C’est un pas de géant dans la sécurisation des échanges bancaires. Dès le 9 octobre, les banques de la zone euro mettront en œuvre la vérification du bénéficiaire pour tous les virements : le Vop pour Verification of Payee.
L’objectif est d’éviter qu’un virement ne soit envoyé à un mauvais bénéficiaire. Cela peut résulter d’une fraude, comme un escroc se faisant passer pour un conseiller bancaire, ou de la manipulation de RIB, où un numéro de compte est modifié à l’aide d’un logiciel. Une simple erreur de saisie lors de l’enregistrement de l’IBAN peut également entraîner des complications. Cette mesure est la conséquence concrète d’un règlement européen adopté en 2024 pour promouvoir la généralisation des virements instantanés.
Mais concrètement, comment fonctionne cette vérification? Lorsqu’un particulier effectue un virement (qu’il soit instantané ou classique), sa banque interroge automatiquement la banque du bénéficiaire pour vérifier la concordance entre le nom saisi et le numéro IBAN. Cela est précisé dans un mini-guide publié par la Fédération bancaire française (FBF), dont nous dévoilons les détails.
Cette vérification, « réalisée en temps réel », peut aboutir à quatre réponses différentes :
- Une correspondance exacte entre le nom et l’IBAN.
- Une correspondance partielle, avec un nom proche mais pas identique.
- Aucune correspondance entre le nom et l’IBAN.
- Le compte n’existe pas ou ne peut être vérifié.
Le vrai nom figurant sur l’IBAN ne sera pas communiqué par la banque
Après avoir été informé du résultat, le client a la possibilité de corriger ou de confirmer son virement. « Même en cas de non-concordance, le client conserve la liberté d’exécuter le virement, mais en toute connaissance de cause », indique la FBF. En clair, cela signifie que la banque ne pourrait plus être tenue responsable en cas de fraude ou d’erreur.
La FBF souligne également l’importance d’adopter de bonnes pratiques pour accompagner l’arrivée de ce dispositif. Cela inclut la nécessité de bien vérifier les alertes de non-concordance avant de valider un virement, et surtout, « utiliser des noms complets et exacts » (par exemple, éviter d’écrire maman).
Il est crucial de noter que la banque communiquera le niveau de cohérence entre le nom du destinataire du virement, tel que mentionné par le client, et le nom figurant sur l’IBAN vers lequel le virement doit être envoyé. Cependant, elle ne révélera pas le nom exact présent sur l’IBAN.
Pour finir, la FBF rappelle que des campagnes d’information sont actuellement menées par les établissements bancaires afin de sensibiliser et d’accompagner leurs clients dans l’adoption de ce nouveau service. Ce genre d’initiative permettra non seulement de renforcer la sécurité des transactions bancaires, mais également de rassurer les utilisateurs quant à la fiabilité du système.
