Le vol de la statue de George Orwell à Huesca

En hiver 1937, George Orwell se battait sur le front de la sierra d’Alcubierre, dans la province de Huesca, en Espagne. Bien qu’il ait promis un jour de retourner à Huesca pour y déguster un café, ce souhait ne se réalisa jamais, car il décéda avant de pouvoir y retourner. En 2024, la ville honora sa mémoire avec un hommage sous la forme d’un relief en bronze, érigé au parc Miguel Servet. Malheureusement, cet hommage a été profané.

Un acte honteux

Récemment, dans la nuit de jeudi de la semaine dernière, la statue a été dérobée. Selon les informations publiées, elle a été arrachée de son socle, ne laissant que de la pierre derrière elle. Cet acte a été qualifié par l’historien Víctor Pardo d’“acte absolument déshonorant et condamnable.” C’est une atteinte non seulement à l’œuvre d’art mais aussi à la mémoire collective, un vol qui a heurté profondément la communauté locale.

Un financement collectif

La statue, qui représente une somme de 15 000 euros, a été financée grâce à plus de 500 contributions de citoyens, qui ont permis de rassembler un total de 25 000 euros. Ce surplus avait été utilisé pour d’autres projets commémoratifs. Commandée fin 2023, la sculpture avait été inaugurée en mai 2024, et maintenant, elle est portée disparue.

Mobilisation de la communauté

La Orwell Society, organisation littéraire sans affiliation politique, a mobilisé ses membres et la population locale pour réaliser ce projet. L’absence de revendications politiques suggère que le motif du vol pourrait ne pas être idéologique.

Des raisons sombres derrière le vol

Le triste constat fait par Pardo est que ce vol semble plutôt motivé par des raisons pécuniaires. Le bronze est souvent revendu au poids, et cet acte pourrait bien n’être qu’un simple vol de matériaux. Les spéculations sur l’implication de groupes extrémistes sont vite écartées, car aucun lien n’a été établi.

Un patrimoine volé

Ce monument constituait un symbole de la lutte et de la mémoire d’Orwell, illustrant son implication dans la guerre civile espagnole. Un vol de cette envergure porte atteinte non seulement à l’œuvre artistique, mais également à l’héritage culturel de la ville de Huesca.

Des réactions insuffisantes

Malgré la gravité de ce fait, les réactions institutionnelles ont été pour le moins décevantes. La municipalité a déposé une plainte, mais sans un suivi actif pour retrouver la sculpture. Dans un monde où les œuvres d’art sont de plus en plus ciblées, les attentes des citoyens envers leurs gouvernements pour la protection de leur patrimoine sont légitimes.

Vers un dénouement tragique?

La statue de George Orwell n’est pas la première œuvre d’art à disparaître de cette manière. L’histoire récente regorge d’exemples similaires, où des biens de valeur culturelle sont réduits à l’état de ferraille. Le sort qui attend cette sculpture semble sombre, et la possibilité qu’elle soit fondue et réduite à l’état de métal brut est inquiétante.

Les citoyens de Huesca espèrent que, malgré ce vol, la mémoire d’Orwell et son message continueront d’inspirer les générations futures. Mais pour l’instant, c’est le silence et l’inquiétude qui prédominent autour de cette œuvre disparue.

Pour plus d’informations sur le parc Miguel Servet à Huesca, vous pouvez consulter ce lien.



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