La mémoire démocratique en danger : l’enjeu éducatif en Espagne
Le débat autour de l’enseignement de la mémoire démocratique en Espagne prend une tournure inquiétante. Récemment, le ministre de la Politique Territoriale et de la Mémoire Démocratique, Ángel Víctor Torres, a exprimé ses préoccupations suite à la décision de la Consejería de Educación de la Communauté de Madrid de retirer un cours de formation destiné aux enseignants. Ce cours, intitulé “Abordar el franquismo y la memoria democrática en las aulas”, visait à informer et sensibiliser les éducateurs sur les enjeux historiques associés au franquisme et à la mémoire démocratique.
Une décision controversée
Le retrait du cours a été justifié par la Consejería de Educación, qui a argué que celui-ci n’avait pas été validé par la direction du Centro Territorial de Innovación y Formación Madrid-Nord. Cependant, des sources au sein du centre ont rapporté que cette décision reposait sur l’accusation de “biais politique”, soulevant ainsi des questions sur l’impartialité et l’objectivité des programmes éducatifs en vigueur.
Lors d’une déclaration au Congrès, Torres a dénoncé cette décision, soulignant que le gouvernement de la présidente madrilène, Isabel Díaz Ayuso, interdisait ainsi aux enseignants d’aborder un sujet essentiel pour la formation des jeunes : la compréhension des événements ayant mené à la dictature franquiste en Espagne. Selon les observations du ministre, une partie croissante de la jeunesse, d’après les sondages, exprime des sympathies pour des systèmes totalitaires, ce qui rend impératif l’enseignement des leçons du passé.
Les conséquences d’une mémoire égarée
Torres a insisté sur la nécessité d’éduquer les jeunes sur le risque de “régression” et de “perte de libertés” qui peuvent survenir si l’histoire n’est pas correctement enseignée. Il a rappelé que l’Espagne a connu quarante ans de dictature à la suite d’un coup d’État illégal. En omettant ces éléments de l’éducation, l’État espagnol ne pourrait qu’encourager la répétition des erreurs du passé.
Ce discours renvoie à une préoccupation plus large concernant la façon dont l’histoire est enseignée dans les écoles espagnoles et les conséquentes implications politiques de ces choix. Le retrait du cours sur le franquisme peut s’interpréter comme un signal de la volonté de certains gouvernements régionaux de faire taire des voix critiques, ce qui pourrait nuire à la démocratie même.
Une lutte continue pour la mémoire
La question de la mémoire historique est particulièrement sensible en Espagne, où les blessures de la guerre civile et de la dictature de Franco restent vives. La loi de mémoire démocratique, en vigueur depuis plusieurs années, impose à toutes les communautés autonomes d’intégrer cette histoire dans leur curriculum éducatif. Le ministre Torres a donc promis une analyse approfondie de la situation survenue en Madrid, affirmant que la loi en question est de strict respect.
Ce débat sur la mémoire n’est pas qu’une question d’éducation ; il engage également des valeurs fondamentales sur ce que signifie être une société démocratique. La capacité à affronter son passé et à l’enseigner de manière critique est essentielle pour construire un avenir basé sur des valeurs démocratiques et des droits humains. Le ministre a, par ailleurs, souligné l’importance d’appeler “les choses par leur nom”, notamment en ce qui concerne les violences actuelles, comme celles subies par des populations civiles dans des conflits mondiaux.
L’importance du langage dans la mémoire historique
Torres a également abordé une autre controverse, celle des discours des dirigeants politiques sur les violences et les injustices contemporaines. Il a mis en lumière le fait que certains dirigeants, notamment des membres du Parti Populaire (PP), commencent à utiliser le terme “génocide” pour décrire des événements de violence, comme les récentes offensives en Gaza. Cette évolution dans le langage souligne un malaise plus profond sur le rôle des mots et leur pouvoir d’influencer la perception de la réalité.
Le ministre a posé une question provocante : quel est le peur d’utiliser des mots justes pour décrire des atrocités ? Les mots ont une histoire, une étymologie, et leur usage peut influer sur la manière dont les générations futures percevront les événements. La mémoire ne doit pas être manipulée ni édulcorée; elle doit être documentée et enseignée avec rigueur et honnêteté.
El ministro de Política Territorial y Memoria Democrática, Ángel Víctor Torres, ha avanzado este viernes que su departamento va a analizar la decisión de la Consejería de Educación de la Comunidad de Madrid de retirar un curso para formar a docentes en la enseñanza de los contenidos de memoria democrática y ha recordado a la presidenta madrileña, Isabel Díaz Ayuso, que la Ley de Memoria es de obligado cumplimiento.
El diario El País informó este jueves de la retirada del curso de formación para el profesorado titulado ‘Abordar el franquismo y la memoria democrática en las aulas’. La Consejería de Educación argumentó que se retiró temporalmente porque no había sido validado por la dirección del Centro Territorial de Innovación y Formación Madrid-Norte, pero ese centro informó de que desde la Dirección General de Bilingüismo y Calidad de la Enseñanza les habían comunicado su retirada por apreciar que tenía “sesgo político”.
En declaraciones en el Congreso, el ministro ha acusado al Gobierno de Ayuso de prohibir que pueda haber “profesores que enseñen lo que fue el franquismo”, pese a que la memoria democrática forma parte del diseño curricular.
Según el ministro, hay que explicar a los jóvenes, entre los que según las encuestas “está aumentando el porcentaje de quienes defienden sistemas totalitarios”, lo que significa “el peligro de la regresión y de la pérdida de las libertades y los derechos” y explicarles que en España se perdieron “durante 40 años” como consecuencia de un golpe de Estado ilegal e ilegítimo.
“Eso tiene que estar en las aulas. Por supuesto que analizaremos lo que acaba de hacer la Comunidad de Madrid porque hay una Ley de Memoria Democrática de obligado cumplimiento en todas las comunidades”, ha remachado.
LLAMAR A LAS COSAS POR SU NOMBRE
El ministro se ha referido también al hecho de que algunos presidentes autonómicos del PP, como el gallego Alfonso Rueda, haya empezado a llamar “genocidio” a la ofensiva de Israel contra Gaza, pese a que en la dirección nacional del PP se resisten a utilizar ese término.
“Las cosas hay que llamarlas por su nombre, las palabras tienen alma, tienen sentido, tienen su historia, su etimología y hay que llamar las cosas como hay que llamarlas”, ha enfatizado, antes de preguntarse “qué miedo hay a decir claramente que no puede ser que haya niños, niñas que son masacrasados”.

