MaPrimeRénov’ en sursis : selon Le Parisien, le gouvernement compte suspendre dès le mois de juillet ce dispositif d’aide à la rénovation des logements, qui a déjà bénéficié à 2,5 millions de ménages. Et ce, au moins jusqu’à la fin de l’année. D’après une source interrogée par nos confrères, presque tous les crédits prévus pour l’année 2025 ont déjà été consommés.
Contacté, le ministère du Logement nous assure que « rien n’est décidé, ni fixe au sujet d’une suspension » et renvoie à « mi-juin ». Mais reconnaît, dans le même temps, « une surcharge des services instructeurs et un allongement des délais d’engagement ».
Coups de rabots et manque de visibilité
MaPrimeRénov’, qui finance des travaux d’amélioration de performance énergétique, serait-elle victime de son succès ? « On avait alerté en début d’année sur le risque de l’insuffisance du budget », observe Audrey Zermati , directrice stratégie chez Effy , une entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique. En 2025, l’enveloppe dédiée au dispositif est de 3,6 milliards d’euros (dont 2,4 financés par l’État ) – un chiffre techniquement stable par rapport à 2024, mais qui cache des coups de rabots successifs.
Ces dernières années, les montants alloués et les règles d’attribution n’ont fait qu’évoluer. Un manque de visibilité qui, selon Audrey Zermati, a poussé les particuliers à faire des demandes en fin d’année dernière, avant le vote du budget, de peur de passer à côté de l’aide. « Cet afflux de dossiers [non budgétés, NDLR] s’est reporté sur l’année 2025 », explique-t-elle. À ce phénomène s’est par ailleurs ajouté un boom des rénovations d’ampleur, plus coûteuses (36 271 euros d’aide ont été accordés en moyenne l’an dernier), mais plus efficaces.
C’est le bon moment pour déposer un dossier
In fine, l’argent commence à manquer, d’où la possible suspension de MaPrimeRénov’. Un peu comme sur le leasing social, ce dispositif d’aide à location d’une voiture électrique pour les plus modestes, qui a été victime de son succès à ses débuts. Et au moment où le gouvernement cherche 40 milliards d’économies pour boucler le budget 2026, une hausse des crédits de l’État en faveur de MaPrimeRénov’ semble hautement improbable.
À ce stade, « l’instruction et le paiement des dossiers se poursuivent normalement », assure le ministère du Logement. « Si des gens hésitent à déposer un dossier, il faut qu’ils le fassent maintenant pour qu’il soit examiné, tant qu’il n’y a pas de couperet », conseille Audrey Zermati. « Ils pourront toujours revenir en arrière s’ils changent d’avis. »
Des annonces pour lutter contre la fraude
La directrice stratégie d’Effy se dit « assez confiante » sur la prolongation du dispositif en 2026 – sur ce sujet « les arbitrages seront rendus courant juillet », indique le ministère. Elle s’inquiète en revanche d’une fermeture du guichet, même temporaire : « Ce serait une très mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français et pour le secteur, qui a besoin de visibilité et qui en a cruellement manqué durant les deux dernières années. » « De plus en plus d’artisans se détournent du dispositif », relève Audrey Zermati. « Ils savent qu’être trop dépendants aux aides les met dans une insécurité extrêmement forte. »
Pour que MaPrimeRénov’ ne soit pas mise ou sommeil (voire éteinte) au second semestre, Effy propose de flécher l’argent public sur les rénovations d’ampleur et de baisser le montant maximum des aides « pour assurer une continuité du dispositif au second semestre ». En plus d’un budget pluriannuel, l’entreprise réclame aussi un meilleur contrôle du dispositif.
Face « à un niveau élevé de fraude », le ministère du Logement a d’ailleurs décidé de sévir. En plus d’une proposition de loi du député macroniste Thomas Cazenave, qui devrait être adoptée ce mois-ci, l’exécutif prévoit d’annoncer « courant juin » des mesures pour « mieux gérer l’afflux de dossiers et détecter les fraudeurs en amont ».
In summary, the future of MaPrimeRénov’ hangs in the balance as funds dwindle and the potential for a suspension looms. With 2.5 million households already benefitting from this energy efficiency initiative, the urgency for clear communication and steady funding has never been more critical. Stakeholders, including government officials and industry leaders, are urging swift decisions to ensure continued support for vital renovations that can aid residents and improve living conditions. As the construction industry braces for possible changes, homeowners are encouraged to submit applications promptly, making the most of the existing funding before any limitations may come into effect.

