
Un **kinésithérapeute** de 48 ans, exerçant à Toulouse, a été condamné à de la **prison ferme** par la justice pour des agressions sexuelles sur deux patientes. L’affaire.
En date du **1er avril 2021**, une femme de 43 ans a déposé un **signalement en ligne** via une plateforme dédiée aux violences sexuelles et sexistes. Elle a dénoncé des faits d’agression sexuelle survenus l’année précédente, commis par un **kiné-ostéopathe de Toulouse**, identifié comme Thierry I.
Cette victime, reconnue invalide à 80%, s’était présentée pour des **douleurs dorsales** sans prescription médicale. Lors de son témoignage, elle a relaté une ambiance **chamanique**, des questions et propos déplacés, ainsi que des palpations indésirables sur sa poitrine et son intimité, même par-dessus la culotte. “Ce n’est pas moi, c’est votre corps qui le demande”, aurait-il déclaré, plongeant la patiente dans la **sidération**.
Problèmes de genoux, questions sur ses… orgasmes !
Les enquêteurs ont alors décidé de déterminer si l’**ordre national des masseurs-kinésithérapeutes** avait reçu d’autres signalements concernant Thierry I. Ils ont exhumé un courrier de 2016, émanant d’une jeune femme ayant consulté pour des **problèmes de genoux**.
Cette victime a rapporté avoir subi des questions intimes sur ses **orgasmes** et des manipulations qui avaient dérivé. Sous couvert de tensions au niveau du périnée, le kinésithérapeute aurait introduit un doigt dans son vagin, “sans gant et sans consentement préalable”. Suite à cette situation, le professionnel s’était excusé et avait promis de ne plus employer cette technique, amenant la patiente à retirer sa plainte.
“Uniquement sur prescription médicale”
Armé de ces éléments, le kiné a été mis en examen en **juin 2021** par un juge d’instruction pour **viol** et **agression sexuelle**. Il a été incarcéré pendant environ quinze jours avant d’être placé sous **contrôle judiciaire**, durant lequel il lui a été interdit d’exercer.
Aujourd’hui âgé de 48 ans, le masseur kinésithérapeute, qui a toujours nié les actes répréhensibles, a récemment été jugé par le **tribunal correctionnel de Toulouse**. Les faits ont été requalifiés en “agressions sexuelles par personne ayant autorité”. Les deux victimes ont décidé de se porter partie civile, ainsi que l’ordre national des masseurs-kinésithérapeutes.
“Un kiné a le droit de réaliser des manipulations internes pour la **rééducation périnéale** ou **urologique**, mais uniquement sur prescription médicale. Dans ces cas, les patientes n’étaient pas référées par leur médecin”, a indiqué un spécialiste familiarisé avec ce dossier.
10 ans d’interdiction d’exercer
La justice a condamné Thierry I. à **deux ans de prison**, dont un ferme. Le reste de la peine est assorti d’un **sursis probatoire** avec obligation de soins et de réparation. Il devra également verser des **dommages et intérêts** aux victimes et à l’ordre des kinés.
Le tribunal a également imposé une interdiction d’exercer le métier de kinésithérapeute ostéopathe pendant une durée de **10 ans**, ainsi que toute autre profession de soignant en relation avec le corps.
Ce cas soulève des questions épineuses sur la nécessité d’une meilleure régulation des pratiques en matière de santé. La **protection des patients** doit primer, et des mesures préventives doivent être mises en œuvre pour éviter que des abus de cette nature se reproduisent. La sensibilité accrue sur ces questions devrait servir de leçon pour tous les professionnels de santé, afin de garantir un environnement sûr et respectueux pour chaque patient.




