{"id":302201,"date":"2022-08-08T10:57:29","date_gmt":"2022-08-08T12:57:29","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/reves-apocalyptiques-et-ordures-parlantes-sur-festival-boulevard\/"},"modified":"2022-08-08T10:57:32","modified_gmt":"2022-08-08T12:57:32","slug":"reves-apocalyptiques-et-ordures-parlantes-sur-festival-boulevard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/reves-apocalyptiques-et-ordures-parlantes-sur-festival-boulevard\/","title":{"rendered":"R\u00eaves apocalyptiques et ordures parlantes sur Festival Boulevard"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Festival Boulevard commence par un trajet en navette jusqu&#8217;\u00e0 Rosmalen.  Bien que le festival de th\u00e9\u00e2tre et de danse Bossche ait un c\u0153ur de festival agr\u00e9ablement convivial, dans le Zuiderpark, o\u00f9 de plus petits spectacles ont lieu sous des tentes, il s&#8217;\u00e9tend \u00e9galement \u00e0 d&#8217;autres endroits dans et loin de la ville.<\/p>\n<p>Les pi\u00e8ces \u00e9nigmatiques au th\u00e9\u00e2tre Perron-3 \u00e0 Rosmalen <em>La fabrication de Berlin<\/em> par la soci\u00e9t\u00e9 flamande Berlin, qui s&#8217;est fait un nom avec les productions <em>Zvizdal<\/em> et <em>Vraie copie<\/em>.  Un film projet\u00e9 sur un \u00e9cran sur la sc\u00e8ne montre comment la compagnie va collaborer avec Friedrich Mohr, un vieil allemand qui \u00e9tait \u00ab directeur d&#8217;orchestre \u00bb avec le Berliner Philharmoniker (\u00ab une sorte de roadie \u00bb) pendant la guerre.  Selon Mohr, un court concert aurait lieu en mai 1945 (<em>Marche fun\u00e8bre de Siegfried<\/em> du <em>G\u00f6tterd\u00e4mmerung<\/em> van Wagner) dans la ville fortement bombard\u00e9e, o\u00f9 l&#8217;orchestre serait divis\u00e9 en bunkers et serait en contact avec des t\u00e9l\u00e9phones de campagne.  Son r\u00eave est de donner ce concert apocalyptique apr\u00e8s tout.  L&#8217;entreprise va essayer de s&#8217;en rendre compte.<\/p>\n<figure class=\"gn4-inline\" data-source=\"gn4\"><figcaption>\n<span class=\"caption-text\">L&#8217;\u00e9nigmatique <strong>La fabrication de Berlin<\/strong> de la soci\u00e9t\u00e9 flamande Berlin. <\/span><br \/>\n<span class=\"caption-producer\">Photo Jean Philipse <\/span><br \/>\n<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans le documentaire, le &#8216;making of&#8217;, on voit le metteur en sc\u00e8ne Yves Degryse entrer en contact avec l&#8217;Op\u00e9ra flamand et la radio flamande et avoir des conversations avec le fascinant Mohr, qui souffre de son pass\u00e9 dans l&#8217;orchestre, o\u00f9 les membres de l&#8217;orchestre juif ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s.  La structure tordue du documentaire, qui laisse beaucoup \u00e0 deviner, va de pair avec le comportement comique des faiseurs de th\u00e9\u00e2tre.  Mohr, quant \u00e0 lui, devient un personnage de plus en plus \u00e9mouvant, gr\u00e2ce \u00e0 une rencontre avec un vieil ami et \u00e0 la trag\u00e9die entourant sa femme.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;au moment o\u00f9 le film prend un tournant majeur, qui bouleverse l&#8217;histoire.  L&#8217;accent est d\u00e9plac\u00e9 sur la forme de ce projet et la question de savoir ce qui est fait et ce qui est fiction.  O\u00f9 et comment l&#8217;imaginaire et la r\u00e9alit\u00e9 se confondent-ils ?  La vie de Mohr et son d\u00e9sir de chanter la fin du monde deviennent subordonn\u00e9s \u00e0 ce que font les cr\u00e9ateurs eux-m\u00eames.  Dommage car moins int\u00e9ressant.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/1659963448_92_Reves-apocalyptiques-et-ordures-parlantes-sur-Festival-Boulevard.jpg\" \/><\/p>\n<p><span class=\"lees-ook__content\"><\/p>\n<p>\t\tA lire aussi : <strong>Le vrai d\u00e9couvre que le faux Picasso est du th\u00e9\u00e2tre dans &#8216;True Copy&#8217;<\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>En m\u00eame temps, en tant que spectateur, vous r\u00e9alisez \u00e0 quel point cette production a \u00e9t\u00e9 ing\u00e9nieusement superpos\u00e9e.  Incroyablement intelligent, bien qu&#8217;apr\u00e8s un sentiment de virtuosit\u00e9 vide demeure.<\/p>\n<p>Sur sc\u00e8ne, plusieurs couches sont \u00e9galement cr\u00e9\u00e9es dans un sens pratique, en ajoutant des images suppl\u00e9mentaires en direct et en utilisant un deuxi\u00e8me tissu en arri\u00e8re-sc\u00e8ne.  Ce symbolisme th\u00e9\u00e2tral n&#8217;est pas tr\u00e8s apparent, bien que cela puisse \u00eatre d\u00fb aux probl\u00e8mes techniques rencontr\u00e9s par Berlin lors de la repr\u00e9sentation de jeudi.<\/p>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">D\u00e9cevant<\/h2>\n<p>Boulevard donne aux cr\u00e9ateurs la possibilit\u00e9 de repousser les limites et d&#8217;explorer le terrain, ce qui se traduit g\u00e9n\u00e9ralement par un th\u00e9\u00e2tre de grande envergure.  Mais beaucoup de travail cette fois semble fragile ou immature.  Cela rend cette \u00e9dition d\u00e9cevante.  Le festival a eu le malheur qu&#8217;une repr\u00e9sentation potentiellement int\u00e9ressante, <em>Infini Chan<\/em> van het Zuidelijk Toneel, n&#8217;est pas encore termin\u00e9 et se limite aux essais.<\/p>\n<p>Un exemple de travail d\u00e9cevant est <em>Le chariot \u00e0 ordures complet<\/em> van Schippers&amp;VanGucht.  Le concept all\u00e9chant &#8211; entendre des ordures parler de leur vie radi\u00e9e &#8211; vaut mieux que l&#8217;ex\u00e9cution.  C&#8217;est quand m\u00eame excitant de se retrouver entass\u00e9s dans un vrai camion poubelle, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une poubelle de d\u00e9chets trait\u00e9s.  Cependant, le texte d&#8217;Abdelkader Benali est trop volontairement philosophique pour les circonstances et la technique de la ruse (objets l\u00e9gers, mobiles) ne rend pas justice au conte de f\u00e9es.  Seul le v\u00e9lo peut \u00eatre entendu revendiquer une nouvelle vie avec un esprit contagieux.<\/p>\n<figure class=\"gn4-inline\" data-source=\"gn4\">\n<img decoding=\"async\" class=\"b-lazy\" data-aspect-ratio=\"0.6664580725907384\" data-gn4-data-id=\"data89219418\" src=\"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/1659963449_709_Reves-apocalyptiques-et-ordures-parlantes-sur-Festival-Boulevard.jpg|https:\/\/images.nrc.nl\/i7_2fAKONrZzodZpflRjd29GqD0=\/1920x\/filters:no_upscale()\/s3\/static.nrc.nl\/images\/gn4\/stripped\/data89219418-93b6ff.jpg\" \/><figcaption>\n<span class=\"caption-text\">Le spectacle <strong>N\u00e9 pour exister<\/strong> par Joseph Toonga. <\/span><br \/>\n<span class=\"caption-producer\">Photo Karin Jonkers<\/span><br \/>\n<\/figcaption><\/figure>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">Ambiance punk intense<\/h2>\n<p>L&#8217;un des petits spectacles les plus prometteurs est <em>Embrasse la terre, esp\u00e8ce de racaille<\/em>, dans lequel Karlijn Hamer joue le r\u00f4le de la ni\u00e8ce rugueuse de Naomi Velissariou : paroles chantant sur un rythme.  A la diff\u00e9rence pr\u00e8s que Hamer sonne beaucoup plus primitif.  Elle jette sa col\u00e8re contre tout ce qui ne va pas dans le monde sur les visiteurs, debout autour d&#8217;un podium sur\u00e9lev\u00e9, droit dans le visage, tamponnant r\u00e9guli\u00e8rement et faisant des claquettes sur des plaques de m\u00e9tal.  Avec sa coll\u00e8gue interpr\u00e8te Julie Kurris, elle cr\u00e9e une ambiance punk intense : &#8220;Je vais te faire sentir comme de la merde !&#8221;<\/p>\n<p>Le m\u00eame genre d&#8217;\u00e9nergie furieuse, mais parfaitement rationalis\u00e9e, est affich\u00e9e par le chor\u00e9graphe britannique Joseph Toonga dans <em>N\u00e9 pour exister<\/em>.  Ses trois danseurs effectuent des mouvements saisissants, brefs et f\u00e9roces sur un d\u00e9cor sonore minimaliste et crient, entre autres, &#8220;Fuck you&#8221; au public.  Cela devient tr\u00e8s inconfortable lorsque les femmes noires imitent les singes et utilisent des cha\u00eenes \u00ab hoo-hoo \u00bb.  Les danseuses reviennent \u00e9galement de cette repr\u00e9sentation diabolique du racisme en tant que femmes inaccessibles et conscientes d&#8217;elles-m\u00eames.<\/p>\n<p>Il est louable que Boulevard programme de nombreuses repr\u00e9sentations gratuites sur une sc\u00e8ne ext\u00e9rieure dans le Zuiderpark.  Surtout la danse, comme <em>monter<\/em> de la Spanish Wonderground Company, o\u00f9 les deux danseurs s&#8217;effondrent d&#8217;abord dans un duo captivant et dramatique, puis red\u00e9couvrent ce que c&#8217;est que d&#8217;\u00eatre humain.  Tout aussi agr\u00e9able est la performance de d\u00e9bordement qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e lors de festivals pr\u00e9c\u00e9dents, comme l&#8217;intense  <em>Narcosexuels<\/em> de Dries Verhoeven et <em>sortir<\/em> van Circumstances et Piet van Dycke.<\/p>\n<figure class=\"gn4-inline\" data-source=\"gn4\">\n<img decoding=\"async\" class=\"b-lazy\" data-aspect-ratio=\"0.6653583617747441\" data-gn4-data-id=\"data89218301\" src=\"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/1659963449_756_Reves-apocalyptiques-et-ordures-parlantes-sur-Festival-Boulevard.jpg|https:\/\/images.nrc.nl\/v8J1T7h1gejWgeUFnS0pXB2G3Sk=\/1920x\/filters:no_upscale()\/s3\/static.nrc.nl\/images\/gn4\/stripped\/data89218301-f9f208.jpg\" \/><figcaption>\n<span class=\"caption-text\">Le spectacle <strong>sortir<\/strong> van Circumstances et Piet Van Dycke. <\/span><br \/>\n<span class=\"caption-producer\">Photo Karin Jonkers<\/span><br \/>\n<\/figcaption><\/figure>\n<h2 class=\"gn4-crosshead\">Tours acrobatiques<\/h2>\n<p>&#8220;On l&#8217;appelle <em>sortir<\/em>, c&#8217;est pour \u00e7a qu&#8217;ils franchissent toujours ces portes \u00bb, chuchote toute une rang\u00e9e de dames derri\u00e8re moi, au d\u00e9but du spectacle.  En effet.  Sur le podium se trouve un b\u00e2timent en forme de U avec cinq portes, initialement utilis\u00e9 pour des mod\u00e8les de marche gracieux.<\/p>\n<p>La partie au milieu s&#8217;av\u00e8re \u00eatre un mur qui peut tourner sur son axe en haut comme une roue.  Les quatre danseurs utilisent ce vortex de toutes les mani\u00e8res possibles : se faire hisser et sauter sur le toit \u00e0 c\u00f4t\u00e9, marcher dessus et s&#8217;\u00e9quilibrer, comme une planche de surf dans les airs.  En solo, \u00e0 deux et enfin \u00e0 quatre, ils ex\u00e9cutent des acrobaties \u00e9tonnantes aux allures dangereuses.<\/p>\n<p>Le chor\u00e9graphe flamand Piet Van Dycke (1996), reconnu comme un talent prometteur depuis son dipl\u00f4me \u00e0 Tilburg en 2018, a donc fait appel \u00e0 quatre danseurs issus du cirque pour cette performance.  Leur double talent fait <em>sortir<\/em> \u00e0 une heure passionnante de puissance physique &#8211; et cela aussi dans le plus bel endroit du Zuiderpark, au milieu d&#8217;un cercle dense de peupliers.<\/p>\n<aside><span class=\"keyword\">Boulevard des F\u00eates<\/span><\/p>\n<p>Berlin\u00a0: &#8220;La cr\u00e9ation de Berlin&#8221; <\/p>\n<h4 class=\"ballen vier\">\n<strong>\u25cf\u25cfnel<\/strong><\/h4>\n<p>Oscar Kocken &amp; Lucas de Waard : &#8216;1&#8217; <\/p>\n<h4 class=\"ballen twee\">\n<strong><\/strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/h4>\n<p>Karlijn Hamer: &#8220;Embrasse la terre, esp\u00e8ce de racaille&#8221; <\/p>\n<h4 class=\"ballen drie\">\n<strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/strong><\/h4>\n<p>Circonstances\/ Piet Van Dycke : &#8216;EXIT&#8217; <\/p>\n<h4 class=\"ballen vier\">\n<strong>\u25cf\u25cfnel<\/strong><\/h4>\n<p>Schippers&amp;VanGucht\u00a0: &#8220;Le chariot \u00e0 ordures plein&#8221; <\/p>\n<h4 class=\"ballen twee\">\n<strong><\/strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/h4>\n<p>Joseph Toonga : \u00ab N\u00e9 pour exister \u00bb <\/p>\n<h4 class=\"ballen drie\">\n<strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/strong><\/h4>\n<p>Laika &amp; hetpaleis\/ Michai Geyzen\u00a0: &#8216;Feu\/tour (6+)&#8217; <\/p>\n<h4 class=\"ballen drie\">\n<strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/strong><\/h4>\n<p>Het Zuidelijk Toneel\/ Club Gewalt\u00a0: &#8216;Drei, vier, flirt mit mir&#8217; <\/p>\n<h4 class=\"ballen drie\">\n<strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/strong><\/h4>\n<p>King Sisters: &#8216;Reconstruire une voix&#8217; <\/p>\n<h4 class=\"ballen twee\">\n<strong><\/strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/h4>\n<p>Kristel van Issum, Martin Kers et Han Stubbe\/ DansBrabant\u00a0: &#8216;#Catalog of Shadows II&#8217; <\/p>\n<h4 class=\"ballen twee\">\n<strong><\/strong>\u25cf\u25cf\u25cf<\/h4>\n<\/aside>\n<aside class=\"newslettersignup belowarticlesignup\">\n<p class=\"call-to-action-title\">\n\t\t<span>Bulletin<\/span><br \/>\n\t\tGuide culturel du CNRC\n\t<\/p>\n<p class=\"&#010;&#009;&#009;call-to-action-description&#010;&#009;&#009;\">\n<p>\t\tQue devriez-vous voir, entendre ou \u00e9couter cette semaine ?  Avis et conseils de nos r\u00e9dacteurs\n\t<\/p>\n<\/aside><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.nrc.nl\/nieuws\/2022\/08\/08\/apocalyptische-dromen-en-pratend-vuilnis-op-festival-boulevard-a4138402\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-33<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festival Boulevard commence par un trajet en navette jusqu&#8217;\u00e0 Rosmalen. Bien que le festival de th\u00e9\u00e2tre et de danse Bossche ait un c\u0153ur de festival agr\u00e9ablement convivial, dans le Zuiderpark, o\u00f9 de plus petits spectacles ont lieu sous des tentes, il s&#8217;\u00e9tend \u00e9galement \u00e0 d&#8217;autres endroits dans et loin de la ville. 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