Javier Bardem a marqué la gala des Oscars en 2026 en portant un pin rouge portant les mots « Non à la guerre ». Un geste qui rappelle son intervention marquante aux Goya en 2003, où il s’opposait à l’invasion de l’Irak. Avant d’annoncer le prix de la Meilleure film international, il a attendu que la musique se taise pour prononcer: « No to war. Free Palestine. » Cet acte courageux a suscité une ovation du public, illustrant le fossé culturel entre Hollywood et l’Espagne.
Une gala apolitique, sauf exception
Malgré les avertissements de l’Académie indiquant que cette cérémonie serait apolitique, quelques voix se sont élevées. Conan O’Brien a fait un commentaire cinglant en félicitant les Britanniques pour leur gestion des affaires pédophiles, en référence à l’affaire Epstein. De son côté, Jimmy Kimmel a glissé une remarque sur Melania Trump, absente de la catégorie du Meilleur documentaire. Bardem, quant à lui, n’a pas hésité à prononcer les noms de pays et de conflits.
La signification du pin
Lors de son passage sur le tapis rouge, Bardem a expliqué que le pin « Non à la guerre » était le même que celui qu’il avait porté en 2003 lors des Goya, en protestant contre l’invasion de l’Irak. Cette fois, son message visait les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, déclarant: « Nous sommes ici, 23 ans plus tard, de nouveau face à une autre guerre illégale causée par Trump et Netanyahu. » En plus de son pin, il portait également le Handala, une figure emblématique de la résistance palestinienne.
Ironies légales autour de la cérémonie
Une ironie supplémentaire a marqué cette cérémonie: Motaz Malhees, un acteur palestinien et protagoniste de « The Voice of Hind Rajab », n’a pas pu assister à l’événement en raison de nouvelles régulations restrictives du gouvernement de Trump, empêchant les détenteurs de passeports de l’Autorité palestinienne d’entrer aux États-Unis. Le film raconte l’histoire tragique d’une petite fille de Gaza, victime d’un bombardement.
Origines de la notion « Non à la guerre »
Pour mieux comprendre le contexte des protestations, il est intéressant d’écouter le podcast Delirios de España, qui traite des Goya de 2003. À cette époque, l’invasion de l’Irak était imminente et de nombreux acteurs avaient déjà choisi de s’engager publiquement contre la guerre.
Des sensibilités culturelles distinctes
La différence de contexte politique entre le cinéma espagnol et américain n’est pas surprenante. En Espagne, l’industrie cinématographique a une longue tradition de prise de position publique. Des manifestations comme celles des mains blanches en 1998 contre l’ETA, et les discours récents sur la mémoire historique en sont des exemples. En revanche, la culture hollywoodienne, connue pour sa prudence en matière d’activisme, ne favorise pas les déclarations politiques explicites.
Un message résonnant en 2026
Ironiquement, alors que d’autres films comme « Una batalla tras otra » – malgré leur politisation – n’ont pas vu des déclarations aussi franches que celles de Bardem, ce dernier a prouvé que son identité espagnole transcende les simples victoires sportives. En démontrant sa forte prise de position, il rappelle que le cinéma a le pouvoir de faire entendre des voix importantes.

