Arrêtez de produire des pfas, car votre valeur boursière est en jeu. Cet avertissement les investisseurs institutionnels ont donné mercredi à un groupe de cinquante sociétés chimiques cotées. Les investisseurs affirment que les producteurs et les utilisateurs de substances per- et polyfluoroalkylées sont confrontés à des risques de responsabilité qui pourraient nuire considérablement au cours des actions à long terme.

L’appel émane de l’Investor Initiative on Hazardous Chemicals (IIHC), un groupe de plus de cinquante grands investisseurs réunissant plus de 10 000 milliards d’euros de capital investi. Il s’agit notamment de BNP Paribas et Allianz Investment Management, ainsi que de sociétés néerlandaises telles que Triodos et Cardano.

Les Pfa sont utilisés dans de nombreux produits ménagers depuis les années 1940, tels que les emballages alimentaires et les revêtements antiadhésifs pour poêles. Ils sont utiles car ils sont, par exemple, hydrofuges, résistants à la chaleur et même au feu. Mais les critiques se sont multipliées ces dernières années : les produits chimiques incriminés présentent un risque pour la santé. Par exemple, l’exposition aux pfas est associée à un risque accru de diverses formes de cancer. De plus, les substances sont difficilement dégradables. C’est pour cette raison qu’ils sont également connus sous le nom de produits chimiques pour toujours.

Le « nouvel amiante »

L’IIHC qualifie les pfas de « nouvel amiante » dans un communiqué. Pendant des années, selon l’initiative, l’amiante était connue comme un « minéral magique », utilisé pour construire des maisons malgré les premières alertes sanitaires. En fin de compte, ignorer les avertissements des années 1980 a conduit à des poursuites judiciaires et à des faillites.

Ce sort attend également les entreprises chimiques, prédisaient récemment des experts à l’agence de presse Bloomberg. La première faillite suite aux réclamations en dommages-intérêts du PFA est déjà un fait. En mai, l’entreprise américaine Kidde-Fenwal a fermé ses portes après que les gouvernements locaux, les entreprises et les citoyens ont intenté plus de 4 400 poursuites contre cette entreprise de sécurité incendie. Ils ont déclaré que les PFA présents dans la mousse anti-incendie auraient contaminé les sources d’eau autour des aéroports et des sites militaires.

Des poursuites contre les producteurs de PFA sont également en cours en Europe. Le gouvernement flamand intente par exemple une action en justice contre 3M, car l’usine anversoise de ce groupe américain rejette ces substances dans l’Escaut. L’année dernière, l’entreprise avait déjà promis de verser 571 millions d’euros pour l’assainissement des sols. L’État néerlandais s’est désormais joint à la bataille juridique contre 3M.

Chemours

Le producteur de téflon Chemours a également été discrédité. En septembre, le tribunal de Rotterdam a jugé que l’usine de Dordrecht du groupe américain était en partie responsable des dommages environnementaux dus à la pollution aux PFA. En conséquence, les municipalités environnantes peuvent désormais tenter de récupérer leurs coûts d’assainissement. Par ailleurs, une enquête pénale sur les agissements du groupe est en cours, après que l’avocate Bénédicte Ficq a déposé une plainte au nom d’environ quatre mille personnes. Ils estiment que la direction de Chemours devrait être tenue responsable des émissions de PFA, même si l’on sait que ces substances sont nocives pour l’environnement.

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Aux États-Unis comme en Europe, l’intention est d’interdire la production et la transformation des PFA d’ici quelques années. L’UE souhaite cette interdiction au plus tard en 2027 et laissera alors aux entreprises concernées un certain temps pour trouver des alternatives aux substances nocives. De nombreux clients trouvent irréalisable une interdiction totale des nombreux types de PFA, car ils sont nécessaires, entre autres, à la transition énergétique et à la production de puces.

Dans le même temps, les gouvernements et les citoyens augmentent la pression en intentant des poursuites judiciaires pour accélérer la transition vers l’abandon des PFA. Les investisseurs s’y sont désormais joints. Ils pointent du doigt un rapport également publié mercredi analyse des risques de la société de données américaine Praedicatce qui montre que les réclamations pour, entre autres, dommages à la santé et pollution de l’environnement, peuvent s’élever à des centaines de milliards de dollars rien qu’aux États-Unis.

L’appel de l’IIHC a été lancé auprès de cinquante entreprises chimiques cotées dont la durabilité a été testée par ChemSec, une ONG qui veut mettre fin à la production de produits chimiques dangereux et difficiles à dégrader. Seules cinq de ces entreprises ont publié une stratégie à cet effet. Chemours et 3M sont en bas de la liste du développement durable.


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