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A ce jour, la France reste le seul pays à avoir réuni les présidents ukrainiens et russes. « C’était à Paris en décembre 2019 », comme l’a rappelé Emmanuel Macron sur LCI. Une option qui « n’est plus possible » aujourd’hui.
INTERNATIONAL – Nouveau casse-tête en vue. À l’issue du sommet sur la guerre en Ukraine organisé lundi 18 août à Washington, Donald Trump a affirmé « commencer les préparatifs » pour une rencontre officielle entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. Un entretien qui devrait avoir lieu « d’ici les deux prochaines semaines », selon une information glissée par le chancelier allemand Friedrich Merz.
Après son premier rendez-vous en Alaska avec le président russe puis le sommet avec son homologue ukrainien et la « coalition des volontaires » européens, Donald Trump est convaincu que le tête-à-tête peut avoir lieu. « Une fois cette rencontre tenue, nous organiserons une (réunion) trilatérale, réunissant les deux présidents ainsi que moi-même », a-t-il lâché sur son réseau Truth Social.
Une question reste toutefois en suspens : où réunir Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky ? Du côté du président américain, la question n’est pas encore tranchée. La rencontre se déroulera « dans un lieu à déterminer », a-t-il seulement glissé à ce stade.
Las hipótesis para el encuentro
L’hypothèse suisse
Du côté des alliés de Kiev, un consensus émerge : le sommet Poutine-Zelensky doit avoir lieu en Europe. Pays neutre – malgré ses nombreuses condamnations de la guerre menée par Moscou en Ukraine – la **Suisse** fait figure de candidate idéale pour accueillir les négociations.
Le président français Emmanuel Macron milite pour cette solution. Dans un entretien diffusé ce mardi 19 août sur LCI, le dirigeant français s’est montré encore plus précis : « Ce sera un pays neutre, et donc peut-être la Suisse, je plaide pour Genève. »
Le choix de la « ville-monde » – qui héberge de nombreuses organisations internationales et agences de l’ONU – enverrait un message fort, mais un épineux problème subsiste. Et il concerne Vladimir Poutine. Car depuis mars 2023, un **mandat d’arrêt** de la Cour pénale internationale pèse sur les épaules du chef du Kremlin. Signataire du Statut de Rome, la Suisse est tenue juridiquement d’arrêter Vladimir Poutine s’il posait un pied sur son territoire.
Comme Emmanuel Macron, qui estime « qu’il faut faire » une exception à Vladimir Poutine dans le contexte des négociations de paix, la Suisse a promis ce mardi « l’immunité » au président russe s’il « vient pour une conférence de paix ».
L’alternative hongroise
Autre pays, autre problème : la Hongrie de Viktor Orbán. Comme le rapporte **Reuters**, un haut représentant de l’administration Trump a déjà évoqué la possibilité d’y organiser la réunion bilatérale. Mais si Budapest a longtemps disposé d’un statut neutre sur la scène internationale, ce n’est plus le cas depuis 1999 et son intégration à l’Otan. Le pays est par ailleurs membre de l’Union européenne depuis 2004.
Pour autant, le Premier ministre Viktor Orbán est notoirement connu pour ses liens étroits avec la Russie de Vladimir Poutine, compliquant la possibilité d’un sommet sur le sol hongrois du point de vue ukrainien et européen. Cela offrirait une garantie supplémentaire à Vladimir Poutine de ne pas être arrêté dans le cadre du mandat d’arrêt.
Le Vatican
Compte tenu de son statut singulier, le **Vatican** peut faire office de candidat sérieux. D’autant que le nouveau pape Leon XIV avait déclaré fin mai être « très intéressé par l’organisation de négociations » dans la Cité-État. Le pape américain avait également dit que le Saint-Siège était « disponible pour que les ennemis se rencontrent et se regardent dans les yeux ».
Lors des funérailles du pape François fin avril, l’entrevue entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky avait aussi rappelé la longue tradition de médiation du Vatican. Une option qui aurait également l’avantage de répondre aux exigences d’une rencontre sur le sol européen. Mais la question du mandat d’arrêt contre Poutine se poserait dès lors qu’il entrerait dans l’espace aérien italien.
États-Unis, Turquie, Autriche…
« La dernière fois qu’il y a eu des discussions bilatérales, c’était à **Istanbul** au printemps 2022 », a souligné dans son entretien Emmanuel Macron. Mais aujourd’hui, la Turquie reste une hypothèse lointaine car le président Recep Tayyip Erdoğan s’est montré particulièrement discret lors des nouvelles négociations, désormais chapeautées par Donald Trump.
**BFMTV** évoque aussi l’Autriche, citée par certains spécialistes géopolitiques pour sa « neutralité constitutionnelle ». Mais une fois encore, le mandat d’arrêt international contre Vladimir Poutine ne plaide pas en faveur de cette idée.
Dernière option, et non des moindres : les États-Unis. Le pays de Donald Trump offre une option crédible, sachant que les États-Unis ne sont pas membres de la Cour pénale internationale. La neutralité du pays dans le conflit reste discutable, mais cela permettrait au président américain de garder la main sur l’organisation des négociations. Et, espère-t-il, de faire un pas de plus vers le prix Nobel de la paix qu’il convoite tant.



