{"id":532471,"date":"2022-12-28T20:11:30","date_gmt":"2022-12-28T22:11:30","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/merci-pour-tout-joan-manuel\/"},"modified":"2022-12-28T20:11:31","modified_gmt":"2022-12-28T22:11:31","slug":"merci-pour-tout-joan-manuel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/merci-pour-tout-joan-manuel\/","title":{"rendered":"Merci pour tout, Joan Manuel"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Serrat nous a vir\u00e9s des sc\u00e8nes.  Serrat est toujours en forme et il ne semble pas vraiment vouloir arr\u00eater.  Mais il a d\u00e9cid\u00e9 qu&#8217;il valait mieux partir avec style, en nous disant au revoir \u00e0 tous, maintenant qu&#8217;il est toujours aussi fort \u00e0 79 ans.  Cette tourn\u00e9e d&#8217;adieu, &#8216;El vicio de cantar&#8217;, a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 New York en avril dernier.  Ce vendredi 23 d\u00e9cembre, Joan Manuel Serrat a donn\u00e9 son dernier concert au Palau Sant Jordi, \u00e0 Barcelone, sa (notre) ville natale.  Et j&#8217;\u00e9tais l\u00e0 avec ma m\u00e8re, pour dire au revoir. <\/p>\n<p>Serrat a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, et chacun de nous a son Serrat.  Pour certains ce sera celui qui chante Machado ou Miguel Hern\u00e1ndez.  Pour d&#8217;autres, celle du soleil aveuglant de la \u00ab M\u00e9diterran\u00e9e \u00bb.  Personnellement, comme mes parents, je pr\u00e9f\u00e8re celui de la premi\u00e8re p\u00e9riode.  Il m&#8217;est tr\u00e8s difficile de r\u00e9sumer pourquoi ce Serrat est si important pour moi et ma famille.  Ils sont de ta g\u00e9n\u00e9ration.  Le premier Serrat a \u00e9t\u00e9 l&#8217;un des fondements de l&#8217;amour de mon p\u00e8re pour sa ville d&#8217;adoption.  Le premier Serrat a \u00e9t\u00e9 celui que ma m\u00e8re a d\u00e9couvert \u00e0 la radio \u00e0 14 ans, avec ce premier single (qu&#8217;elle a achet\u00e9) qui comprenait \u00ab La mort de l&#8217;avi \u00bb et \u00ab Una guitarra \u00bb.  Ce premier Serrat, qui \u00e9tait un gar\u00e7on un peu timide qui, m&#8217;a expliqu\u00e9 ma m\u00e8re, lorsqu&#8217;il jouait au Casino de l&#8217;Alian\u00e7a \u00e0 Poble Nou, ne pouvait pas croire qu&#8217;il y avait des filles qui le poursuivaient en criant &#8220;beau !&#8221;  et cherche son autographe.  &#8220;Mais si je n&#8217;en suis pas, ho!&#8221;, leur r\u00e9pondit-il \u00e9tonn\u00e9. <\/p>\n<p>Cela fait longtemps que Serrat a cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre &#8220;aucun&#8221;.  Serrat a longtemps \u00e9t\u00e9 un totem, une l\u00e9gende.  Je doute que jamais, jamais dans l&#8217;histoire de la musique en Espagne, on n&#8217;ait si bien conjugu\u00e9 le verbe et la musique, en catalan ou en espagnol.  Il est une figure absolument fondamentale de la musique et en tant que tel, il m\u00e9ritait donc un adieu.  Peu de temps apr\u00e8s \u00eatre entr\u00e9s dans Sant Jordi, nous avons rencontr\u00e9 les Manels.  Plus tard, nous avons d\u00e9couvert que la bo\u00eete \u00e9tait pleine d&#8217;autorit\u00e9s : Pedro S\u00e1nchez, Ada Colau, Miquel Iceta\u2026 C&#8217;\u00e9tait une date trop importante pour la manquer.<\/p>\n<p>Serrat a parl\u00e9, et beaucoup parl\u00e9.  Et sa voix rauque dans les parlements contrastait avec celle magnifique qu&#8217;il chante encore.  Il nous a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9venus : ce ne sera pas un triste adieu.  \u00c7a va \u00eatre une f\u00eate.  Il a ouvert avec &#8216;Temps era temps&#8217;, celui qui a chant\u00e9 au mythique attaquant du Bar\u00e7a, Basora, C\u00e9sar Kubala, Moreno et Manch\u00f3n.  Serrat \u00e9tait accompagn\u00e9 d&#8217;une fanfare spectaculaire, men\u00e9e par le \u00ab mestre \u00bb Ricard Miralles, fid\u00e8le alli\u00e9 de Serrat depuis des temps imm\u00e9moriaux.  Le premier coup direct au c\u0153ur est venu avec la deuxi\u00e8me chanson, un formidable &#8220;Can\u00e7\u00f3 de Bressol&#8221;, dans lequel Serrat nous faisait dresser les cheveux sur la t\u00eate en chantant &#8220;le matin il fait ros\u00e9e, \u00e0 midi il fait chaud, l&#8217;apr\u00e8s-midi les moustiques : non je veux \u00eatre agriculteur \u00bb avec une voix puissante et expressive. <\/p>\n<p>Il y a eu de nombreux moments pour se dresser les cheveux sur la t\u00eate : &#8216;Pueblo blanco&#8217;, le magnifique &#8216;Me&#8217;n vaig a peu&#8217;, la premi\u00e8re chanson extr\u00eamement populaire de la nuit et la premi\u00e8re fois que Serrat a pris la guitare, la premi\u00e8re fois que nuit j&#8217;ai savour\u00e9 l&#8217;\u00e9motion de le chanter en m\u00eame temps que ma m\u00e8re;  l&#8217;hymne \u00e9cologiste &#8216;Stop&#8217;, qui est encore plus valable aujourd&#8217;hui qu&#8217;il y a 50 ans, quand il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit.  L&#8217;\u00e9mouvante &#8216;Nanas de la cebolla&#8217; de Miguel Hern\u00e1ndez.  Un &#8216;Es capricoso el azar&#8217; sentimental, qu&#8217;il chante ici avec l&#8217;altiste Uixia Amarg\u00f3s, qui fait tomber tout le monde amoureux de sa voix.  Et ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, la chanson la plus triste de l&#8217;histoire : &#8220;La tieta&#8221;, l&#8217;un des portraits les plus f\u00e9roces et les plus pr\u00e9cis jamais \u00e9crits, d&#8217;un type de personne \u00e0 une certaine \u00e9poque, les c\u00e9libataires et leurs stigmates dans la grise Espagne franquiste.  Double coup fatal, car il l&#8217;a touch\u00e9e apr\u00e8s &#8216;Aujourd&#8217;hui peut \u00eatre un grand jour&#8217;.<\/p>\n<p>D&#8217;ici, la f\u00eate.  Serrat n&#8217;a pas fait de bis.  &#8216;Mediterranean&#8217; sonnait aussi merveilleux et bien arrang\u00e9 que jamais.  Et dans &#8216;Cantares&#8217;, il nous a laiss\u00e9 chanter les vers de Machado, vers par vers, coup par coup.  D\u00e9j\u00e0 Sant Jordi et lui ne faisaient qu&#8217;un.  Mais, souriant, il nous a dit &#8220;nous il sentit cantar m\u00e9s aviat poc&#8221; (&#8220;je t&#8217;ai entendu chanter assez peu&#8221;), avant de nous agresser \u00e9motionnellement avec &#8220;Paraules d&#8217;amor&#8221;, la plus belle chanson de son r\u00e9pertoire (qui c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 dire), et de nous laisser au sommet avec &#8216;Fiesta&#8217;. <\/p>\n<p>Avant de dire au revoir, Serrat a d\u00e9di\u00e9 un long discours de remerciement, \u00e0 sa famille, \u00e0 son public, aux trois figures fondamentales qui l&#8217;ont aid\u00e9 dans sa carri\u00e8re : Salvador Escamilla, Quico Sabat\u00e9 et Joan Oll\u00e9.  Et il a conclu avec \u00ab sa premi\u00e8re chanson \u00bb, \u00e9crite alors qu&#8217;il \u00e9tait \u00e0 peine adolescent \u00e0 Poble Sec : \u00ab Una guitarra \u00bb, seulement avec, en effet, une guitare\u2026 qui lui a jou\u00e9 un tour.  Cela avait commenc\u00e9 excitant, ma m\u00e8re fredonnait &#8220;V\u00e0rem cr\u00e9ixer foldats, jo em vaig fer un home&#8221;, quand Serrat a l\u00e2ch\u00e9 : &#8220;Excuse me, but this guitar is a mess&#8221;, et elle a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e par la fa\u00e7on dont le moment \u00e9motionnel avait \u00e9t\u00e9 ruin\u00e9.  Une fois qu&#8217;il a eu la nouvelle guitare, Serrat n&#8217;a toujours pas sembl\u00e9 tr\u00e8s convaincu, mais il n&#8217;a pas recul\u00e9 et a continu\u00e9 son histoire d&#8217;initiation et si vivante comment il a commenc\u00e9 : avec une humble guitare.  Et maintenant, presque soixante ans plus tard, nous le renvoyons avec tous les honneurs : jusqu&#8217;\u00e0 trois fois, il a d\u00fb sortir pour dire bonjour, parce que nous ne voulions pas le laisser partir.  Merci pour tout, Jeanne.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2022\/12\/28\/447216\/serrat-cronica\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Serrat nous a vir\u00e9s des sc\u00e8nes. Serrat est toujours en forme et il ne semble pas vraiment vouloir arr\u00eater. Mais il a d\u00e9cid\u00e9 qu&#8217;il valait mieux partir avec style, en nous disant au revoir \u00e0 tous, maintenant qu&#8217;il est toujours aussi fort \u00e0 79 ans. Cette tourn\u00e9e d&#8217;adieu, &#8216;El vicio de cantar&#8217;, a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":532472,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[76570,23134,9253,185,2767],"class_list":["post-532471","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazine","tag-joan","tag-manuel","tag-merci","tag-pour","tag-tout"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/532471","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=532471"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/532471\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/532472"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=532471"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=532471"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=532471"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}