La condamnation des “Six de La Suiza” et ses implications
Le groupe syndicaliste connu sous le nom de “Les six de La Suiza” , récemment condamné à trois ans et demi de prison pour coactions et obstruction à la justice , a été classé en terme de troisième degré pénitentiaire une semaine après leur entrée volontaire au Centre Pénitentiaire des Asturies . Cette décision permettra aux condamnées de purger le reste de leur peine en régime ouvert , leur permettant ainsi de sortir durant la journée et de retourner dormir au centre, avec la possibilité de passer les week-ends en dehors.
Cette information a été confirmée par des sources de la Confédération Nationale du Travail (CNT) et du collectif de soutien Grupu sofitu 6 de la Suiza . La CNT a précisé dans un communiqué que “Les camarades des Six de La Suiza ont été classées en troisième degré pénitentiaire conformément à l’ article 72 de la LOGP et 102.4 du RP “. Ils continuent de demander la liberté immédiate des camarades condamnées pour leurs activités syndicales.
Les faits remontent à juin 2016 , lorsqu’un altercation entre un employé de la pastelería La Suiza et le propriétaire a donné lieu à une plainte pour menaces et dommages . L’employée, ayant quitté son emploi après l’ouverture d’un procès contre son partenaire, a rejoint la CNT et initié une campagne de protestation devant le magasin. Les actions comprenaient des rassemblements , la distribution de tracts et la diffusion d’une vidéo accusant le propriétaire d’ harcèlement moral et sexuel .
Une condamnation controversée
Le Tribunal Suprême a jugé que ces actions constituaient une pression “constante, répétée et démesurée” ayant conduit à la fermeture de l’établissement. En 2023, le tribunal a confirmé des peines individuelles de deux ans de prison pour obstruction à la justice et un an et demi pour coercition, ainsi qu’une indemnisation de 150 000 euros au propriétaire.

Un soutien politique croissant
La vice-présidente et ministre du Travail, Yolanda Díaz , a rencontré les six condamnées à Oviedo et a affirmé son engagement envers l’ indulgence . Elle a déclaré : “Le syndicalisme est un droit, pas un crime. Personne ne devrait être en prison pour défendre ses droits au travail “. En ajoutant sur son compte BlueSky, elle a affirmé travailler au sein du gouvernement pour que l’indult soit accordé le plus rapidement possible.
Le gouvernement des Asturies a également exprimé son soutien à la demande d’indulgence. Différentes formations politiques, comprenant le PSOE, IU, Podemos, Sumar et EH Bildu , ont publiquement soutenu les syndicalistes, s’associant à la demande d’indulgence.
Les implications pour le droit à la protestation
La décision de classification en troisième degré a été accueillie avec un certain soulagement par le milieu syndical, bien que des préoccupations subsistent quant au précédent juridique établi par cette affaire. Le collectif Grupu sofitu 6 de la Suiza a exigé une “solution politique” pour permettre la liberté complète des condamnées, arguant que la semi-liberté ne résout pas l’essence du problème.
Pour le Tribunal Suprême, les actions des accusées ont dépassé les limites légales protégées par le droit à la protestation . Tandis que pour les groupes syndicaux, cette condamnation représente une menace pour l’exercice des droits fondamentaux . Alors que la procédure d’indulgence est en cours, les six condamnées continueront de vivre en semiliberté .
La situation des “Six de La Suiza” soulève des questions profondes sur la liberté d’expression et le droit à la protestation en Espagne, ainsi que sur les implications légales et politiques découlant de leur condamnation. Ces événements pourraient avoir des répercussions sur le futur du syndicalisme dans le pays et sur la manière dont les droits des travailleurs sont défendus face à la répression perçue.

