Le ciel du Chili : un trésor menacé

Le Chili abrite un véritable joyau de 105 000 km², le désert d’Atacama, qui se distingue par son aridité extrême. Ce désert est non seulement crucial pour étudier l’adaptabilité de la faune et de la flore dans des conditions de sécheresse et de salinité, mais il est aussi une pépite pour l’observation astronomique et les énergies renouvelables. Cependant, la cohabitation de ces deux aspects se révèle délicate, illustrant comment un laboratoire naturel exceptionnel pour la transition énergétique peut entrer en conflit avec des sites d’observation spatiale.

Atacama : une batterie renouvelable

Le désert d’Atacama n’est pas étranger aux conflits entre disciplines. Son climat en fait la pile énergétique du Chili, avec des succès dans les projets d’énergie solaire et éolienne. De plus, ses salars cachent l’une des plus importantes réserves de lithium au monde, essentiel pour la fabrication de batteries.

Cependant, l’exploitation de ces ressources a un coût : la biodiversité est menacée. Conjointement, un grand projet d’énergie renouvelable visant à développer de l’hydrogène vert a suscité des inquiétudes, notamment en raison de son implication avec un des observatoires astronomiques majeurs, l’Observatoire Paranal.

Conflit d’intérêts : Astronomes contre Énergétiques

La société AES Corporation, via sa filiale chilienne AES Andes, projetait de construire un parc photovoltaïque de plus de 3 000 hectares, à seulement 10 kilomètres de l’observatoire. Les astronomes ont exprimé leurs préoccupations quant aux microvibrations, à la poussière et, surtout, à la pollution lumineuse qui pourraient compromettre la recherche astronomique.

Signataires d’une lettre ouverte, les chercheurs ont averti que la construction de nouvelles infrastructures mettrait en péril les missions en cours, qualifiant ce projet de « menace imminente » pour l’exploration spatiale.

Une victoire pour l’astronomie

Après plusieurs mois de lutte, les astronomes ont remporté une victoire décisive. Au début de cette année, AES Andes a annoncé l’abandon de son projet d’installation, bien qu’elle ait affirmé que d’autres installations seraient compatibles avec les activités de la région.

Ce conflit ne concerne pas seulement l’Observatoire Paranal, mais environ 30 sites astronomiques situés dans cette région, où la qualité du ciel est exceptionnelle grâce à un manque de pollution lumineuse.

Pressions croissantes sur Atacama

Malgré cette victoire, les chercheurs soulignent que la pression pour convertir le désert en une source d’énergies renouvelables augmente. L’INNA n’est pas la première menace que les observatoires ont affrontée. En 1955, une station solaire de l’Institut Smithsonian a dû fermer à cause de l’expansion minière.

Unda-Sanzana, directeur du Centre d’Astronomie de l’Université d’Antofagasta, avertit que le Chili a eu 70 ans pour éviter de répéter les erreurs du passé, et que la situation actuelle ressemble dangereusement à celle d’autrefois.

Un besoin urgent de révisions législatives

Malgré les avancées, les lois chiliennes concernant la préservation du ciel sont considérées comme obsolètes et insuffisantes. Les astronomes insistent sur la nécessité d’une mise à jour législative afin d’éviter de devoir se battre pour chaque projet environnant.

En somme, bien que la victoire des astronomes soit encourageante, elle appelle à une vigilance constante et à un changement réglementaire pour protéger ce trésor naturel et scientifique irremplaçable.



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