{"id":926699,"date":"2023-09-14T21:05:44","date_gmt":"2023-09-14T23:05:44","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/james-blake-jouer-aux-robots-au-paradis\/"},"modified":"2023-09-14T21:05:48","modified_gmt":"2023-09-14T23:05:48","slug":"james-blake-jouer-aux-robots-au-paradis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/james-blake-jouer-aux-robots-au-paradis\/","title":{"rendered":"James Blake \/ Jouer aux robots au paradis"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Il \u00e9tait une fois un producteur \u00e9lectronique si prestigieux, si prestigieux, que Beyonc\u00e9 a fini par lui confier l&#8217;ouverture de l&#8217;un de ses albums les plus importants, \u00ab Lemonade \u00bb.  James Blake, qui avait \u00e9bloui la critique et le public avec deux albums relativement exp\u00e9rimentaux entre dubstep et n\u00e9o-soul, savoure les joies de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9.  Et il a choisi de se d\u00e9velopper de deux mani\u00e8res : s&#8217;ouvrir au rappeur vedette avec Travis Scott, Future, Kendrick Lamar ou Metro Boomin&#8217;, et \u00e0 l&#8217;autre extr\u00eame, publier des chansons plus attach\u00e9es au classique, comme &#8216;Say What You Will&#8217; ou le succ\u00e8s \u00ab Dancing in the Park \u00bb avec Rosal\u00eda.<\/p>\n<p>Sur son 6\u00e8me album, James Blake abandonne cependant les deux voies.  Il n\u2019y a pas de vedettes.  \u00ab Playing Robots in Heaven \u00bb se pr\u00e9sente ouvertement comme un retour aux sources.  \u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il sortait ses premiers vinyles sur Hessle Audio, Hemlock et R&#038;S Records, avant m\u00eame son premier EP.  Burial et le garage britannique sont une fois de plus leurs r\u00e9f\u00e9rences, par exemple dans &#8216;Fall Back&#8217;, un enregistrement r\u00e9alis\u00e9 avec un producteur inconnu du sud de Londres appel\u00e9 Yaw Evans, connu pour remixer du vieux grime a cappella avec des m\u00e9thodes old school. <\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte une nouvelle lutte interne pour James Blake qui continue de jouer avec la d\u00e9pression de mani\u00e8re tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale, utilisant des \u00e9chantillons de voix r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ad nauseam de mani\u00e8re \u00e0 traquer les mauvaises pens\u00e9es.  &#8220;Restez derri\u00e8re (&#8230;) Je ne reviendrai peut-\u00eatre pas de l\u00e0.&#8221; <\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019artistes invit\u00e9s que nous ne pouvons pas entendre d\u2019autres voix sur l\u2019album.  Ragga Twins, dont James Blake a grandi avec la musique, porte <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=g_qWhdxiR7k\" target=\"_blank\">le single &#8216;Big Hammer&#8217;<\/a> au dancehall, au moment m\u00eame o\u00f9 il semblait que la pi\u00e8ce \u00e9tait un hommage au kraut sous ses diff\u00e9rentes formes, de Kraftwerk \u00e0 Stereolab.  La main de Pharrell est cach\u00e9e juste apr\u00e8s dans &#8220;I Want You to Know&#8221;, car cette chanson incorpore des \u00e9l\u00e9ments de <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=_FE194VN6c4\" target=\"_blank\">&#8220;Magnifique&#8221; avec Snoop Dogg<\/a>.  Mais nous avons affaire \u00e0 une chanson ambiante, tr\u00e8s loin des intentions pop qu&#8217;ont eu d&#8217;autres albums de James Blake.<\/p>\n<p>De m\u00eame, il faut souligner la collaboration de Dom Maker de Mount Kimbie au g\u00e9n\u00e9rique de la moiti\u00e9 des chansons, par exemple dans les trois premi\u00e8res, celles qui m\u00e8nent \u00ab Playing Robots in Heaven \u00bb.  James Blake a con\u00e7u l&#8217;album comme une \u00ab exp\u00e9rience avec une drogue du haut au bas \u00bb.  &#8216;Asking to Break&#8217;, au piano, ouvre tr\u00e8s peu \u00e0 peu la porte du dancefloor, et &#8216;Loading&#8217; et &#8216;Tell Me&#8217; seraient les grandes explosions cathartiques en ce sens.  Le premier est un dialogue hypnotisant de voix modul\u00e9es, avec un point culminant c\u00e9leste de la taille d&#8217;un caribou ;  la seconde, une autre folie de modulateurs comme des connexions t\u00e9l\u00e9phoniques frustr\u00e9es, avec des synth\u00e9tiseurs et des rythmes livr\u00e9s au club comme le bon vieux James l&#8217;a rarement voulu.<\/p>\n<p>Ces deux productions sont tellement magiques que la partie \u00ab down \u00bb qui commence par \u00ab Night Sky \u00bb et dure 4 titres \u2013 de trop \u2013 n&#8217;est pas si reconnaissante, malgr\u00e9 les succ\u00e8s.  James Blake c\u00e8de la place \u00e0 l&#8217;ambient, \u00e0 la dream pop, incorporant des guitares et quelque chose qui s&#8217;apparente \u00e0 des bo\u00eetes \u00e0 musique (&#8216;Fire the Editor&#8217; ressemble soudain \u00e0 une production de Beach House), laissant un certain sentiment que l&#8217;alibi conceptuel de l&#8217;album est un peu improvis\u00e9.  Comme s&#8217;il avait dit &#8220;J&#8217;ai ces morceaux dansants et ces morceaux non dansants, donc je vais les inventer&#8221;. <em>quelque chose<\/em>\u00ab.<\/p>\n<p>L&#8217;album se termine par une tr\u00e8s courte chanson pour piano intitul\u00e9e \u00ab If You Can Hear Me \u00bb et par un morceau instrumental partag\u00e9 sur les r\u00e9seaux pendant la pand\u00e9mie, au cours duquel l&#8217;id\u00e9e de \u00ab l&#8217;organiste qui emm\u00e8ne les robots au paradis \u00bb est venue \u00e0 l&#8217;esprit.  Le titre de l&#8217;album.  La v\u00e9rit\u00e9 est que cette id\u00e9e, entre l&#8217;\u00e9ternel et le p\u00e9rissable, entre le fantasme et l&#8217;espoir, s&#8217;est pleinement refl\u00e9t\u00e9e dans \u00ab Loading \u00bb.  \u00ab O\u00f9 sont mes ailes ?  Ils chargent&#8221;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2023\/09\/14\/462641\/james-blake-playing-robots-in-heaven\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il \u00e9tait une fois un producteur \u00e9lectronique si prestigieux, si prestigieux, que Beyonc\u00e9 a fini par lui confier l&#8217;ouverture de l&#8217;un de ses albums les plus importants, \u00ab Lemonade \u00bb. James Blake, qui avait \u00e9bloui la critique et le public avec deux albums relativement exp\u00e9rimentaux entre dubstep et n\u00e9o-soul, savoure les joies de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. 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