Dockers du Port de Fos-Marseille Refusent de Charger des Conteneurs d’Armes Destinés à Israël
Dans une action qui a suscité un vif débat, les dockers du port de Fos-Marseille ont refusé de charger un conteneur d’équipements militaires à destination d’Israël. C’est le troisième incident en peu de temps, après qu’un autre conteneur de pièces pour fusils-mitrailleurs ait déjà été bloqué. La décision des dockers est le résultat de leurs convictions morales, affirmant ne pas vouloir « être complices de massacres ».
Ce nouveau blocage est survenu après que les employés de la CGT du port aient découvert deux autres conteneurs contenant des tubes de canons fabriqués par la société Aubert et Duval . Ces pièces de matériel militaire étaient destinées au navire Contship Era , en partance pour Haïfa, en Israël. Dans un communiqué, le syndicat a exprimé son écœurement , précisant que les dockers ne souhaitent pas participer à un génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien. « Le port de Fos (…) ne doit pas servir à expédier des munitions ou des armes pour n’importe quelle guerre que ce soit », ont-ils déclaré.
Contexte de la Réaction des Dockers
Le refus de charger des conteneurs contenant des pièces d’armement n’est pas un acte isolé. Mercredi, les dockers avaient déjà bloqué un conteneur de pièces pour fusils-mitrailleurs provenant de l’entreprise Eurolinks , qui avait suscité des inquiétudes quant à leur utilisation potentielle dans des conflits où des civils pourraient être touchés, notamment dans la bande de Gaza . Ces actions sont soutenues par la CGT , qui a également reçu l’appui solide de la Fédération CGT des services publics . Ils prévoient une collaboration avec les dockers italiens, qui ont annoncé des actions similaires dans le port de Gênes.
Sur les réseaux sociaux, un groupe de dockers génois a expliqué qu’il était convaincu que la lutte contre le trafic d’armes passait par une action collective . Par ailleurs, une manifestation a eu lieu à Marseille, rassemblant environ une centaine de supporters des dockers, soulignant ainsi l’importance de cette lutte non seulement pour les dockers mais également pour les citoyens soucieux des implications éthiques des exportations d’armes.
La Réponse du Gouvernement et des Sociétés Impliquées
Face à ces préoccupations, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu , a défendu les actions de l’État, indiquant que ces équipements militaires étaient soumis à une licence de réexportation , permettant leur envoi uniquement vers des forces armées n’étant pas israéliennes. La société Aubert et Duval a également réagi, précisant que leur matériel était destiné à des usages compatibles avec les normes établies, sans lien direct avec Israël.
Cette position a été corroborée par le ministère des Armées, affirmant que toutes les exportations étaient strictement régulées et que les tubes de canon et autres pièces étaient destinés à des partenaires européens. Toutefois, la controverse continue d’alimenter les débats politiques et sociaux en France, mettant en lumière l’importance de la législation sur l’exportation d’armes.
Les dockers marseillais ont reçu un soutien significatif de la part de sous-secrétaires et d’organisations telles qu’Amnesty International, qui ont appelé à un embargo sur les livraisons d’armes à Israël. Des figures politiques de gauche, telles que le leader du parti socialiste Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon, ont également exprimé leur soutien à cette cause, affirmait que « l’humanisme n’est pas à vendre ». Cette mobilisation politique renforce le lien entre les actions syndicales et les questionnements éthiques entourant le commerce d’armement.
Il s’agit du troisième conteneur destiné à Israël que les dockers du port Fos-Marseille refusent de charger après celui d’hier, rempli de pièces pour fusils-mitrailleurs.

