La phrase “ce modèle d’IA est si dangereux qu’il serait une erreur de le rendre public” date d’une époque antérieure aux premières versions de ChatGPT. Cette narration autour de l’IA “dangereuse” relève davantage du marketing que de la réalité. Pourtant, des entreprises comme Anthropic et OpenAI continuent de promouvoir cette idée à chaque lancement de nouveau modèle.
Car l’IA n’est rien d’autre qu’un outil (même si elle consomme une quantité incroyablement élevée de ressources), et Yann LeCun a un message pour ces entreprises : “Si vous pensez qu’elle est dangereuse, vous vivez dans l’obscurantisme médiéval.”
Narrativité de la peur : des balivernes
Le 10 avril dernier, Anthropic a lancé Claude Mythos Preview, prétendant qu’il s’agissait du meilleur modèle d’IA jamais créé. Mais peu de personnes avaient en réalité accès à ce modèle. Les analyses de sociétés comme Mozilla ont montré qu’il était effectivement impressionnant pour certaines tâches, mais pas révolutionnaire.
Il est vrai que si cette technologie tombait entre de mauvaises mains, elle pourrait causer des dommages. Cette peur est alimentée par des décisions politiques, comme celles des États-Unis qui interdisent aux non-citoyens d’utiliser certains modèles. Mais pour Yann LeCun, tout cela n’est qu’une distraction.

Yann LeCun, figure emblématique de l’intelligence artificielle, a clarifié sa position lors d’un colloque à Vivatech, où il a discuté de l’état actuel des modèles de langage et a critiqué la peur entourant leur potentiel.
Le bon sens face à l’industrie
LeCun a noté que ceux qui affirment que l’IA ne doit pas être open source en raison de sa dangerosité oublient que l’IA est fondamentalement une manière de propager le savoir. “Aujourd’hui, l’IA est une façon d’accéder facilement à la connaissance humaine”, a-t-il déclaré, en défendant l’open source comme un moyen d’améliorer la société.
Il a ajouté : “Si vous souhaitez bloquer un outil en pensant qu’il représente un danger, cela revient à vivre dans l’obscurantisme”. Ce commentaire rappelle les temps où la science était combattue par la foi.
Contrôle vs. partage du savoir
Pour LeCun, la véritable question n’est pas celle de la dangerosité mais du contrôle. Les entreprises veulent réguler ce que l’on peut faire avec leurs produits. “Si vous achetez un stylo, vous ne souhaitez pas que la société vous dise ce que vous pouvez écrire avec”, a-t-il ajouté.
Le partage des connaissances est essentiel pour le progrès culturel, et restreindre l’accès à certaines technologies est une forme d’arrogance. “L’idée que seuls quelques privilégiés peuvent contrôler l’IA est démesurée”, soutient LeCun.
Vers une nouvelle ère de l’IA
En évoquant les limites des modèles de langage actuels, LeCun a affirmé que ces derniers ne représentent pas le Saint Graal. Si certains aspects, comme les mathématiques et le codage, sont bien gérés, la vraie révolution résidera dans l’émergence d’agents intelligents et d’IA physiques.
Il a proposé de travailler sur des modèles capables de prédire l’état futur du monde, plutôt que de se concentrer uniquement sur des réponses de type “teclado”. Selon lui, les défis actuels résident dans notre incapacité à anticiper les conséquences de nos actions, ce qui est crucial pour créer des systèmes fiables.
LeCun a consacré 15 ans à l’apprentissage autosupervisé, cherchant à passer des modèles génératifs basés sur des pixels à des approches plus abstraites. Bien qu’il y ait des critiques concernant son approche, il reste convaincu que ces modèles будут faire progresser le domaine de l’IA.
En conclusion, malgré les désaccords, LeCun continue de plaider pour un avenir où l’IA est accessible et où les connaissances sont partagées, promettant ainsi non seulement d’améliorer notre compréhension de la technologie, mais également d’enrichir la société dans son ensemble.
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