l’implication du gouvernement italien dans cette affaire ne fait qu’accentuer les préoccupations.

## Faible protection pour les journalistes

La situation de Cancellato s’inscrit dans un contexte plus large d’érosion de la liberté de la presse en Italie. Selon Reporter sans frontières, l’Italie s’est classée au 56ème rang en matière de liberté de presse, une chute inquiétante par rapport à l’année précédente. Les critiques portent notamment sur des tentatives politiques visant à limiter la couverture médiatique des affaires judiciaires et les intimidations à l’encontre des journalistes.

### Le rôle de l’UE

Au sein du Parlement européen, le cas de Cancellato a suscité l’attention. Des députés comme Hanna Neumann ont souscrit à l’idée que ce problème est symptomatique d’une crise plus vaste liée aux libertés civiles au sein de l’UE. Malgré la reconnaissance de ces abus, la résistance à une régulation stricte des entreprises de surveillance persiste, car les États membres invoquent leur sécurité nationale.

## Conclusion : un appel à l’action

Pour Cancellato, l’absence de progrès dans son affaire ne signifie pas simplement une injustice personnelle, mais représente un signal alarmant pour le futur du journalisme en Europe. Il avertit que si une telle violation des droits d’un journaliste est acceptée, il est raisonnable de craindre pour l’intégrité de la profession dans son ensemble à l’avenir. La protection des sources des journalistes doit être une priorité essentielle, encore plus dans le cadre actuel des lois européennes.

### Pour aller plus loin

La situation de Francesco Cancellato témoigne d’une époque charnière pour la liberté d’expression et la sécurité des journalistes. La vigilance, l’engagement et la solidarité internationale seront les clés pour faire face à ces menaces croissantes et restaurer la confiance dans la protection des voix critiques au sein de la société.



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