{"id":483953,"date":"2022-11-27T15:49:25","date_gmt":"2022-11-27T17:49:25","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/natalia-lafourcade-de-toutes-les-fleurs\/"},"modified":"2022-11-27T15:49:26","modified_gmt":"2022-11-27T17:49:26","slug":"natalia-lafourcade-de-toutes-les-fleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/natalia-lafourcade-de-toutes-les-fleurs\/","title":{"rendered":"Natalia Lafourcade \/ De toutes les fleurs"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Natalia Lafourcade explore depuis quelque temps la m\u00e9moire et la richesse de la musique populaire am\u00e9ricaine des ann\u00e9es s.  xx.  Il a consacr\u00e9 deux albums au folklore latino-am\u00e9ricain, &#8216;<a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/open.spotify.com\/album\/30isRfL4u7fowKgTVsydDt?si=FZDoUZiBSYSMcSO5I3hOEA\" target=\"_blank\">muses<\/a>&#8216;.  Et deux autres tomes au Mexique (\u00ab Une chanson pour le Mexique \u00bb).  &#8216;Parmi toutes les fleurs&#8217; recueille une partie de tout ce magma et de ce magist\u00e8re&#8230; Mais, cette fois, pour se pr\u00e9senter \u00e0 nouveau, tout comme la toile a recueilli <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/www.lahiguera.net\/musicalia\/noticias\/29500.html\" target=\"_blank\">Le figuier<\/a>: \u00ab Un ami m&#8217;a rappel\u00e9 que cela faisait longtemps que je n&#8217;avais pas \u00e9cout\u00e9 quelque chose qui m&#8217;appartenait.  Cela m&#8217;a fait r\u00e9aliser que je me cachais peut-\u00eatre de l&#8217;in\u00e9vitable : de me retrouver.  C&#8217;est donc, selon ses propres mots, un voyage int\u00e9rieur, un journal intime.  Et le premier album de ses propres chansons (\u00e0 l&#8217;exception de &#8216;Maria la curandera&#8217;, une adaptation d&#8217;un po\u00e8me de Mar\u00eda Sabina) depuis &#8216;Hasta la ra\u00edz&#8217;.<\/p>\n<p>Mais que personne ne s&#8217;attende \u00e0 ce que ce voyage int\u00e9rieur soit synonyme de chagrin.  Car &#8216;De todas las flores&#8217; est un disque sobre et extr\u00eamement \u00e9l\u00e9gant.  Ce sont des bol\u00e9ros classiques saupoudr\u00e9s de jazz sinueux, dont la base est l&#8217;interpr\u00e9tation pr\u00e9cise et pr\u00e9cieuse de Natalia, avec la dose exacte de sentiment.  L&#8217;\u00e9laboration des chansons est lente, l&#8217;instrumentation est exquise, par bon nombre de merveilleux musiciens : nul autre que Marc Ribot est le guitariste de toutes les chansons.  C&#8217;est un blockbuster\u2026 qui n&#8217;est pas trop perceptible.  Car cet affichage est au service des chansons et de la voix de Natalia.  La richesse instrumentale est \u00e9vidente dans les introductions et les fins de chaque chanson, dans lesquelles des passages dans lesquels Natalia se perd.  La production, en charge d&#8217;elle et d&#8217;Ad\u00e1n Jodorowsky, cherche le naturel du direct et r\u00e9ussit.  A l&#8217;\u00e9coute de l&#8217;album on aper\u00e7oit pratiquement Natalia entour\u00e9e de ses musiciens, chantant en studio sans artifice, telle est la v\u00e9racit\u00e9 qu&#8217;elle parvient \u00e0 transmettre. <\/p>\n<p>&#8216;Je suis venue seule&#8217; \u00e9merge apr\u00e8s une longue introduction, et est d\u00e9j\u00e0 une divinit\u00e9 : \u00ab Je suis venue seule dans ce monde, je suis morte seule \u00bb, commence la douce Natalia.  Et seuls ces couplets d\u00e9sarment qui que ce soit, \u00e0 peine appuy\u00e9s \u00e0 la contrebasse et au piano.  &#8216;De todas las flores&#8217; est une d\u00e9licate bossa nova qui rappelle un amour \u00e9teint se promenant dans Madrid.  Et presque la chanson la plus &#8220;baroque&#8221; du set, puisqu&#8217;elle ajoute des strates et a des refrains tr\u00e8s Burt Bacharach, tr\u00e8s easy-listening.  Avec le m\u00eame air de bossa, &#8216;Pasan los d\u00edas&#8217; se d\u00e9marque, une autre chanson de (manque d&#8217;) amour nostalgique et \u00e9l\u00e9gante.  Mais comme le pr\u00e9c\u00e9dent, il d\u00e9marre sobrement (contrebasse et quelques l\u00e9gers effets de synth\u00e9tiseur) pour ajouter progressivement des instruments en douce cascade.  Dans &#8216;Ll\u00e9vame viento&#8217;, Natalia nous entra\u00eene dans un paysage myst\u00e9rieux et onirique, couronn\u00e9 par la guitare \u00e9sot\u00e9rique de Marc Ribot.<\/p>\n<p>Tout n&#8217;est pas si intense, du moins sur le plan sonore : \u00ab El lugar correcto \u00bb est un bol\u00e9ro qui navigue entre le m\u00e9lancolique et le ludique, servant de vecteur d&#8217;empowerment : \u00ab D\u00e9sol\u00e9, j&#8217;ai d\u00fb m&#8217;absenter un moment \/ Je avait un Rendez-vous \u00e0 prendre avec moi-m\u00eame \u00bb, entonne Lafourcade, pour terminer par une r\u00e9flexion qui semble la gen\u00e8se m\u00eame de l&#8217;album : \u00ab Alors je suis revenu \u00e0 ce silence n\u00e9cessaire \/ Pour \u00e9couter le c\u0153ur parler de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb.  &#8216;Pajarito colibr\u00ed&#8217; prend du temps \u00e0 d\u00e9marrer et le fait ensuite sous la forme d&#8217;une \u00e9l\u00e9gante chanson traditionnelle rappelant Violeta Parra, mais en changeant l&#8217;instrumentation tellurique pour des arrangements de cordes et de piano distingu\u00e9s.  Et c&#8217;est tellement charmant\u2026 Qu&#8217;elle est charmante la d\u00e9claration d&#8217;amour qu&#8217;est &#8216;Caminar bonito&#8217;.  Ou l&#8217;\u00e9l\u00e9gance du mambo &#8216;Mi manera de querer&#8217;, o\u00f9 Natalia chuchote \u00e0 peine, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;elle entre dans le refrain \u00e9crasant : \u00ab Je m&#8217;en fous si tu es un homme ou si tu es une femme \u00bb. <\/p>\n<p>Mais le point culminant de l&#8217;album est le gla\u00e7ant &#8216;Que te va bonito Nicol\u00e1s&#8217;, avec lequel l&#8217;album se cl\u00f4t.  Natalia swingue \u00e0 peine sur la guitare de Ribot, \u00e9tire les couplets, transperce son c\u0153ur dans cette complainte pour le d\u00e9part (mort ?) d&#8217;un \u00eatre cher.  La chanson s&#8217;\u00e9l\u00e8ve peu \u00e0 peu dans une spirale d&#8217;arrangements.  Mais, au fur et \u00e0 mesure que \u00e7a monte, \u00e7a redescend, jusqu&#8217;\u00e0 ce que nous ne soyons revenus qu&#8217;\u00e0 Natalia, qui nous interrompt avec les derniers murmures dans lesquels elle entonne &#8220;que tu vas bien&#8221;.<\/p>\n<p>&#8220;De todas las flores&#8221; est un album long, mais d&#8217;une unit\u00e9 et d&#8217;une coh\u00e9sion singuli\u00e8res, qui semble tr\u00e8s bien planifi\u00e9, mais ex\u00e9cut\u00e9 tout de suite, en direct, pour conserver la sensation d&#8217;imm\u00e9diatet\u00e9 et de sinc\u00e9rit\u00e9.  Cela peut sembler sec au d\u00e9but, mais cela devient une \u00e9treinte chaleureuse de l&#8217;osier traditionnel \u00e0 travers lequel Natalia Fourcade nous transmet sa v\u00e9rit\u00e9.  Lafourcade n&#8217;a pas seulement cherch\u00e9 ce &#8220;journal intime&#8221;, mais aussi d&#8217;en faire son grand album d&#8217;auteur.  Et c&#8217;est ainsi qu&#8217;il l&#8217;a fait.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2022\/11\/27\/445633\/natalia-lafourcade-de-todas-las-flores\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Natalia Lafourcade explore depuis quelque temps la m\u00e9moire et la richesse de la musique populaire am\u00e9ricaine des ann\u00e9es s. xx. Il a consacr\u00e9 deux albums au folklore latino-am\u00e9ricain, &#8216;muses&#8216;. 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