{"id":275302,"date":"2022-07-24T10:56:29","date_gmt":"2022-07-24T12:56:29","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/zola-jesus-arkhon\/"},"modified":"2022-07-24T10:56:30","modified_gmt":"2022-07-24T12:56:30","slug":"zola-jesus-arkhon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/zola-jesus-arkhon\/","title":{"rendered":"Zola J\u00e9sus \/ Arkhon"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>Cinq ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis &#8216;Okovi&#8217;, le pr\u00e9c\u00e9dent album de Zola Jesus.  La raison de tant d&#8217;attente est expliqu\u00e9e par Nika Roza Danilova dans son <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/zolajesus.bandcamp.com\/\" target=\"_blank\">camp de bande<\/a>: Danilova s&#8217;est retrouv\u00e9e avec un blocage cr\u00e9atif comme elle n&#8217;en avait jamais connu auparavant.  Il l&#8217;a r\u00e9solu en cherchant une aide ext\u00e9rieure pour la premi\u00e8re fois.  Cette aide est venue sous la forme du producteur Randall Dunn, un collaborateur de Sunn O));  \u00e9galement aux percussions de Matt Chamberlain, tr\u00e8s pr\u00e9sent tout au long de l&#8217;album.<\/p>\n<p>Danilova explique bien d&#8217;autres choses int\u00e9ressantes sur Bandcamp.  Comme, par exemple, &#8220;arkhon&#8221; signifie &#8220;souverain&#8221; en grec ancien.  &#8220;L&#8217;Arkhon (&#8230;) contamine et ternit l&#8217;humanit\u00e9, la maintenant corrompue au lieu de la laisser trouver son moi harmonieux.&#8221;  Avec une telle id\u00e9e, on pourrait croire que le dernier album de Zola Jesus est une \u0153uvre de critique sociale et politique.  Mais Danilova part vraiment d&#8217;un vague postulat \u00e9cologique, ponctu\u00e9 de relations tourment\u00e9es et d&#8217;une certaine angoisse cr\u00e9atrice.  Lire tout le texte donne aussi le sentiment que Zola Jesus a sorti un album risqu\u00e9 et gratuit&#8230; Mais vraiment, ce n&#8217;est pas comme \u00e7a.  C&#8217;est une \u0153uvre assez classique dans le corpus de Zola Jesus, avec des atmosph\u00e8res \u00e0 la &#8216;Disintegration&#8217;, dans laquelle sa veine sombre et industrielle (&#8216;Okovi&#8217;, &#8216;Pendulum&#8217;) est une fois de plus d\u00e9pass\u00e9e par la plus pop (&#8216;Taiga&#8217;) : sinistre, gothique.  Mais pop.<\/p>\n<p>Le d\u00e9but est aussi sombre que majestueux et accrocheur.  &#8216;Lost&#8217;, le th\u00e8me principal de l&#8217;album, est une fantaisie sombre et tropicale, pleine de maracas et de timbales qui lui donnent une touche mar\u00e9cageuse.  &#8216;Lost&#8217; parle d&#8217;\u00eatre perdu (bien s\u00fbr) et de la n\u00e9cessit\u00e9 de renouer avec la nature.  &#8216;The Fall&#8217; rassemble le brio de la pop eighties : la ligne de basse, la m\u00e9lodie accrocheuse, un superbe refrain avec la voix terrifiante de Nika.  La pause avant d&#8217;attaquer le refrain est particuli\u00e8rement excitante.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est la section centrale, \u00e0 commencer par &#8216;Undertow&#8217;, la troisi\u00e8me chanson, o\u00f9 l&#8217;album se d\u00e9gonfle.  Les th\u00e8mes ne se contentent pas d&#8217;exploser, ils sont plats par rapport \u00e0 ceux du d\u00e9but et de la fin.  Ce sont des th\u00e8mes qui appellent un traitement moins atmosph\u00e9rique, plus d\u00e9chain\u00e9, peut-\u00eatre plus charnel.  Mais au lieu de cela, ils sont m\u00eame parfois trop g\u00e9n\u00e9riques et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s.  La voix de Nika est toujours un peu en dessous des instruments, ce qui n&#8217;aide pas non plus.  Les chansons pr\u00e9tendent que sa merveilleuse voix est plus pr\u00e9sente.  Personnellement, j&#8217;ai eu du mal \u00e0 garder mon attention durant cette \u00e9tape, aussi bien annonc\u00e9e soit-elle.<\/p>\n<p>Heureusement, Danilova a remis la rondelle sur les rails dans le dernier tiers.  Il puise dans les th\u00e8mes du romantisme amoureux : relations houleuses, chagrin d&#8217;amour abyssal&#8230; Musicalement, les chansons sont aussi \u00ab classiques \u00bb, mais elles sont bien plus attirantes, elles d\u00e9bordent de personnalit\u00e9.  Nika s&#8217;emballe et puise de l&#8217;huile.  &#8216;Desire&#8217; est une chanson plus ancienne.  Un baladon au piano avec un ch\u0153ur d\u00e9cha\u00een\u00e9.  La voix expressive de Nika au premier plan hurle, monte dans ses multiples registres, \u00e9clate en gargouillis, s&#8217;\u00e9tale, nous entra\u00eene.  Et le formidable &#8216;Fault&#8217; alterne calme et fureur, l&#8217;atmosph\u00e9rique et le beat martial le m\u00e9lodique, son ambiance cauchemardesque se d\u00e9ploie entre timbales. <\/p>\n<p>&#8216;Efemra&#8217;, c&#8217;est le break pop : il a une m\u00e9lodie entra\u00eenante, un air insouciant et onirique \u00e0 la fois, les arrangements ludiques enl\u00e8vent toute trace de gravit\u00e9, la batterie est tr\u00e8s bien plac\u00e9e&#8230; Un morceau hautement suggestif et joyeux.  Et, en point d&#8217;orgue, le bel air d&#8217;\u00e9vasion heureuse de la cl\u00f4ture avec &#8216;Do That Anymore&#8217;, bien que les paroles semblent faire r\u00e9f\u00e9rence au confinement : &#8220;Used to be free \/ Run through the rues but it&#8217;s no use \/ &#8216;Cause we can &#8216;ne fais plus \u00e7a&#8221; (&#8220;J&#8217;avais l&#8217;habitude d&#8217;\u00eatre libre, de courir dans les rues, mais \u00e7a n&#8217;a plus de sens, parce que nous ne pouvons plus le faire&#8221;).  Tellement triste sur le papier.  Mais au final, tellement d&#8217;espoir.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2022\/07\/24\/438084\/zola-jesus-arkhon\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinq ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis &#8216;Okovi&#8217;, le pr\u00e9c\u00e9dent album de Zola Jesus. La raison de tant d&#8217;attente est expliqu\u00e9e par Nika Roza Danilova dans son camp de bande: Danilova s&#8217;est retrouv\u00e9e avec un blocage cr\u00e9atif comme elle n&#8217;en avait jamais connu auparavant. Il l&#8217;a r\u00e9solu en cherchant une aide ext\u00e9rieure pour la premi\u00e8re fois. 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