{"id":929906,"date":"2023-09-17T01:25:41","date_gmt":"2023-09-17T03:25:41","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/la-tension-monte-a-lampedusa-nous-sommes-un-peuple-solidaire-mais-nous-nous-sentons-abandonnes\/"},"modified":"2023-09-17T01:25:45","modified_gmt":"2023-09-17T03:25:45","slug":"la-tension-monte-a-lampedusa-nous-sommes-un-peuple-solidaire-mais-nous-nous-sentons-abandonnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/la-tension-monte-a-lampedusa-nous-sommes-un-peuple-solidaire-mais-nous-nous-sentons-abandonnes\/","title":{"rendered":"La tension monte \u00e0 Lampedusa : \u00ab Nous sommes un peuple solidaire.  Mais nous nous sentons abandonn\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Didi marche comme un drapeau italien.  Un pantalon rouge, un pull gris clair et un foulard vert vif pour prot\u00e9ger le gar\u00e7on de cinq ans d&#8217;Abidjan, en C\u00f4te d&#8217;Ivoire, du soleil meurtrier sicilien.  Il sourit timidement.  Maria Bamba (31 ans) a laiss\u00e9 ses deux filles avec sa m\u00e8re et a fui seule avec lui en Europe.  Le long voyage, \u00e0 travers cinq pays africains, s&#8217;est termin\u00e9 par un voyage en bateau depuis la Tunisie, explique Maria.  Et cette travers\u00e9e l\u2019a tellement effray\u00e9e qu\u2019elle en a perdu la voix en cours de route.  \u00abJ&#8217;ai cri\u00e9 \u00e0 pleins poumons\u00bb, dit-il d&#8217;une voix rauque.<\/p>\n<p>Depuis mardi, m\u00e8re et fils se trouvent dans le refuge surpeupl\u00e9 du hotspot, le premier refuge, \u00e0 Lampedusa, la petite \u00eele italienne proche des c\u00f4tes africaines.  C&#8217;est une situation difficile.  Ils n\u2019ont rien mang\u00e9 ni bu depuis un jour.  Le centre est tellement bond\u00e9 que la distribution de nourriture est chaotique.  \u00ab Les hommes nous \u00e9cartent \u00bb, dit-elle avec col\u00e8re.  &#8220;<em>Le fils des sauvages<\/em>ils se comportent comme des sauvages.<\/p>\n<blockquote class=\"streamer quote\">\n<p class=\"bq\">Est-ce vraiment n\u00e9cessaire?  Vont-ils aussi s\u2019asseoir \u00e0 notre porte ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En dehors du centre, qui fonctionne \u00e0 plus de dix fois sa capacit\u00e9, l&#8217;activit\u00e9 est en pleine effervescence.  De gros camions de la Croix-Rouge font des allers-retours, transportant encore plus de biens et d&#8217;\u00e9quipements.  Des bus r\u00e9cup\u00e8rent les migrants pour les emmener en ferry vers des centres d&#8217;asile ailleurs en Italie, afin de soulager le hotspot de Lampedusa, plein \u00e0 craquer depuis des jours.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est tr\u00e8s difficile.  A une heure de l&#8217;apr\u00e8s-midi, au moment le plus chaud de la journ\u00e9e, un groupe de centaines d&#8217;hommes africains attendent au milieu de la rue, sous un soleil de plomb, un bus qui n&#8217;arrive jamais.  &#8220;Ils sont ici depuis huit heures du matin&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Aldo, un volontaire de la Croix-Rouge de G\u00eanes.  \u00ab Et nous aussi.  Je ne m&#8217;attendais pas \u00e0 ce que ce soit aussi difficile.  Ce n\u2019est plus tenable. \u00bb  Un jeune homme s&#8217;approche d&#8217;Aldo, qui lui demande s&#8217;il veut une bouteille d&#8217;eau.  &#8220;Non!&#8221;  dit le jeune homme.  &#8220;Je veux juste sortir d&#8217;ici.&#8221;<\/p>\n<figure>\n<div class=\"photogrid\">\n<div class=\"photogrid__item-wrapper\">\n<div class=\"photogrid__item\" data-aspect-ratio=\"1.3333333333333\" data-total-siblings=\"2\">\n<div style=\"padding-bottom:133%\"><figcaption style=\"display:none;\">\n<span class=\"caption-text\">Didi et Maria Bamba <\/span><br \/><span class=\"caption-producer\">Photo In\u00e9 Roox<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"photogrid__item\" data-aspect-ratio=\"1.4989498949895\" data-total-siblings=\"2\">\n<div style=\"padding-bottom:150%\"><figcaption style=\"display:none;\">\n<span class=\"caption-text\">Enfants de migrants \u00e0 Pozallo, avec leur num\u00e9ro d&#8217;identification sur un bracelet.<\/span><br \/><span class=\"caption-producer\">Photo Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/div>\n<\/div><figcaption class=\"article__featured-image__caption\">\n<span class=\"caption-text article__featured-image__caption__text\">Gauche : Didi et Maria Bamba.<br \/>\u00c0 droite : Enfants de migrants \u00e0 Pozzallo, avec leur num\u00e9ro d&#8217;identification sur un bracelet.<\/span><br \/><span class=\"caption-producer article__featured-image__caption__producer\">Ine Roox et Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/figure>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">Cabine t\u00e9l\u00e9phonique d\u00e9cr\u00e9pite<\/h2>\n<p>Normalement, la proc\u00e9dure pr\u00e9voit que les nouveaux arrivants ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 quitter le hotspot dans les premiers jours suivant leur arriv\u00e9e.  Mais avec un centre aussi surpeupl\u00e9, cela est d\u00e9sormais intenable.  C&#8217;est pourquoi des groupes d&#8217;hommes, avec des serviettes sur la t\u00eate pour r\u00e9sister \u00e0 la chaleur, se prom\u00e8nent dans le centre de la ville, regardant avec \u00e9tonnement les touristes buvant du cappuccino sur les terrasses.  Un jeune Ivoirien tente de remettre en \u00e9tat de marche une cabine t\u00e9l\u00e9phonique v\u00e9tuste.  Il sort quarante euros.  \u00ab Concr\u00e8tement, comment \u00e7a marche ?  Je veux appeler maman.  Mais la cabine t\u00e9l\u00e9phonique ne fonctionne qu&#8217;avec des cartes t\u00e9l\u00e9phoniques, et celles-ci ne sont plus vendues.<\/p>\n<p>Il se dirige ensuite vers l&#8217;\u00e9glise paroissiale, o\u00f9 une file impressionnante de centaines d&#8217;hommes africains affam\u00e9s se forme vers l&#8217;heure du d\u00e9jeuner.  Les r\u00e9sidents locaux ont \u00e9galement entendu dire que la Croix-Rouge ne r\u00e9ussissait pas bien en mati\u00e8re de distribution de nourriture.  &#8220;Nous avons donc fait quelques courses et commenc\u00e9 \u00e0 cuisiner&#8221;, raconte Grazia Migliosini (60 ans), propri\u00e9taire d&#8217;un magasin de bijoux et de c\u00e9ramiques.  \u00ab Nous sommes un peuple solidaire \u00bb, dit-elle en versant de l&#8217;eau dans le gobelet en plastique d&#8217;un migrant.  Des assiettes sont constamment distribu\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9glise avec des p\u00e2tes ou du riz \u00e0 la tomate, du couscous aux olives noires ou des lasagnes fra\u00eeches.  Les migrants mangent leur portion au bord du trottoir.<\/p>\n<p>Pas pour la joie de tous.  &#8220;Est-ce vraiment n\u00e9cessaire, vont-ils aussi s&#8217;asseoir sur notre trottoir ?&#8221;  crie un homme plus \u00e2g\u00e9.  Caterina, une habitante de 77 ans, est du m\u00eame avis : \u00ab C&#8217;est l&#8217;enfer.  Au moins Berlusconi les a arr\u00eat\u00e9s.  Il a conclu un accord avec Kadhafi et cela a fonctionn\u00e9.  Mais oui, maintenant Berlusconi est mort, et nous nous retrouvons avec \u00e7a.\u00bb  Mais Grazia aussi, m\u00eame si elle est b\u00e9n\u00e9vole depuis vingt ans, atteint peu \u00e0 peu ses limites.  &#8220;Bien s\u00fbr, nous nous sentons fatigu\u00e9s et abandonn\u00e9s.&#8221;<\/p>\n<p>Plusieurs draps blancs sont accroch\u00e9s sur la place du village, avec des slogans en noir et rouge dessus : \u00ab Plus de morts en mer !  et aussi : \u00ab L&#8217;immigration r\u00e9guli\u00e8re, maintenant !  Un peu plus loin, on peut lire : \u00ab L&#8217;Europe et Rome : o\u00f9 es-tu ?<\/p>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">D\u2019\u00e9tat d\u2019urgence en \u00e9tat d\u2019urgence<\/h2>\n<p>Le maire Filippo Mannino (40 ans) ressent exactement la m\u00eame chose.  \u00ab Les probl\u00e8mes en Afrique et en Tunisie ne sont pas nouveaux.  Pourtant, nous continuons \u00e0 rebondir d\u2019\u00e9tat d\u2019urgence en \u00e9tat d\u2019urgence, et il n\u2019y aura jamais de solution durable. \u00bb  Ce qu&#8217;il veut?  Les navires qui se trouvent devant l&#8217;\u00eele r\u00e9cup\u00e8rent les naufrag\u00e9s et les emm\u00e8nent imm\u00e9diatement vers des centres d&#8217;accueil de bien plus grande capacit\u00e9.  \u00ab Comme l\u2019op\u00e9ration de sauvetage italienne Mare Nostrum, lanc\u00e9e apr\u00e8s le grand naufrage de 2013.  Nous devrions refaire quelque chose de ce genre, mais avec le soutien de tous les pays riverains de la M\u00e9diterran\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p><figure class=\"inline\"><\/figure>\n<\/p>\n<p>Mais selon Tot\u00f3 Martello, propri\u00e9taire de l&#8217;h\u00f4tel, pr\u00e9sident de l&#8217;association locale des p\u00eacheurs et jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re maire de Lampedusa, l&#8217;Italie re\u00e7oit une aide financi\u00e8re pour g\u00e9rer le hotspot.  &#8220;L&#8217;UE a promis 14 millions d&#8217;euros pour mieux g\u00e9rer et d\u00e9sengorger le hotspot&#8221;, raconte Martello, sur un banc \u00e0 l&#8217;ombre devant l&#8217;un de ses trois h\u00f4tels de luxe.  &#8220;Avec cet argent, on peut aussi acheter des bateaux pour emmener les migrants plus rapidement&#8221;, explique l&#8217;ancien maire, membre du parti d&#8217;opposition de gauche Partito Democratico (PD).  Mais cela n&#8217;arrive pas, dit Martello, \u00ab et maintenant on utilise le ferry, avec lequel les habitants font la navette entre Lampedusa et la Sicile, et les p\u00eacheurs de l&#8217;\u00eele doivent \u00e9galement transporter leurs marchandises.  En cons\u00e9quence, ils arrivent avec un jour de retard au march\u00e9 de Sicile, o\u00f9 ils ne re\u00e7oivent que 50 pour cent du prix de leur poisson.\u00bb<\/p>\n<p>C&#8217;est difficile et prend du temps, mais les migrants sont bel et bien expuls\u00e9s, affirme Francesca Basile, coordinatrice de la Croix-Rouge sur le hotspot.  \u00ab Deux mille migrants partiront vendredi, et deux mille autres samedi, pour peu que la machine puisse le faire \u00bb, dit-elle avec un sourire las.<\/p>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">\u00c9tape suivante<\/h2>\n<p>Pour les migrants, un tel transfert n\u2019est que la prochaine \u00e9tape de leur long voyage.  Ils peuvent aboutir n&#8217;importe o\u00f9 en Italie, mais samedi 780 migrants du hotspot de Lampedusa sont arriv\u00e9s au centre d&#8217;accueil de Pozzallo, une ville portuaire du sud de la Sicile.  En d\u00e9but de semaine, 142 hommes, femmes et enfants y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 h\u00e9berg\u00e9s.<\/p>\n<p>Exceptionnellement <em>CNRC<\/em> acc\u00e8s au hotspot de Pozzallo, un grand b\u00e2timent jaune avec une cour spacieuse, enti\u00e8rement cl\u00f4tur\u00e9 par une cl\u00f4ture bleu vif de trois m\u00e8tres de haut, strictement contr\u00f4l\u00e9 par la police.  L&#8217;acc\u00e8s au point chaud du port n&#8217;a \u00e9t\u00e9 possible qu&#8217;apr\u00e8s une longue proc\u00e9dure bureaucratique et une avalanche d&#8217;appels t\u00e9l\u00e9phoniques au maire et au pr\u00e9fet.  Il est le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur \u00e0 Rome, qui doit au pr\u00e9alable approuver toute visite par lettre recommand\u00e9e.  Il est permis de parler aux migrants nouvellement transf\u00e9r\u00e9s, mais il est interdit de prendre des photos ou des enregistrements audio reconnaissables.  Les agents et les cam\u00e9ras de surveillance surveillent de pr\u00e8s si ces r\u00e8gles sont respect\u00e9es. <\/p>\n<p>Les migrants sont h\u00e9berg\u00e9s dans deux grands dortoirs, l&#8217;un destin\u00e9 aux jeunes hommes, l&#8217;autre aux familles avec enfants.  Les grandes chambres peintes en blanc regorgent de rang\u00e9es de lits superpos\u00e9s bleus.  Certains migrants mettent une couverture marron sur leur t\u00eate pour dormir pendant la dangereuse travers\u00e9e maritime.<\/p>\n<figure>\n<div class=\"photogrid\">\n<div class=\"photogrid__item-wrapper\">\n<div class=\"photogrid__item\" data-aspect-ratio=\"0.667\" data-total-siblings=\"2\">\n<div style=\"padding-bottom:67%\"><figcaption style=\"display:none;\">\n<span class=\"caption-text\">Des migrants \u00e0 Pozallo qui, apr\u00e8s identification et enregistrement, attendent d&#8217;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s vers d&#8217;autres r\u00e9gions.<\/span><br \/><span class=\"caption-producer\">Photo Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/div>\n<\/div><figcaption class=\"article__featured-image__caption\">\n<span class=\"caption-text article__featured-image__caption__text\">Migrants dans le \u00ab hotspot \u00bb Pozzallo en attente de transfert.<\/span><br \/><span class=\"caption-producer article__featured-image__caption__producer\">Photo Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/figure>\n<p>Mais Oumar est bien \u00e9veill\u00e9.  Dans le dortoir familial, le b\u00e9b\u00e9 de trois mois regarde toute l&#8217;activit\u00e9 autour de lui avec de grands yeux \u00e9tonn\u00e9s.  Il rit malicieusement lorsque sa m\u00e8re Absetou le serre dans ses bras et joue avec lui.  Elle a fui toute seule, de Bamako au Mali.  \u00ab Le voyage a dur\u00e9 cinq mois.  J\u2019ai accouch\u00e9 en route, en Alg\u00e9rie.  Elle souhaite d\u00e9sormais rejoindre sa s\u0153ur, qui vit \u00e0 Rome depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Les migrants prennent une douche dans la section r\u00e9serv\u00e9e aux hommes.  A c\u00f4t\u00e9 se trouve un baby-foot et en face se trouve une pile de t\u00e9l\u00e9phones portables qui se rechargent sur les nombreuses prises.  Rachida, une B\u00e9ninoise de 27 ans v\u00eatue d&#8217;un T-shirt rouge et d&#8217;une jupe jaune vif, entre dans la pi\u00e8ce pour dire qu&#8217;elle ne peut pas encore appeler ses parents.  Une m\u00e8re africaine demande du lait pour son b\u00e9b\u00e9. <\/p>\n<p>Les migrants sont d\u00e9sorient\u00e9s.  Ils n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 Pozzallo que quelques heures plus t\u00f4t, en pleine nuit, et la plupart d&#8217;entre eux ne savent pas exactement o\u00f9 ils se trouvent.  Les soignants voulaient d\u2019abord les laisser dormir.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la \u00e9ni\u00e8me question, je dessine une carte sur mon bloc-notes et j&#8217;y indique Lampedusa, la Sicile et l&#8217;Italie.  \u00ab Donc nous sommes toujours en Italie, n&#8217;est-ce pas ?  Content!&#8221;  dit Ayed Kedeir, de Tunisie, soulag\u00e9.<\/p>\n<p>Des policiers jouent dans un ballon avec des enfants dans la cour.  De jeunes hommes tunisiens et africains jouent entre eux une partie de football, pieds nus sous le soleil br\u00fblant de l\u2019apr\u00e8s-midi sicilien.  \u00ab On se demande comment ils supportent cette chaleur sur leurs pieds \u00bb, explique un officier.  \u00ab Certains sont de tr\u00e8s bons footballeurs.  Ils d\u00e9limitent un tout petit but avec des bouteilles en plastique ou des tongs, ce qui rend le score encore plus difficile.\u00bb<\/p>\n<figure>\n<div class=\"photogrid\">\n<div class=\"photogrid__item-wrapper\">\n<div class=\"photogrid__item\" data-aspect-ratio=\"0.6665\" data-total-siblings=\"2\">\n<div style=\"padding-bottom:67%\"><figcaption style=\"display:none;\">\n<span class=\"caption-text\">Les migrants passent le temps en attendant d&#8217;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s ailleurs.<\/span><br \/><span class=\"caption-producer\">Photo Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"photogrid__item\" data-aspect-ratio=\"0.66723116003387\" data-total-siblings=\"2\">\n<div style=\"padding-bottom:67%\"><figcaption style=\"display:none;\">\n<span class=\"caption-text\">Migrants dans le \u00ab hotspot \u00bb Pozzallo en attente de transfert.  Photo Antonio Parrinello<\/span><br \/><span class=\"caption-producer\">Photo Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/div>\n<\/div><figcaption class=\"article__featured-image__caption\">\n<span class=\"caption-text article__featured-image__caption__text\">Les migrants passent le temps en attendant d&#8217;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s ailleurs.<\/span><br \/><span class=\"caption-producer article__featured-image__caption__producer\">Photos Antonio Parrinello<\/span><\/figcaption><\/div>\n<\/figure>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">Hernie douloureuse<\/h2>\n<p>D\u00e9sormais, l&#8217;atmosph\u00e8re est calme, jusqu&#8217;\u00e0 ce que Pozzallo soit \u00e9galement pleine, craint Fatiha El Arbaoui, une humanitaire maroco-italienne qui travaille dans le hotspot depuis dix ans.  Elle parle d&#8217;exp\u00e9rience, car il y a deux ans, des migrants ont mis le feu \u00e0 un tas de matelas.  Dans le chaos qui s\u2019ensuit, une trentaine d\u2019entre eux parviennent \u00e0 s\u2019enfuir.  La grande t\u00e9l\u00e9vision du dortoir des hommes a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite dans l&#8217;incendie.  La porte de l&#8217;infirmerie et des toilettes sont toujours cass\u00e9es.  Selon Fatiha, l&#8217;incendie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9 par les Tunisiens : &#8220;Ils sont souvent frustr\u00e9s, ils ont peur d&#8217;\u00eatre renvoy\u00e9s&#8221;.<\/p>\n<p>Craignant que leur demande de protection soit bient\u00f4t rejet\u00e9e parce qu&#8217;il n&#8217;y a ni guerre ni conflit en Tunisie, les Tunisiens parlent en d\u00e9tail de leurs probl\u00e8mes m\u00e9dicaux.  -Ayed Kedeir (42 ans) a fui la ville tunisienne de Mahdia avec sa femme Wafa Berim (34 ans) et sa fille Ayett Allah (1 ans) et souffre d&#8217;une hernie douloureuse.  Sa femme souffre de polypes et de kystes, tandis qu&#8217;Ayett souffre d&#8217;une vilaine bronchite.<\/p>\n<p>Mais les Africains subsahariens de ce hotspot sont d\u00e9sormais \u00e9galement confront\u00e9s \u00e0 une lutte difficile pour les titres de s\u00e9jour.  Certains admettent volontiers qu\u2019ils n\u2019ont pas fui la guerre, mais la pure pauvret\u00e9.  Comme Abdellah (25 ans), un jeune homme grand et costaud avec une petite barbe, originaire du B\u00e9nin.  Calmement, il r\u00e9pond \u00e0 toutes les questions.  Il est rest\u00e9 en mer pendant trois jours, et c&#8217;\u00e9tait &#8220;<em>un peu difficile<\/em>\u00bb \u2013 un peu difficile : \u00ab Notre bateau avait une fuite.  Nous avons d\u00fb pomper de l\u2019eau pendant tout le voyage pour y parvenir.<\/p>\n<picture class=\"lees-ook__image\"><source  type=\"image\/webp\"\/><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/La-tension-monte-a-Lampedusa-Nous-sommes-un.jpg\"\/>\n<\/picture>\n<span class=\"lees-ook__content\"><\/p>\n<p>\t\tA lire aussi :<strong> Meloni a promis un \u00ab blocus maritime \u00bb, alors que de plus en plus de migrants ext\u00e9rieurs \u00e0 l&#8217;UE re\u00e7oivent un permis de travail <\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>Il a pass\u00e9 deux semaines en Tunisie, o\u00f9 \u00ab ils ne devraient rien savoir des Africains.  L\u00e0-bas, ils nous maltraitent.  Il ne fournit pas de d\u00e9tails.  Quitter le B\u00e9nin n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas son choix, sa famille l\u2019a d\u00e9cid\u00e9 pour lui.  \u00ab Papa est mort et maman se retrouve avec neuf enfants. \u00bb  Il a d\u00fb partir en Europe pour r\u00e9ussir ici, afin de pouvoir ensuite subvenir aux besoins de toute sa famille au B\u00e9nin avec ses revenus.  Il porte un T-shirt jaune qu&#8217;il a re\u00e7u au refuge et sourit poliment.  Il semble en forme et fort, mais ses yeux fatigu\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent le fardeau qui p\u00e8se sur ses \u00e9paules.  Il a peut-\u00eatre atteint l\u2019Europe en toute s\u00e9curit\u00e9, mais il n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but d\u2019un tout nouveau voyage.<\/p>\n<div class=\"article__published-in\">\n<p>\t\tUne version de cet article est \u00e9galement parue dans le journal du 16 septembre 2023.\n\t<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.nrc.nl\/nieuws\/2023\/09\/15\/reportage-onder-de-bootvluchtelingen-op-lampedusa-stijgt-de-spanningwij-zijn-een-solidair-volk-maar-we-voelen-ons-in-de-steek-gelaten-2-a4174584\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-33<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Didi marche comme un drapeau italien. Un pantalon rouge, un pull gris clair et un foulard vert vif pour prot\u00e9ger le gar\u00e7on de cinq ans d&#8217;Abidjan, en C\u00f4te d&#8217;Ivoire, du soleil meurtrier sicilien. Il sourit timidement. Maria Bamba (31 ans) a laiss\u00e9 ses deux filles avec sa m\u00e8re et a fui seule avec lui en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":929907,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[6933,47609,286,6137,1266,10280,77478,16223,4634,4350],"class_list":["post-929906","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazine","tag-abandonnes","tag-lampedusa","tag-mais","tag-monte","tag-nous","tag-peuple","tag-sentons","tag-solidaire","tag-sommes","tag-tension"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/929906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=929906"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/929906\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/929907"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=929906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=929906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=929906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}