ITER : Un projet ambitieux au service de la fusion nucléaire

Le projet  ITER , acronyme de *International Thermonuclear Experimental Reactor*, est une initiative internationale audacieuse visant à expérimenter la  fusion nucléaire  comme source d’énergie propre et abondante. Situé à  Cadarache , en France, ce projet est mené par un consortium comprenant l’ Union Européenne , les  États-Unis , la  Russie , la  Chine , l’ Inde , la  Corée du Sud , le  Japon  et le  Royaume-Uni . Conçu à l’origine en 2006 et lancé officiellement en 2007, ITER a enfin commencé son assemblage en  2020 . Cependant, des complications techniques et des retards ont impacté le calendrier initial de ce projet monumental.

Un calendrier bouleversé par des défis techniques

Le  calendrier  initial prévoyait que l’assemblage de l’appareil serait achevé en  2025 , suivi des premières expériences avec du  plasma . Toutefois, des problèmes techniques, tels que ceux identifiés en 2022 par l’ Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN) , ont contré ces prévisions. Ces irrégularités dans la  chambre à vide  liée à la structure du réacteur ont nécessité la formation d’un  groupe de travail  pour résoudre les problèmes soulevés et continuer la construction de l’assemblage du  tokamak , le cœur de la machine.

Les défis d’un assemblage complexe

Assembler une machine de la taille et de la complexité d’ITER pose des  défis techniques  sans précédent. La chambre à vide, pesant  8 000 tonnes , doit rester parfaitement hermétique. Cela implique des tolérances extrêmement strictes de l’ordre de 0,1 %. De plus, les composants sont fabriqués avec des plaques d’une épickness pouvant atteindre  60 mm . Les ingénieurs ont dû recourir à des technologies avancées, comme par exemple la  soudure par faisceau d’électrons  et des modèles d’ IA  spécialement conçus pour détecter des défauts dans les soudures.

La  pandémie de COVID-19  a également eu un impact significatif sur l’avancement du projet, entraînant des retards supplémentaires. Néanmoins, le dernier calendrier mis à jour prévoit de nouveaux jalons importants, notamment le démarrage des premiers tests en 2034, l’évaluation de la puissance maximum du système magnétique en 2036, et des tests de haute puissance avec  du deuterium et tritium  d’ici 2039, alors qu’ils étaient initialement prévus pour 2035.

Technologie de pointe au service de la fusion nucléaire

Parmi les réalisations récentes, l’installation des  aimants supraconducteurs  a marqué une avancée majeure. Ceux-ci, pesant  10 000 tonnes , sont fabriqués en alliage de  niobium-titane  et doivent être refroidis à des températures proches de  -269 °C  pour atteindre la supraconductivité. Leur rôle consiste à créer un champ magnétique permettant de confiner le plasma à l’intérieur du réacteur et de le contrôler.

Les aimants supraconducteurs doivent être refroidis à -269 °C

La mise en place de cette technologie nécessite un système de  réfrigération  complexe capable de fournir du  helium liquide  à des températures extrêmes. Les installations de réfrigération sont massives, s’étendant sur plus de  7 100 m² , l’équivalent d’un  terrain de football , et comprennent des réservoirs de  26 mètres  de haut.

L’avenir d’ITER : un projet prometteur pour l’humanité

Les  avancées technologiques  réalisées au sein d’ITER témoignent de la collaboration internationale nécessaire pour relever ce défi. Selon  Grigory Kouzmenko , responsable de l’organisation Fusion for Energy (F4E), les efforts coordonnés durant ces dernières années portent désormais leurs fruits. La phase actuelle, considérée comme la plus excitante du projet, permet d’espérer un avenir où la fusion nucléaire pourrait constituer une part essentielle de notre mélange énergétique.

La combinaison de l’ingéniosité humaine et des développements technologiques dans un environnement collaboratif pourrait faire d’ITER un modèle pour de futurs projets d’énergie durable. Ainsi, la fusion nucléaire pourrait non seulement fournir une source d’énergie propre, mais aussi un moyen d’assurer une autonomie énergétique à long terme pour de nombreuses nations.



F1-ES