La marina russe fait un retour en force avec le retour de son plus grand croiseur nucléaire, l’ Admiral Nakhimov , dans des eaux pour la première fois depuis 1997. Ce croiseur a débuté ses essais en mer le 18 août 2025 dans la mer de Barents, marquant ainsi une étape significative pour un programme qui semblait stagner depuis des décennies. Selon des informations de TASS, les deux réacteurs nucléaires du navire ont été réactivés au début de l’année 2025, permettant au croiseur de naviguer à nouveau de ses propres moyens. Cependant, la question se pose : jusqu’où cette modernisation a-t-elle réellement respecté les engagements pris par Moscou ?
La récente histoire de ce vaisseau est jalonnée de promesses non tenues. Bien que le projet de modernisation ait été envisagé il y a plus de vingt ans, les travaux n’ont réellement débuté qu’en 2014 . Depuis cette date, les prévisions de lancement ont été continuellement repoussées : 2018, 2020, 2021, et même 2023… Bien qu’il soit encourageant de voir le croiseur de retour en mer, cela marque également la fin d’une période où des promesses n’ont pas été suivies d’effets, et il reste à prouver que ces ambitions se traduiront par des capacités opérationnelles concrètes.
Modernisation : Réalités et Incertitudes
Le retour en mer de ce géant maritime se déroule dans un climat d’incertitude, avec peu d’informations disponibles à son sujet. Toutefois, un fait est certain : le navire a reçu un nouveau système de radar ainsi qu’un nouveau canon principal, l’ AK-192M . La modernisation visait à faire de l’Admiral Nakhimov le croiseur doté du plus grand nombre de lanceurs verticaux au monde, avec un total de 174 cellules – 78 pour des missiles d’attaque (Kalibr, Oniks, Zircon) et 96 pour la défense aérienne S-300FM. À ce jour, seul le nouveau canon principal est clairement confirmé, ce qui laisse planer le doute sur le reste des capacités qui devront être validées lors des essais et, éventuellement, à travers des documents et des images officielles.
Ce retour ne revêt pas seulement un aspect technique, mais également symbolique. L’Admiral Nakhimov est pressenti pour devenir le navire amiral de la Flotte du Nord une fois qu’il aura achevé ses essais et sera officiellement accepté par la Marine, remplaçant ainsi l’ Amiral Pyotr Velikiy , également un croiseur de propulsion nucléaire. La principale différence réside dans le fait que le Pyotr Velikiy fut construit à l’époque soviétique et a été lancé en 1996 , bien qu’il ait bénéficié de modernisations mineures au fil des ans.

En parallèle, le porte-avions Admiral Kuznetsov est dans une situation précaire. Des déclarations diffusées par Reuters indiquent que le président de la corporation d’État de construction navale a évoqué des possibilités de vente ou de démolition de ce navire, ce qui renforcerait davantage le poids de l’Admiral Nakhimov dans la marine russe.

Bien que l’Admiral Nakhimov ait repris la mer, cela ne signifie pas que la modernisation est complète ou pleinement opérationnelle . L’état actuel des capteurs, des systèmes de combat, des liaisons de données et de l’intégration avec d’autres unités navales reste à confirmer. Au-delà des déclarations officielles, ce qui se passera en mer déterminera si ce retour à l’activité marque un véritable changement de cycle ou s’il s’agit simplement d’une manœuvre sans réel impact.
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Dans ce contexte complexe, la trajectoire de l’Admiral Nakhimov est à surveiller de près. Que cette modernisation se traduise par des capacités réelles et durables reste à voir, alors que les enjeux géopolitiques dans la région sont plus pressants que jamais. La marine russe est à un tournant, et l’Admiral Nakhimov pourrait bien jouer un rôle central dans la stratégie navale de Moscou à l’avenir.
