Interception des missiles hutíes par l’Arabie Saoudite
Les défenses aériennes d’Arabie Saoudite ont intercepté lundi plusieurs missiles balistiques lancés par les rebelles hutíes du Yémen. Selon le porte-parole de la coalition militaire dirigée par Riyad, Turki al Maliki, cet acte a été une réponse directe à un bombardement de l’armée du gouvernement yéménite, qui a visé l’aéroport international de Sanaa pour empêcher l’atterrissage d’un avion de la compagnie iranienne Mahan Air, transportant une délégation hutie de retour de Téhéran.
Réaction des rebelles hutíes
Yahya Saree, le porte-parole militaire des hutíes, a qualifié cette attaque de “flagrante agression”. Il a également accusé l’Arabie Saoudite d’être responsable de ce bombardement, malgré la revendication de l’action par le ministère de la Défense yéménite. Saree a affirmé que cet incident mettait fin à une période de désescalade, promettant des représailles immédiates et sévères. Le ministère des Affaires étrangères des hutíes a parlé de “déclaration de guerre”, exigeant que Riyad assume la responsabilité des conséquences de cet acte.
Perturbation du trafic aérien
Suite au bombardement, l’avion de Mahan Air a été dévié et a finalement atterri à Al Hudeida, une ville portuaire contrôlée par les hutíes. Selon des sources huties, les dommages causés à l’aéroport de Sanaa ont laissé ses pistes inutilisables. L’autorité de l’aviation du gouvernement reconnu a été contrainte de fermer temporairement tous les aéroports du pays avant d’annoncer leur réouverture quelques heures plus tard. Par ailleurs, le ministère de l’Information a dénoncé la rétention par les hutíes d’un avion du Comité International de la Croix-Rouge, ainsi que de son équipage.
Origines de la crise
Ce récent conflit remonte à une semaine auparavant, lorsque l’Iran a exploité un vol civil pour transporter une délégation hutie à Téhéran pour le funèbre de leur leader suprême, Ali Khamenei, décédé lors d’attaques ciblées. Le gouvernement yéménite avait proposé d’autres moyens de transport, mais cette offre a été rejetée par les hutíes, qui ont insisté sur le vol iranien, ce que le gouvernement a considéré comme une violation de sa souveraineté aérienne.
Historique et contexte du conflit
Les hutíes, un mouvement chiite soutenu par l’Iran, ont pris le contrôle de Sanaa en 2014, forçant le gouvernement reconnu à se déplacer vers le sud. En 2015, une coalition dirigée par l’Arabie Saoudite s’est intervenue, entraînant un des conflits les plus dévastateurs de la région. En avril 2022, un cessez-le-feu médié par l’ONU a été instauré, mais les combats ont continué, freinés par des accords informels de désescalade.
Conséquences pour la communauté internationale
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit examiner la situation lors d’une réunion d’urgence. L’Arabie Saoudite soutient le gouvernement qui a revendiqué le bombardement, sans toutefois en assumer la responsabilité, ce qui reflète la complexité de sa position face à une escalade potentielle. Les hutíes, par leur rhétorique, indiquent que le conflit est loin d’être résolu, et la tension entre une guerre figée et active reste tangible au Yémen.

