Les défis de l’autonomie énergétique de l’Allemagne

Il y a presque quatre ans, l’Allemagne a tiré une leçon douloureuse : son industrie ne peut dépendre de l’énergie d’un rival géopolitique. L’invasion de l’Ukraine par la Russie et la crise du gaz qui en a découlé ont obligé le pays à revoir complètement son modèle énergétique. Alors que 2026 approche, le gouvernement de Friedrich Merz fait face à un déjà vu alarmant.

Une dépendance renouvelée

Bien qu’Allemagne ait réussi à se détacher des gazoducs de Gazprom, ses panneaux solaires et sa technologie de réseau sont, directement ou indirectement, sous influence chinoise. Récemment, une opération financière apparemment innocente a révélé que le pays scrutait désormais chaque watt entrant dans son système pour éviter de répéter l’erreur historique avec le gaz russe.

Le cas Snam et ses implications

L’entreprise italienne Snam SpA a tenté d’acquérir une participation minoritaire dans Open Grid Europe, l’un des principaux opérateurs de réseaux de gaz en Allemagne. Officiellement, il s’agissait d’une collaboration entre partenaires européens, mais le ministère de l’Économie allemand a vu l’ombre de Pékin derrière cette initiative. La crainte principale était liée à la participation de l’État chinois.

Un changement de doctrine

Le gouvernement de Berlin ne veut pas que des entreprises d’État chinoises aient accès aux infrastructures énergétiques nationales, même de manière indirecte. Ce revirement marque une rupture avec l’ère d’Olaf Scholz, qui avait approuvé l’entrée de la compagnie Cosco dans le port de Hambourg. Aujourd’hui, la sécurité nationale l’emporte sur les capitaux.

Le dilemme de la dépendance technologique

Bien que le blocage de l’achat d’un réseau de gaz soit relativement simple, réduire la dépendance technologique vis-à-vis de la Chine constitue un véritable casse-tête logistique et économique. En effet, 95% des cellules photovoltaïques installées en Allemagne proviennent de fabricants chinois.

L’énigme de la transition énergétique

L’Allemagne repose sur un matériel technologique d’origine asiatique pour réussir sa transition énergétique. Ce paradoxe est bien connu, et le gouvernement a commencé à exprimer ces préoccupations dans des forums internationaux. Les dépendances actuelles dans les secteurs de la mobilité électrique et de l’énergie solaire sont devenues des “risques systémiques.”

Est-ce possible de se défaire de cette dépendance?

En 2018, le gouvernement avait déjà dû intervenir pour que le KfW, une banque d’État, acquière une participation dans 50Hertz, évitant ainsi que celle-ci ne tombe sous le contrôle de l’État chinois. Pourtant, sept ans plus tard, cette stratégie de “réparation” semble insuffisante face à une dépendance structurelle.

Payer le prix de la sécurité

Si l’on considère l’expérience avec la Russie, il semblerait que Berlin ait décidé que le prix de la sécurité doit être payé d’avance, avant qu’une nouvelle crise n’émerge. Cependant, remplacer le matériel chinois pourrait impliquer des coûts plus élevés et un déploiement plus lent des énergies renouvelables.



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