Analyse scientifique du trésor du Whydah Gally
Un récent examen du gold d’Afrique de l’Ouest récupéré du naufrage du Whydah Gally en 1717 remet en question un mythe colonial sur la présumée adulteration du métal par des commerçants africains. Les chercheurs ont utilisé une technologie de pointe pour analyser les pièces découvertes, révélant que les impuretés constatées résultent de facteurs géologiques et non d’une fraude intentionnelle, selon les rapports de Muy Interesante.
Résultats des analyses
Le récent étude scientifique a évalué des centaines de pièces d’or tirées d’un trésor pirate du XVIIIe siècle et a prouvé que l’affirmation selon laquelle les commerçants africains manipulaient ce métal est infondée.
Les impuretés, principalement de l’argent et de petites quantités de cuivre, sont en accord avec la composition naturelle des gisements de la Côte de l’Or (aujourd’hui le Ghana). Ce constat corrige pour la première fois, avec des preuves matérielles directes, la version traditionnelle européenne sur le commerce de l’or africain.
Contexte historique du commerce de l’or africain
Depuis des siècles, l’or d’Afrique de l’Ouest a été un axe central du commerce international. Avant l’expansion atlantique européenne, ce métal circulait sur des routes transsahariennes vers la Méditerranée. Avec l’arrivée des Portugais, Néerlandais, Anglais et Français en Côte de l’Or, la région s’est solidifiée entre les XVIIe et XVIIIe siècles comme un centre commercial clé. Cependant, des doutes sur la pureté de l’or proposé par les peuples akan persistaient.
Des chroniqueurs européens tels que Pieter de Marees et William Bosman ont prétendu que les commerçants africains mélangeaient l’or avec de l’argent et du cuivre pour tromper les acheteurs étrangers. Ces accusations, répétées au fil des générations, se sont intégrées dans la narration historique européenne.
Révolte contre les mythes
Muy Interesante souligne que les témoignages se fondaient sur des rumeurs et des observations partielles, pas sur des études directes du métal. Bien que des africanistes aient appelé à la prudence, il manquait jusqu’alors des preuves matérielles concrètes.
Les découvertes archéologiques
Le Whydah Gally, initialement un navire de commerce atlantique anglais, s’est dirigé vers la Côte de l’Or en 1716 à la recherche de biens précieux. Capturé par le pirate Samuel Bellamy, connu sous le nom de “Black Sam”, le navire a coulé en avril 1717 près de Cape Cod, Massachusetts, en raison d’une tempête.
La découverte du Whydah en 1984 a permis de récupérer la plus grande collection archéologique d’or akan : plus de 300 pièces, allant des perles, pépites, bijoux aux objets fabriqués par la technique de la cire perdue.
Méthodologie des analyses
Pour réfuter les anciennes accusations de falsification, l’équipe de recherche a examiné 70 pièces du butin pirate, en sélectionnant 27 pour des analyses détaillées. Des technologies telles que la fluorescence X portable (pXRF) et la microscopie électronique à balayage (SEM-EDS) ont été utilisées pour déterminer la composition précise de chaque échantillon.
Les résultats ont révélé que l’or analysé avait une pureté allant de 73,5 % à 96,7 %, avec une moyenne d’environ 87,5 %. L’impureté principale était l’argent, atteignant jusqu’à 22 % dans certains cas.
Implications des découvertes
Ces résultats confirment que les différences chimiques de l’or africain sont le reflet de la géologie locale, et non d’opérations frauduleuses. Le léger apport en cuivre détecté pourrait être attribué à une contamination accidentelle des instruments ou à une petite addition pour durcir le métal, sans intention de tromper.
Les constatations scientifiques remettent en question la perception traditionnelle des relations commerciales entre Afrique et Europe, invitant à reconsidérer les préjugés historiques concernant le commerce de l’or en Côte de l’Or.
En fin de compte, l’étude des pièces du Whydah Gally aide à redéfinir ces anciens mythes et à porter une compréhension plus juste de ce passé partagé. Ainsi, le trésor découvert démontre que les apparentes anomalies de composition révèlent la richesse et la diversité géologiques locales plutôt que des pratiques frauduleuses.

