La montée du “sueldo en B” en Espagne

Malgré une croissance économique apparente en Espagne, la réalité pour de nombreux travailleurs est moins reluisante. La précarité résulte en une acceptation croissante des jeunes de recevoir un “sueldo en B”, c’est-à-dire un salaire versé en espèces non déclarées.

Un phénomène croissant

Un rapport récent de InfoJobs révèle qu’un Espagnol sur quatre serait prêt à accepter une partie ou la totalité de son salaire en noir pour augmenter ses revenus. Ce chiffre a légèrement augmenté par rapport à 2020, où il était de 23%, mais a chuté par rapport à 2023, où il atteignait 28%. En ce qui concerne les jeunes de 18 à 24 ans, près de 48% seraient favorables à cette pratique.

Les raisons de ce choix

L’acceptation d’un revenu non déclaré reflète une nécessité bien ancrée. En effet, pour ceux qui gagnent moins de 1 000 euros par mois, la volonté d’accepter un paiement en B atteint 38%, peu importe l’âge. Mónica Pérez, directrice de Communication et d’Études chez InfoJobs, souligne que la perte de pouvoir d’achat et la difficulté à trouver des emplois de qualité poussent les travailleurs à explorer d’autres options pour subvenir à leurs besoins.

Conséquences de la précarité financière

Une pratique de plus en plus fréquente

Cette situation ne relève pas d’une pratique marginale ; elle constitue une réalité commune parmi les travailleurs aux salaires bas et aux contrats instables. Parmi ceux ayant admis avoir reçu une partie de leur salaire en B au cours des trois dernières années, 69% ont affirmé que cela représentait jusqu’à 20% de leurs revenus mensuels, tandis que 22% ont indiqué que 21 à 60% de leurs revenus provenaient du salaire non déclaré.

Un lien avec la précarité professionnelle

D’après l’enquête, il existe une relation directe entre le salaire en noir et la précarité de l’emploi. Environ 30,3% des employés ayant reçu des paiements en noir possédaient une formation non réglementée. À l’opposé, seuls 13,2% des employés avec un diplôme supérieur ou 14,1% avec un diplôme de niveau intermédiaire avaient également ce type de rémunération.

Les enjeux des “sueldo en B”

Une question éthique et sociale

Acceptant un salaire en B, les travailleurs renoncent à certains droits sociaux, ce qui a des implications sur leur cotisation. Cela se traduit par une base de cotisation plus faible, influençant négativement les prestations en cas de maladie, de chômage ou même de pension de retraite.

Perspectives à long terme

La réalité du “sueldo en B” soulève des questions éthiques pressantes : vaut-il mieux vivre en infraction avec la loi pour arriver à joindre les deux bouts ? Alors que la tendance aux bas salaires et à l’augmentation des travailleurs pauvres se renforce, la quête de solutions pérennes et légales pour garantir un revenu décent devient urgente.

En somme, le phénomène du “sueldo en B” à l’ombre de l’économie espagnole est révélateur de défis plus profonds liés à la précarité et à la recherche de dignité au travail.



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