L’Italie au soutien de la Palestine. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en Italie pour dénoncer le génocide à Gaza. À travers tout le pays, la mobilisation a été marquée par des gréves et des blocages à l’appel de plusieurs syndicats, et des heurts ont été signalés à Milan.
Cette mobilisation coïncide avec le moment où la France et plusieurs autres pays doivent reconnaître l’État de Palestine à l’ONU, suivant l’exemple du Royaume-Uni, de l’Australie et du Canada. Cependant, l’Italie, très prudente sur cette question, a choisi de ne pas soutenir cette décision pour l’instant.
À Rome, plus de 20 000 manifestants, dont de nombreux jeunes lycéens, se sont rassemblés devant la gare Termini. Ils brandissaient des drapeaux palestiniens et scandait « Palestine libre ! ». Une immense banderole proclamait : « Contre le génocide, bloquons tout ! ».
#sciopero In Italia centinaia di migliaia di persone per la Palestina. Blocchi ovunque.#StrikeForGaza Hundreds of thousands block Italy in a general strike for Gaza and Palestine. They occupied train stations, ports, and roads against Meloni’s complicity with genocide pic.twitter.com/OzycDA4UZ1
— Radio Onda d’Urto (@radiondadurto) September 22, 2025
« L’Italie parle mais ne fait rien »
Michelangelo, un jeune de 17 ans, a affirmé « être là pour soutenir une population qui est en train d’être exterminée ». Federica Casino, une employée de 52 ans présente parmi les manifestants, a exprimé son souhait que « toute l’Italie s’arrête aujourd’hui », évoquant les pertes humaines à Gaza. Elle a aussi dénoncé : « L’Italie parle mais ne fait rien ».
Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs autres villes. À Milan, de violents heurts ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre près de la gare centrale. Les manifestants ont jeté des projectiles sur les policiers avant que ceux-ci ne ripostent avec des gaz lacrymogènes.
À Bologne, des manifestants ont bloqué une autoroute avant d’être dispersés par des canons à eau. D’autres rassemblements se sont tenus à Turin, Florence, Naples, Bari et Palerme. À Gênes et Livourne, des dockers ont bloqué des quais de ports. À Rome, le trafic de bus et de métro a été fortement perturbé.
Des associations catholiques ont prévu d’organiser une veillée de solidarité et de prières à Rome en soirée.
L’Italie réticente à reconnaître la Palestine « pour le moment »
Le gouvernement ultraconservateur de Giorgia Meloni, proche du président américain Donald Trump, adopte une position prudente sur le conflit à Gaza, même si la Première ministre a exprimé sa « préoccupation » face aux actions israéliennes.
Rome ne souhaite pas reconnaître « pour le moment » l’État de Palestine et est réticente aux sanctions commerciales proposées par l’Union européenne. Cependant, le gouvernement rappelle qu’il ne vend plus d’armes à Israël depuis le 7 octobre 2023.
Un sondage récent a révélé que 63,8 % des Italiens évaluent la situation humanitaire à Gaza comme « extrêmement grave », tandis que 40,6 % sont en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien.
L’armée israélienne a intensifié ses opérations à Gaza, déjà ravagée par près de deux ans de guerre, avec pour objectif d’« anéantir » le mouvement islamiste palestinien Hamas, responsable de l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël. Cette attaque a causé la mort de 1 219 personnes, principalement des civils, selon des données officielles.
D’après le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, l’offensive israélienne a causé 65 344 décès, majoritairement des civils.
