
La France fait face à une **explosion sans précédent** de la **production** et de la **consommation** de **cocaïne**, selon une note alarmante de l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Réseaux ultra-structurés, violence en hausse, banalisation de l’usage : aucun territoire n’est épargné, alors que les saisies battent des records.
Un « **tsunami blanc** ». L’expression est forte mais à la mesure de l’ampleur du trafic et de la consommation de **cocaïne** que souligne une note de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), qui alerte sur l’emprise grandissante du **trafic de drogue** en France.
Dans ce document dense de **62 pages**, remis en juillet et révélé par *Le Monde* et *Valeurs Actuelles*, quelques mois après le rapport parlementaire et la loi sur le narcotrafic, la France est désormais **l’un des pays européens les plus concernés** par le phénomène.
Aucune région française n’est aujourd’hui épargnée
L’offre de drogue est tellement répandue qu’**aucune région française** n’est aujourd’hui épargnée. Le rapport souligne que l’offre et la demande explosent, notamment pour la **cocaïne** et le **cannabis**, alimentées par des **cartels sud-américains** et relayées par des groupes criminels de plus en plus puissants, structurés et innovants dans leurs modes d’importation et de **blanchiment** de drogues dont la production atteint des sommets. Ainsi, en 2024, « la production mondiale de **cocaïne** a explosé, avec près de **4 000 tonnes** » produites, selon le rapport. En 2023, la Colombie aurait atteint, à elle seule, **2 700 tonnes** (+ 53 % par rapport à 2022) et le Pérou **900 tonnes**.
Les trafics, note le rapport, empruntent désormais toutes les voies possibles (océans, routes, airs), notamment via les couloirs de l’Asie et des Balkans, et avec tous les moyens possibles (avions, bateaux, semi-submersibles, véhicules, personnes, fret…). Pour acheminer la drogue, les trafiquants utilisent par ailleurs des « caches » de plus en plus sophistiquées (faux ventres, dissolutions chimiques, vêtements, cartons…).
Saisies records
Des subterfuges qui, heureusement, sont souvent contrecarrés par les **autorités**. Le montant total saisi par les douanes s’élève déjà à **48 millions d’euros** d’avoirs criminels depuis janvier 2025, soit + 34 % par rapport à 2024. Les saisies de **cocaïne** sont logiquement très importantes. Plus de **42 tonnes** de cocaïne ont été saisies sur le seul premier semestre 2025. Les opérations marquantes se multiplient (142 kg de cocaïne saisis en Polynésie en mars, 67 kg en Nouvelle-Calédonie…). Les grandes saisies se passent également aux frontières espagnoles et suisses où des centaines de milliers d’euros sont régulièrement découvertes.
« Les niveaux records des saisies témoignent de la très grande **disponibilité** des substances stupéfiantes sur notre territoire, qui entraîne une menace grandissante » aux conséquences importantes « pour la sécurité mais aussi la santé de nos concitoyens et l’environnement. Il s’agit aujourd’hui d’une lutte **asymétrique**, avec la saturation des services de police et de justice face aux réseaux criminels », explique Christian de Rocuigny, adjoint au directeur de l’Ofast cité par *Le Monde*.
100 grands importateurs
Le rapport souligne par ailleurs l’évolution du profil des **trafiquants**. On est loin du grand banditisme à l’ancienne type « Fench connection ». « Les acteurs français des stupéfiants qui menacent le plus la sécurité nationale sont tous issus du processus de **structuration criminelle** des trafiquants de cannabis marocains originaires des cités », indique le rapport. Un système organisé par strates : moins de **100 grands importateurs** livrent quelque **5 000 grossistes** et chefs de réseaux qui alimentent quelque **200 000 individus** tenant des points de deals et des réseaux locaux, petite main-d’œuvre interchangeable et souvent très jeune.
« Moins de dix organisations maîtrisent la quasi-totalité des importations de **cocaïne** en France », selon l’Ofast, qui leur attribue « la démocratisation » de l’offre et le « franchissement d’un nouveau palier de **violences**. 173 villes ont connu des **homicides** liés au trafic en 2024 (contre 161 en 2021) et derrière Marseille (40), Grenoble (14) et Toulouse (12), les **villes moyennes** sont de plus en plus concernées. « Nos villes sont désormais le théâtre de guerres de territoires qui se règlent à coups de **kalachnikovs** ou de **grenades** », note l’Ofast.
Un record de consommation
Au-delà d’une minutieuse description des trafics, le rapport fait aussi état d’un **record de consommation** de drogues et notamment de **cocaïne**. En 2023, la France comptait **1,1 million** d’usagers de **cocaïne** contre **600 000** dix ans plus tôt. Une hausse qui s’explique par le prix du gramme qui a baissé à **58 euros**, soutenant de fait la consommation. **3,7 millions** d’adultes ont ainsi déjà expérimenté la **cocaïne**, selon les chiffres de l’**Office français des drogues** et des tendances addictives (OFDT).
Une consommation de **poudre blanche** qui fait peser un « poids significatif » sur l’hôpital et les services d’urgence, où le nombre de passages qui y sont liés a triplé entre 2012 et 2023 selon une note de **Santé publique France**, publiée fin juillet. En 2024, **5 067 passages aux urgences** en lien avec l’usage de **cocaïne** et **1 619 hospitalisations** ont été recensés, ce qui marque une stabilisation à « des niveaux élevés » après « une hausse continue depuis 2012 ». Ces taux de passages aux urgences sont « très élevés en Guyane, Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie ».
Ces **10 dernières années**, le nombre d’hospitalisations liées à l’usage de **cocaïne** a quadruplé en France. Un fléau auquel le **gouvernement** et le nouveau **Parquet national anticriminalité organisée (PNACO)** vont devoir s’attaquer, mais qui doit aussi mobiliser toute la société.
La situación del tráfico y consumo de cocaína en Francia es alarmante y exige una respuesta urgente tanto del gobierno como de la comunidad para mitigar sus efectos y proteger a la población. La cooperación interinstitucional y el compromiso social son cruciales para abordar este creciente desafío.


