{"id":1350911,"date":"2024-10-04T06:29:06","date_gmt":"2024-10-04T08:29:06","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/shalygin-transforme-le-banquet-de-platon-en-une-sorte-dopera-magistral-sur-lamour\/"},"modified":"2024-10-04T06:29:11","modified_gmt":"2024-10-04T08:29:11","slug":"shalygin-transforme-le-banquet-de-platon-en-une-sorte-dopera-magistral-sur-lamour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/shalygin-transforme-le-banquet-de-platon-en-une-sorte-dopera-magistral-sur-lamour\/","title":{"rendered":"Shalygin transforme le Banquet de Platon en une sorte d&#8217;op\u00e9ra magistral sur l&#8217;amour"},"content":{"rendered":"\n<div>\n<p>Le compositeur ukraino-n\u00e9erlandais Maxim Shalygin (1985) n\u2019avait jamais eu l\u2019intention de cr\u00e9er un op\u00e9ra, et quiconque conna\u00eet son \u0153uvre le comprend. L&#8217;op\u00e9ra requiert de l&#8217;action et des changements rapides, tandis que la musique de Shalygin se caract\u00e9rise par des formes qui se d\u00e9ploient lentement, associ\u00e9es \u00e0 une profondeur presque obsessionnelle. Mais cela s&#8217;est quand m\u00eame produit : mercredi soir, l&#8217;op\u00e9ra de Shalygin a eu lieu \u00e0 Amsterdam au Muziekgebouw. <em>Amandante <\/em>cr\u00e9\u00e9e par la compagnie d&#8217;op\u00e9ra ukrainienne en exil Nova Opera, bas\u00e9e \u00e0 Ath\u00e8nes.<\/p>\n<aside class=\"dmt-article-side dmt-article-side--review vorm__article-content-positioned vorm__article-content-positioned--left\">\n<div class=\"dmt-article-side__content\">\n<div class=\"dmt-article-side__text\">\n<div>\n<p>Critique d&#8217;Op\u00e9ra<\/p>\n<p><strong>Amandante de Maxim Shalygin de Nova Opera Ukraine. <\/strong>R\u00e9alisateur : A\u00efda Gabri\u00ebls. Livret : Paul van der Woerd. Entendu : 2\/10 Muziekgebouw Amsterdam. <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/aside>\n<p><em>Amandante <\/em>est bien s\u00fbr devenu un op\u00e9ra extr\u00eamement atypique. Le sujet est assez lyrique : l\u2019amour et la luxure. Mais le point de d\u00e9part du livret de Paul van der Woerd est le dialogue de Platon <em>Symposium<\/em>une joute d&#8217;id\u00e9es : beaucoup de paroles, z\u00e9ro action. Shalygin est l\u2019un des compositeurs les plus int\u00e9ressants de sa g\u00e9n\u00e9ration, mais est-ce que cela se passerait bien ?<\/p>\n<p>Cette pens\u00e9e n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement dissip\u00e9e par l\u2019ouverture h\u00e9sitante. Le d\u00e9cor de la sc\u00e8ne \u00e9tait intrigant : sombre et vide, avec les artistes enroul\u00e9s autour d&#8217;un canap\u00e9 comme un tas d&#8217;\u00e9paves humaines. Accompagn\u00e9s d&#8217;un drone \u00e9lectronique, les musiciens se sont d\u00e9plac\u00e9s au ralenti vers leurs instruments, o\u00f9 le pianiste Antonii Baryshevskyi a entam\u00e9 un motif r\u00e9p\u00e9titif de gamme descendante.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9but \u00ab minimal \u00bb quelque peu pr\u00e9visible s\u2019est poursuivi pendant tr\u00e8s longtemps. Le quatuor de solistes, v\u00eatus de combinaisons noires moulantes aux formes florales rouges et vertes, s&#8217;est joint \u00e0 nous, toujours allong\u00e9s sur le canap\u00e9. Il restait doux, sur le frein \u00e0 main, malgr\u00e9 une seule note brillante et surprenante. Sc\u00e8ne suivante : chinoiserie \u00e0 la Puccini, une touche <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=NAj8suae3WY\" target=\"_blank\">&#8220;L&#8217;homme avec l&#8217;enfant dans les yeux&#8221; de Kate Bush<\/a>. Mais alors. Il semblait que Shalygin utilisait la mise en garde ci-dessus comme tremplin pour une exp\u00e9rience de th\u00e9\u00e2tre musical inoubliable. Le bon orchestre compos\u00e9 du quintette \u00e0 cordes et du piano est sorti de sa camisole de force et a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9railler de fa\u00e7on dramatique, comme cela arrive souvent dans la musique de Schnittke. Lorsque le c\u0153ur collectif battait dans la gorge, tout se tut et le baryton Ruslan Kirsh chanta a cappella une chanson \u00e9poustouflante pleine d&#8217;\u00e9tranges tonalit\u00e9s glissantes, qui se terminait par un l\u00e9ger sifflement : \u00e0 couper le souffle.<\/p>\n<h2 class=\"gn4-crosshead article-heading\">Marche lente et murmur\u00e9e<\/h2>\n<p>\u00c9tait-ce le point culminant du d\u00e9but ? Non, avec une lente marche chuchot\u00e9e d&#8217;accords bourdonnants, le piano a d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 la chanson suivante, une chanson tout aussi intime du baryton Andrii Koshman. Les bancs statiques ont fait place \u00e0 une chor\u00e9graphie myst\u00e9rieuse, dans laquelle les chanteurs pr\u00e9sentaient des tableaux vivants en constante \u00e9volution comme un seul corps, tandis que les sopranos Maryana Golovko et Anna Kirsh disposaient \u00e9galement de suffisamment d&#8217;espace pour briller.<\/p>\n<p>Et c&#8217;est parti : une valse satanique, un tutti fa\u00e7on Slave Choir, une danse folklorique \u00e9mouvante avec percussions \u00e0 main, un spectacle de vari\u00e9t\u00e9s musical et sentimental \u00e9blouissant. Le chef d&#8217;orchestre Mikheil Menabde a dans\u00e9 un solo de ballet \u00e9mouvant. Sans faux-semblant, Shalygin prenait tout au s\u00e9rieux, y compris l&#8217;humour, y compris l&#8217;ab\u00eeme, et contournait sans crainte les limites du kitsch. Avec un effet r\u00e9troactif, m\u00eame la douce musique d\u2019ouverture a acquis sa charge cathartique.<\/p>\n<p>L&#8217;histoire ? Cela n&#8217;avait pas d&#8217;importance. Le livret a \u00e9t\u00e9 inclus dans la musique et dans la mise en sc\u00e8ne \u00e9tonnamment abstraite d&#8217;A\u00efda Gabri\u00ebls. Sans surtitres, avec seulement quelques aphorismes occasionnels \u00e0 l&#8217;\u00e9cran, la prise narrative faisait d\u00e9faut, mais la dramaturgie magistrale vous entra\u00eenait sans effort \u00e0 travers des montagnes russes d&#8217;\u00e9motions, dans un triomphe de l&#8217;imagination musicale. M\u00eame les vignettes contenant des faits sur le f\u00e9micide, initialement un fremdk\u00f6rper, se sont transform\u00e9es en un d\u00e9bat \u00e9mouvant sur le c\u00f4t\u00e9 obscur de l&#8217;amour.<\/p>\n<p><dmt-util-bar article=\"4868169\" headline=\"Shalygin maakt van Plato\u2019s Symposium een meesterlijke soort-van-opera over de liefde\" url=\"https:\/\/www.nrc.nl\/nieuws\/2024\/10\/04\/shalygin-maakt-van-platos-symposium-een-meesterlijke-soort-van-opera-over-de-liefde-a4868169\"><br \/>\n<button class=\"dmt-util-bar__button\" slot=\"share\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-container\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-title\">\u00c0 partager<\/span><br \/>\n<dmt-icon aria-hidden=\"true\" class=\"dmt-util-bar__button-icon\" name=\"ic-share-web\"\/><br \/>\n<\/span><br \/>\n<\/button><br \/>\n<button class=\"dmt-util-bar__button\" slot=\"contact\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-container\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-title\">Envoyer un email \u00e0 l&#8217;\u00e9diteur<\/span><br \/>\n<dmt-icon aria-hidden=\"true\" class=\"dmt-util-bar__button-icon\" name=\"ic-email\"\/><br \/>\n<\/span><br \/>\n<\/button><br \/>\n<\/dmt-util-bar> <\/p>\n<aside data-article-id=\"4868169\" data-js-topic-preview=\"\" data-topic-id=\"70\" data-topic-name=\"Klassieke muziek\"\/>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.nrc.nl\/nieuws\/2024\/10\/04\/shalygin-maakt-van-platos-symposium-een-meesterlijke-soort-van-opera-over-de-liefde-a4868169\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-33<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le compositeur ukraino-n\u00e9erlandais Maxim Shalygin (1985) n\u2019avait jamais eu l\u2019intention de cr\u00e9er un op\u00e9ra, et quiconque conna\u00eet son \u0153uvre le comprend. 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