{"id":652430,"date":"2023-03-14T13:39:54","date_gmt":"2023-03-14T15:39:54","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/morreo-joie\/"},"modified":"2023-03-14T13:39:55","modified_gmt":"2023-03-14T15:39:55","slug":"morreo-joie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/morreo-joie\/","title":{"rendered":"Morreo \/ Joie"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Que personne ne pense qu&#8217;en chantant avec Sole\u00e1 Morente une chanson d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Pansequito -qui est sortie quelques heures avant sa mort-, Morreo est un parvenu dans le sauvetage du folklore national.  Leur premier single est sorti il \u200b\u200by a 3 ans, avant &#8216;El Madrile\u00f1o&#8217;, pour ne donner qu&#8217;un exemple, et voir -et \u00e9couter- le duo form\u00e9 par Jos\u00e9 Carlos Luna et Germ\u00e1n Marchena, c&#8217;est savoir que les ann\u00e9es 70 ont travers\u00e9 leurs veines.  Ils s&#8217;habillent comme \u00e0 la sortie de Gente Joven, ils se baladent avec des tote bags Smash ou Lole y Manuel ;  s&#8217;ils viennent en podcast sur notre site, c&#8217;est pour parler des albums classiques de Cher.<\/p>\n<p>Son approche des ann\u00e9es 70 est tr\u00e8s particuli\u00e8re.  Sur son premier album, \u00ab Fiesta nacional \u00bb, un go\u00fbt pour les chants m\u00e9lodiques et une certaine touche flamenco cohabitaient avec le psych\u00e9d\u00e9lisme anglo-saxon de la fin des ann\u00e9es 60 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Ce deuxi\u00e8me album, \u00ab Alegr\u00eda \u00bb, ajoute des influences peu explor\u00e9es, bien que contemporain.  Maintenant, en \u00e9coutant leur musique, nous pouvons aussi parler de Susana Estrada et de Raffaella Carr\u00e1.  Deux noms bien moins courants parmi les cr\u00e9ateurs de la pop actuelle. <\/p>\n<p>Mocedades continue d&#8217;\u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence dans des chansons comme &#8220;Propina&#8221;.  Ils plaisantent, concernant leur collaboration avec Adi\u00f3s Amores (autres grands adeptes de la musique d&#8217;autrefois), &#8220;ayant \u00e9t\u00e9 ABBA pendant quelques minutes&#8221;.  Mais la circulaire &#8216;Los turistas&#8217;, dans son hymne \u00e0 la nostalgie et dans sa revendication contre la gentrification (&#8220;Les touristes ont envahi toute la capitale, la luminosit\u00e9 de ce lieu s&#8217;est \u00e9teinte comme un volcan&#8221;) a plus que les bandes sonores des ann\u00e9es 60 d&#8217;Ant\u00f3n Garc\u00eda Abril que par le quatuor su\u00e9dois.  Et son rythme nous emm\u00e8ne plut\u00f4t vers les succ\u00e8s de Los Chichos.<\/p>\n<p>Si &#8216;Propina&#8217; explique en quelque sorte la couverture de l&#8217;album avec sa r\u00e9f\u00e9rence aux \u00abv\u00eatements suspendus qui sentent la fleur d&#8217;oranger\u00bb, la collaboration avec Sole\u00e1 Morente sur le &#8216;Pansequito&#8217; susmentionn\u00e9 pourrait justifier le titre de l&#8217;album.  Et c&#8217;est que parmi les compositions qui parlent de chagrin ou de rancune, \u00ab Pansequito \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence au pouvoir de gu\u00e9rison de la musique, parlant de se \u00ab relever \u00bb apr\u00e8s avoir \u00ab tr\u00e9buch\u00e9 \u00bb.  Un esprit positif que l&#8217;on retrouve \u00e9galement dans la m\u00e9lodie finale, celle de la chanson titulaire.<\/p>\n<p>Mais la vraie gr\u00e2ce d&#8221;Alegr\u00eda&#8217; r\u00e9side dans la mani\u00e8re dont ses influences s&#8217;\u00e9largissent, sans trahir ses maximes esth\u00e9tiques, sans r\u00e9ellement passer de d\u00e9cennie en d\u00e9cennie.  Il est vrai que &#8216;La flor de mi jard\u00edn&#8217;, comme un bol\u00e9ro, peut-\u00eatre li\u00e9 \u00e0 des classiques comme &#8216;<a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HSpIE6CN63w\" target=\"_blank\">L&#8217;histoire d&#8217;un amour<\/a>&#8216;, manque le punch du genre.  Mais &#8216;Mambo&#8217; et &#8216;Picham\u00e1n&#8217; sont si nombreux qu&#8217;ils n&#8217;auraient pas si bien trouv\u00e9 leur place sur leur premier album.  Le premier rappelle Gainsbourg et l&#8217;\u00e9poque de la perc\u00e9e en Espagne, \u00e0 travers saxophones, chuchotements et samples.  Nous avons besoin de plus de chansons qui parlent de sexe et pas n\u00e9cessairement d&#8217;un rythme reggaeton.  En fait, des \u00e9clats comme celui-ci manquent \u00e0 l&#8217;encha\u00eenement de cet album \u00e0 la pochette soign\u00e9e.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 &#8216;Picham\u00e1n&#8217; -et Carr\u00e0 aurait ador\u00e9 appara\u00eetre sur une chanson qui s&#8217;appelle ainsi-, il contient un certain d\u00e9sir d&#8217;exceller au milieu d&#8217;un manque d&#8217;amour qui a endommag\u00e9 notre estime de soi.  Leurs claviers sont ceux qui nous convainquent qu&#8217;il sera possible d&#8217;aller de l&#8217;avant, aussi ludiques et intelligents qu&#8217;ils l&#8217;ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 d&#8217;autres moments de l&#8217;album, comme le costumbrista &#8216;La higuera&#8217; ou le fredonnant &#8216;Mosquito&#8217;.<\/p>\n<p>Le grand-p\u00e8re de Germ\u00e1n, au nom folklorique impossible -Jos\u00e9 Marchena- est celui qui sonne sampl\u00e9 au d\u00e9but de &#8216;Sol y sombra&#8217;, qui penche ensuite vers Los Brincos de &#8216;Flamenco&#8217;.  Le duo explique sur leur insert vinyle que cet album est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 leurs grands-parents pour \u00eatre &#8220;la vraie Joie de nos vies&#8221;.  En leur apprenant une chose ou deux qu&#8217;ils connaissent sur la musique, nous supposons.  Ajoutons aussi qu&#8217;ils ont dress\u00e9 un registre luxuriant de tout cela, un p\u00e9tard dans le bon sens du terme, qui ne nous parle pas tant de pand\u00e9mie (merci !), mais plut\u00f4t d&#8217;avoir faim. <em>sonne tellement mieux<\/em>.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2023\/03\/14\/452075\/morreo-alegria\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que personne ne pense qu&#8217;en chantant avec Sole\u00e1 Morente une chanson d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Pansequito -qui est sortie quelques heures avant sa mort-, Morreo est un parvenu dans le sauvetage du folklore national. 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