La canicule estivale a touché durement l’Europe: Doscientos ochenta y seis en Barcelona; 108 en Madrid; 2.300 en toda Europa. Ces chiffres alarmants illustrent les pertes humaines causées par les températures extrêmes observées à la fin du mois de juin et au début de juillet. Un rapport publié par un groupe international de scientifiques, World Weather Attribution, indique que parmi ces décès, environ 65 % auraient pu être évités si l’influence du changement climatique due à la combustion des combustibles fossiles n’avait pas été présente.
Cette analyse, qui a été réalisée dans un contexte d’après-crise climatique, se concentre sur les dix jours de chaleur extrême entre le 23 juin et le 2 juillet. Durant cette période, l’Europe a été soumise à des conditions météorologiques exceptionnelles, conduisant à la fermeture des écoles en France, à l’interdiction de travailler en extérieur en Italie, et à l’enregistrement de températures sans précédent en Serbie.
Pendant ce temps, le Royaume-Uni a également émis des alertes sanitaires. Toutes ces situations ont exacerbé les enjeux liés à la santé publique et à la sécurité des habitants, avec des villes comme Paris, Rome, Milan et Lisbonne affichant des symptômes alarmants des effets du réchauffement climatique.
Analyse des pertes humaines dans 12 villes
L’étude a observé les conséquences de cette vague de chaleur dans 12 grandes villes européennes. Les résultats indiquent que sur les décès liés à cette canicule, environ 1.500 étaient directement attribuables au changement climatique, qui a provoqué une élévation des températures de 2 à 4 degrés par rapport à des niveaux normaux. Cette hausse thermique a eu des impacts majeurs, causant, par exemple, 317 décès à Milan, 286 à Barcelone, et 235 à Paris. Les personnes âgées, surtout celles de plus de 65 ans, ont été les plus touchées, représentant 88 % des décès liés à ces événements. Leurs risques sont multipliés lorsqu’elles souffrent de maladies préexistantes.
Friederike Otto, une chercheuse chargée de la présentation de l’étude, a souligné que ces chiffres doivent être compris comme des tragédies humaines réelles . Elle a appelé à une action climatique immédiate pour éviter la répétition de telles pertes de vies. La crise climatique, si elle n’est pas rapidement adressée, promet d’amplifier ces situations de crise et de perte.
Madrid, la ville la plus touchée
Selon l’étude, Madrid se distingue comme la ville la plus affectée par la canicule, avec près de 90 % des décès directement liés au changement climatique. Garyfallos Konstantinoudis, expert en climat de l’Institut Grantham, a expliqué que l’absence de régulations thermiques naturelles, comme celles générées par la mer, aggrave le problème. Les grandes masses d’eau modèrent les températures, offrant ainsi un refuge face aux vagues de chaleur. En revanche, les villes intérieures, comme Madrid, souffrent plus intensément des conditions climatiques extrêmes.
Augmentation des décès par chaleur
Pour évaluer avec précision le nombre de décès attribuables au changement climatique, les chercheurs ont combiné des données météorologiques et des études antérieures sur les liens entre température élevée et mortalité. Bien que la méthode n’ait pas encore été entièrement validée par la communauté scientifique, elle repose sur des bases solides déjà éprouvées. Les réseaux de recherche montrent qu’en moyenne, entre 1991 et 2018, environ 30 % des décès par chaleur pouvaient être attribués au changement climatique. De plus, selon une étude récente, plus de 50 % des décès durant l’été 2022 étaient directement liés au réchauffement climatique.
Les experts recommandent une série de stratégies pour atténuer l’effet des îlots de chaleur urbains. Parmi celles-ci, l’augmentation des espaces verts et l’implémentation de toits « froids » peuvent apporter une aide précieuse. Cependant, il est crucial de noter que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est la solution la plus efficace pour lutter contre le changement climatique à long terme.
