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Des membres de la nouvelle force de police syrienne ont été tués lors d’affrontements dans la province de Tartous, marquant la nuit la plus violente depuis le renversement du régime d’Assad.
Le gouvernement de transition syrien, dominé par le groupe rebelle islamiste Hayat Tahrir al-Sham, a déclaré que ses forces menaient une opération de sécurité à Tartous mercredi soir lorsqu’elles sont tombées dans une embuscade tendue par des fidèles du président déchu Bashar al-Assad. Quatorze membres du bureau du nouveau ministère de l’Intérieur ont été tués.
Les combats à Tartous, province côtière et bastion du régime d’Assad, surviennent alors que des manifestations ont éclaté dans diverses régions du pays après la diffusion de vidéos montrant l’incendie d’un sanctuaire vénéré par les Alaouites, une secte minoritaire syrienne à laquelle Assad appartient et a le pouvoir. Certaines vidéos montraient également des combattants rebelles marchant sur des cadavres à l’entrée du sanctuaire.
Le gouvernement intérimaire a déclaré que les vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrant un incendie ravageant le mausolée alaouite à Alep étaient anciennes et remontaient à l’époque où HTS avait pris le contrôle de la ville il y a quelques semaines. Le motif de leur réédition était « d’attiser les conflits au sein du peuple syrien à cette étape sensible », a indiqué le ministère de l’Intérieur.
« En conséquence, certains restes de l’ancien régime sur la côte syrienne ont tenté d’exploiter les rumeurs et ont pris pour cible nos forces », ajoute le communiqué.
Le ministère de l’Information a interdit jeudi la circulation et la publication de contenus « de nature sectaire visant à propager la division et la discrimination » et s’est engagé à tenir juridiquement responsables les contrevenants.
Ammar Mohammed et Ahmed Bilal, les deux religieux alaouites qui s’occupent du sanctuaire d’Alep, ont tenté d’apaiser la colère montante mercredi et ont appelé les gens à « faire preuve de maîtrise de soi et à être rationnels » lorsqu’ils sont confrontés à des actes qui « incitent à la sédition ».
Ces troubles mettent en évidence les problèmes de sécurité auxquels sont confrontés les nouveaux dirigeants du pays, qui sont passés du gouvernement d’une petite poche du nord-ouest de la Syrie à celui de la majorité du grand pays à majorité sunnite.
Les tensions se sont également étendues à la capitale, avec des forces affiliées au gouvernement dirigé par le HTS déployées pour rétablir le calme à Damas après que des manifestations ont éclaté dans le district de Mezzeh 86, un quartier à majorité alaouite.
Des informations non confirmées faisant état d’attaques contre les Alaouites et d’assassinats par vengeance visant d’anciens responsables du régime ont circulé ces dernières semaines, des membres de la communauté appelant le gouvernement à mettre un terme à ces incidents et à déployer davantage de forces pour sécuriser leurs zones.
Des militants et des membres de la société civile syrienne ont souligné l’importance de consacrer des ressources à la mise en place d’un appareil de sécurité et d’un ministère de la Justice afin d’apporter la stabilité au pays divisé entre les partisans armés du régime d’Assad et les rebelles armés fidèles au HTS.
De nombreux loyalistes et soldats de l’ancien régime ont abandonné leurs postes et se sont cachés la nuit de la chute d’Assad, mais on craint que certains ne tentent de monter une insurrection.
Des centres d’installation ont été créés dans tout le pays, où les anciens militaires peuvent demander une carte d’identité civile et rendre leurs armes. Mais la plupart se sont présentés sans armes, faisant planer le spectre de futurs affrontements dans ce pays lourdement armé.

