Le JT-60SA : Un Pas de Géant vers la Fusion Nucléaire

Le  reacteur JT-60SA  se situe à  Naka , à proximité de  Tokyo  (Japon). Ce projet ambitieux, débuté en  janvier 2013 , s’inspire de son prédécesseur, le JT-60, qui a été opérationnel depuis  1985  et qui a enregistré des  avancées significatives  dans le domaine de l’énergie de fusion. Le processus d’assemblage du  JT-60SA  s’est achevé début  2020 , et il est désormais prêt pour ses premières  expérimentations avec plasma  prévues pour la fin de 2023.

Il s’agit d’un dispositif de type  tokamak , similaire au  JET  et au futur  ITER , qui utilise le  confinement magnétique  pour maintenir un plasma ionisé contenant des noyaux de  deutérium  et de  tritium  en vue de déclencher des réactions de fusion nucléaire. Avec ses dimensions imposantes, mesurant  15,4 mètres de haut  et  13,7 mètres de diamètre , ses spécifications techniques impressionnantes témoignent de son potentiel.

Le JT-60SA est capable de confiner un plasma d’un volume total de  130 m³ , de générer un champ magnétique toroidal atteignant  2,25 teslas  et de soutenir une  courant interne  de  5,5 MA  (cinq millions et demi d’amperes). Ces chiffres laissent entrevoir un avenir prometteur, particulièrement en attendant que l’ ITER  commence ses propres expériences qui s’annoncent encore plus impressionnantes.

Les Systèmes de Diagnostic de Haute Technologie du JT-60SA

Le  22 avril dernier , les derniers composants du système de diagnostic de  *dispersions de Thomson * ont été livrés, facilitant le travail des ingénieurs japonais et européens. Lors de chaque expérience, il est crucial pour ces chercheurs d’obtenir des mesures très précises de la  température  et de la  densité  des électrons du plasma.

 <img alt="Système de mesure sur le JT-60SA" width="375" height="142" src="https://i.blogs.es/08f1c7/ibm-ap/375_142.jpeg"/>

Les composants du système de mesure de dispersion de Thomson proviennent d’Italiens, Roumains et Japonais.

Le défi majeur est qu’il est impossible d’obtenir ces données par des mesures directes. Pour que la fusion des noyaux de deutérium et de tritium se produise, le plasma doit atteindre une température minimale de  150 millions de degrés Celsius . Tout capteur qui entrerait en contact à cette température serait détruit. Par conséquent, les ingénieurs ont conçu un système de diagnostic d’un niveau de sophistication absolument remarquable.

Les équipements de mesure sont issus d’une collaboration répartie entre des fabricants en  Italie ,  Roumanie , et  Japon . Fondamentalement, cet ingénieux système évalue la  température  et la  densité  des électrons en analysant la lumière émise par un faisceau  laser  de haute puissance, dispersé par les électrons eux-mêmes. L’interaction entre le laser et le plasma permet ainsi une estimation indirecte des paramètres recherchés.

Le JT-60SA disposerait de deux systèmes de  diagnostic de dispersion de Thomson . Le système central est conçu au Japon, tandis que l’autre, situé à la périphérie du plasma, est élaboré en Europe. Les installations sont en cours, et si tout se passe bien, le JT-60SA sera équipé dans quelques mois d’un des dispositifs de diagnostic les plus avancés qui existent à l’heure actuelle.

Il convient de noter que la  fusion nucléaire  ne présente plus de défi d’un point de vue de la  physique fondamentale . Le manque de réacteurs commerciaux pour l’énergie de fusion relève de problèmes techniques qu’il reste à surmonter. L’établissement de ce système de diagnostic en faisait partie.

En conséquence, le JT-60SA représente un pas monumental vers la réalisation de l’énergie de fusion durable et exploitable. Avec des innovations qui émergent continuellement dans le secteur, la fusion nucléaire pourrait bien devenir une source d’énergie révolutionnaire dans les années à venir. Les projets futurs autour de la technologie tokamak promettent d’élargir notre compréhension et notre capacité à maîtriser cette forme d’énergie propre.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter EUROfusion.



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