Dépassement reporté à 2024. Tesla n’a pas perdu son leadership. Mais le groupe chinois BYD voit se rapprocher la couronne de premier producteur mondial de voitures à batterie, mais pour l’instant elle reste au Texas. La performance de Tesla au-dessus des estimations au quatrième trimestre, habituellement la meilleure de l’année pour l’entreprise américaine, a suffi à lui assurer d’atteindre le record historique de 1,808 millions de véhicules livrés (+27,6% par rapport à 2022). Mais le résultat – 484 507 contre 526 409 pour BYD – marque le premier dépassement du rapide géant chinois sur le lièvre texan. Tesla reste, entre autres, en deçà de l’objectif ambitieux de 2 millions d’unités par an annoncé il y a douze mois par le PDG Elon Musk.
Le bilan de la guerre des prix
Selon 14 analystes interrogés par LSEG, Tesla devrait livrer 1,82 million de véhicules dans le monde en 2023, soit une augmentation de 37% par rapport à 2022 (1,31 million, +40% par rapport à 2021), avec environ 473 mille unités au quatrième trimestre (405 mille il y a un an). Désormais, les analystes interrogés par Visible Alpha s’attendent à 2,2 millions de livraisons de Tesla l’année prochaine. La plupart pensent que le Cybertruck récemment lancé et un modèle 3 rafraîchi ne suffisent pas à stimuler la demande. Les investisseurs s’attendent à ce que les marges de Tesla restent sous pression (en un an, la marge opérationnelle est passée de 17,2% à 7,6%, au troisième trimestre).
Au cours de l’année, face au ralentissement des ventes, Tesla a sacrifié ses marges, leader du secteur, et réduit les prix de ses quatre modèles, avec une attention particulière à la Chine, où l’entreprise a cependant perdu des parts de marché en raison de l’importante patrouille de féroces concurrents locaux. Aux États-Unis, le ralentissement de la demande a convaincu Ford et GM de ralentir leurs programmes d’électrification de la gamme, laissant à Tesla le rôle de leader incontesté et aidant ainsi son action à clôturer 2023 avec une croissance de 130 pour cent. Aujourd’hui, le titre est passé en territoire négatif en pré-commercialisation (-1,86%).
Obstacles à surmonter
C’est justement aux Etats-Unis que les obstacles majeurs n’ont pas manqué : mi-décembre, Tesla a dû “rappeler” la quasi-totalité de ses 2 millions de véhicules en circulation aux Etats-Unis pour rendre plus sûr le logiciel d’aide à la conduite. Musk insiste sur le fait que la conduite autonome pourrait un jour représenter la majorité de la valeur de Tesla. Et cela contribue aussi à soutenir la marque texane sur les marchés financiers. Par ailleurs, l’administration Biden a rendu publique hier la liste des modèles répondant aux critères permettant de bénéficier de crédits d’impôt pouvant aller jusqu’à 7 500 dollars. Un système destiné à contraindre les constructeurs à ne pas utiliser de composants venant notamment de Chine, à commencer par les batteries. Le nombre de modèles éligibles a été réduit de plus de moitié et le Model Y a été conservé parmi les Tesla les plus vendues, mais pas le Model 3. Le nouveau pick-up Cybertruck a également été exclu de la liste. Les modèles exclus peuvent être inclus dans la liste si ils s’adaptent aux nouvelles règles.
Et même si le Model Y reste le leader des ventes au niveau mondial, y compris en Europe, les Cybertrucks, selon Musk, ne représenteront qu’un petit pourcentage des véhicules que Tesla produira en 2024. Selon Tom Narayan, analyste chez RBC Capital Markets, le Cybertruck sera représentera 3 % des volumes de Tesla en 2024, et sera plutôt un produit « pull », qui pourrait attirer les consommateurs vers la marque.
