Elon Musk a bondi à travers la scène, a serré les poings, a poussé un cri primal et a crié devant une salle pleine de partisans de Trump : « Voilà à quoi ressemble la victoire ! » Un peu plus tard, il a remercié les personnes présentes pour leurs efforts, a frappé le côté gauche de sa poitrine avec sa main droite puis a levé la main en diagonale. Il a répété le mouvement, puis a posé sa main sur sa poitrine et a dit : « Mon cœur va à toi. »

Ce qui a suivi : du tumulte. Le patron de Tesla, SpaceX et

Elon Musk salue les partisans de Donald Trump.
Photo Mike Segar/Reuters

Lui seul connaît l’intention de Musk, mais le fait est que le geste qu’il a fait était très similaire au salut obligatoire dans l’Allemagne nazie entre 1933 et 1945. Comme tout sous le Troisième Reich, cet acte était soumis à des règles strictes. Le bras droit doit être levé à un angle compris entre 105 et 165 degrés – de préférence 135 degrés. Le bras devait être levé vers le haut, les doigts serrés les uns à côté des autres et la paume tournée vers le bas. Ceux qui n’avaient pas de bras droit – parce qu’il avait été amputé à la suite d’une blessure de guerre, par exemple – étaient autorisés à utiliser leur bras gauche. Hitler lui-même effectuait régulièrement un salut différent, le bras droit faisant un signe de tête en arrière, la paume vers le haut.

Dans son livre Der Deutsche Gruß. Histoire d’un geste malsain (2005), le sociologue Tilman Allert décrit que les nazis ont emprunté leur salut aux fascistes italiens, qui pensaient à leur tour rappeler l’histoire romaine avec le geste du bras. C’était une grossière erreur, qui avait probablement son origine dans le tableau Le serment des Horaces du peintre français Jacques-Louis David de 1784.

« Le Serment des Horaces » du peintre français Jacques-Louis David de 1784. C’est peut-être la source de la « salutation romaine ».

David montre ici une scène héroïque du passé (mythologique) de la république romaine. Trois frères de la famille Horace lèvent le bras droit et jurent de défendre Rome jusqu’à la mort dans la guerre contre la ville d’Albe la Longue (vers 660 av. J.-C.). Le fait que ce salut soit ensuite devenu le « salut romain » officiel est indiqué dans le non. source ancienne confirmée, écrite ou visuelle.

Le leader fasciste italien Benito Mussolini donne le salut qu’il pensait que les Romains lui avaient fait.
(Photo Harlingue / Roger-Viollet via AFP)

Ce ne sont pas seulement les fascistes italiens qui ont été charmés par ce geste puissant au début du XXe siècle. Dans Le salut romain (2009), l’historien de l’art Martin M. Winkler décrit sa réception aux États-Unis. Le pasteur américain Francis J. Bellamy a proposé un texte pour le 1892 Serment d’allégeance est apparu – le dicton avec lequel les Américains prêtent allégeance à leur pays et à leur drapeau. James B. Uphamm, son collègue du magazine chrétien pour enfants Le compagnon de la jeunessea lu les paroles édifiantes et a pensé qu’un seul geste était approprié : un bras droit tendu.

Des enfants américains récitent le serment d’allégeance les bras levés en 1939.
Photo MPI/Getty Images

Et ainsi les Américains sont restés les bras croisés, jusqu’à ce que cette salutation devienne de plus en plus controversée dans les années 1930 pour des raisons compréhensibles. En 1942, le Congrès a donc établi que le Serment d’allégeance on ne pouvait le dire qu’avec la main sur le cœur.

Le message de bienvenue n’a pas disparu. Il est interdit en Allemagne, en Autriche et en Italie, mais est encore utilisé ailleurs dans le monde – y compris au Moyen-Orient – ​​comme « salutation romaine ».

Bien entendu, le bras droit tendu est également très apprécié des néo-nazis.






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