{"id":1225276,"date":"2024-07-04T15:23:55","date_gmt":"2024-07-04T17:23:55","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/cindy-lee-jubile-de-diamant\/"},"modified":"2024-07-04T15:23:59","modified_gmt":"2024-07-04T17:23:59","slug":"cindy-lee-jubile-de-diamant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/cindy-lee-jubile-de-diamant\/","title":{"rendered":"Cindy Lee \/ Jubil\u00e9 de diamant"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>L&#8217;ann\u00e9e o\u00f9 certains artistes ont d\u00e9cid\u00e9 de publier des \u0153uvres gigantesques, brouillant la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare l&#8217;album typique de l&#8217;anthologie, le plus complet de tous (32 titres) est sorti sans que pratiquement personne ne le sache.  &#8216;Diamond Jubilee&#8217;, le troisi\u00e8me album de Cindy Lee, est uniquement disponible en t\u00e9l\u00e9chargement gratuit via un site Web inconnu auquel vous n&#8217;acc\u00e9derez que si vous lisez la presse musicale ou si vous vivez sur Internet.  Vous pouvez \u00e9galement l&#8217;\u00e9couter sur YouTube, mais il faut d&#8217;abord d\u00e9couvrir que l&#8217;album existe.  Ne le cherchez pas sur Spotify ou Apple Music car il n&#8217;est ni l\u00e0 ni attendu.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que la strat\u00e9gie de Cindy Lee r\u00e9pond \u00e0 un engagement total en faveur de l&#8217;\u00e9thique de l&#8217;underground, ou peut-\u00eatre que Lee tente de \u00ab fabriquer \u00bb un album culte de toutes pi\u00e8ces.  Ce qui est s\u00fbr, c&#8217;est que Cindy Lee n&#8217;a pas envie de toucher le grand public.  En fait, ce printemps, <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/exclaim.ca\/music\/article\/cindy-lee-cancels-the-remainder-of-tour\" target=\"_blank\">a annul\u00e9<\/a> les derni\u00e8res dates de sa tourn\u00e9e pour des raisons myst\u00e9rieuses.  Au milieu du battage m\u00e9diatique autour de &#8220;Diamond Jubilee&#8221;, il a dit &#8220;\u00e0 plus tard&#8221;.<\/p>\n<p>Le battage m\u00e9diatique est m\u00e9rit\u00e9, et pas seulement parce que Pitchfork <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/pitchfork.com\/reviews\/albums\/cindy-lee-diamond-jubilee\/\" target=\"_blank\">avoir plant\u00e9<\/a> un 9,1 sur 10 pour le disque, \u00e9tant l&#8217;un de ses scores les plus \u00e9lev\u00e9s de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.  Cindy Lee, le projet drag et lo-fi du musicien canadien Patrick Flegel, ancien membre de Women, a produit une immense \u0153uvre dans la forme et le fond qui ose aller plus loin et plonger plus profond\u00e9ment que de nombreuses \u0153uvres de son style. <\/p>\n<p>Dans &#8216;Diamond Jubilee&#8217;, qui est un double album, les influences reconnues de Cindy Lee, notamment des groupes de filles des ann\u00e9es 60, comme les Supremes ou les Ronettes, mais aussi de chanteuses comme Patsy Cline ou Karen Carpenter, dans lesquels elle dit fonder leur style, sont explor\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 leurs cons\u00e9quences ultimes.  Parall\u00e8lement, en 32 titres, Cindy Lee a le temps d&#8217;introduire dans son imaginaire une autre poign\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rences issues de diff\u00e9rentes d\u00e9cennies de la pop et du rock n&#8217; roll, toutes plus disparates.  Pendant ce temps, l&#8217;esth\u00e9tique garage de Cindy Lee obscurcit m\u00eame les m\u00e9lodies les plus famili\u00e8res et les plus r\u00e9confortantes, faisant de &#8220;Diamond Jubilee&#8221; l&#8217;une de ces \u0153uvres qui nous rappellent que le &#8220;indie&#8221; est toujours vivant : &#8220;Diamond Jubilee&#8221; est l&#8217;\u0153uvre d&#8217;un artiste \u00e9tranger jouant &#8211; r\u00eavant &#8211; d&#8217;\u00eatre une pop star et de r\u00e9ussir &#8211; \u00e0 sa mani\u00e8re &#8211; dans sa tentative. <\/p>\n<p>Dans de nombreux cas, les chansons de \u00ab Diamond Jubilee \u00bb semblent avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crites sur la base de souvenirs de classiques pop pass\u00e9s.  L&#8217;esth\u00e9tique de Haunted Graffiti d&#8217;Ariel Pink peut \u00eatre un pr\u00e9c\u00e9dent dans le traitement fantomatique du chant et, en fait, sa reprise de \u00ab Baby \u00bb de Donnie et Joe Emerson est pr\u00e9sente en esprit dans de nombreuses chansons de \u00ab Diamond Jubilee \u00bb, par exemple dans le tendre ballade doo-wop &#8216;Baby Blue&#8217; ou dans le d\u00e9sir &#8216;I Have My Doubts&#8217;, o\u00f9 la douce m\u00e9lodie se heurte \u00e0 un son de guitares tranchantes comme des couteaux. <\/p>\n<p>Dans cet espace situ\u00e9 entre la tendresse des m\u00e9lodies et la distorsion des guitares \u2013 souvent assourdissantes \u2013 s&#8217;\u00e9panouissent les chansons de &#8216;Diamond Jubilee&#8217;.  Parfois, ils sont impr\u00e9gn\u00e9s de glamour, comme dans \u00ab Glitz \u00bb ;  qui rappelle le meilleur Deerhunter\u00a0;  d&#8217;autres font office de claviers psych\u00e9d\u00e9liques, comme dans le magnifique &#8216;Always Dreaming&#8217; ;  D&#8217;autres fois, les coups de guitare font r\u00e9f\u00e9rence au rock africain, comme dans l&#8217;ouverture &#8220;Diamond Jubilee&#8221;, une promenade de cinq minutes qui parle pr\u00e9cis\u00e9ment d&#8217;un &#8220;souvenir qui s&#8217;efface&#8221;, tandis que la production fait effectivement sonner la chanson comme un souvenir lointain. <\/p>\n<p>En 32 titres, Cindy Lee a le temps de briller, mais aussi de parcourir les collines d&#8217;\u00dabeda.  Dans le meilleur des cas, son exp\u00e9rimentation de diff\u00e9rents styles donne lieu \u00e0 des moments fascinants ou carr\u00e9ment merveilleux, comme la soul classique de &#8216;To Heal this Wounded Heart&#8217;, les stabs synth\u00e9tis\u00e9s de &#8216;Olive Drab&#8217; ou le rythme -\u00e0 peine-disco. de &#8216;Gayblevision&#8217;.  Lorsqu&#8217;il rejoint un groupe de filles, il invente des joyaux comme &#8220;Kingdom Come&#8221; et, lorsqu&#8217;il essaie d&#8217;imiter Elvis Presley ou les Beach Boys, il le fait aussi vibrer, sur des morceaux comme &#8220;Demon Bitch&#8221; qui rappellent les moments les plus nostalgiques de ces artistes. <\/p>\n<p>Mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, sur le premier CD de &#8216;Diamond Jubilee&#8217;, la berceuse &#8216;Wild One&#8217; &#8211; \u00e9mouvante dans son insistant &#8220;I see through you&#8221; &#8211; donne lieu \u00e0 une exp\u00e9rimentation nouvelle vague, &#8216;Fresh and Blood&#8217;, \u00e0 laquelle, dans \u00e0 son tour, elle est suivie par la messe gothique du \u00ab Machiniste Fant\u00f4me \u00bb.  Dans le second, les cordes de &#8216;Crime of Passion&#8217; sonnent comme des papillons dans le ventre.  Tout est permis \u00e0 Cindy Lee et sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 vous invite \u00e0 continuer la d\u00e9couverte de &#8216;Diamond Jubilee&#8217; car de nouvelles surprises vous attendent apr\u00e8s de nombreuses \u00e9coutes.<\/p>\n<p>M\u00eame si le voyage fascinant de &#8216;Diamond Jubilee&#8217; peut se transformer en un long voyage sur l&#8217;autoroute lorsque Cindy Lee se divertit en jouant des jams sans fin, comme celui de &#8216;Realistik Heaven&#8217;, ou lorsque les chansons perdent tout simplement leur d\u00e9finition.  Les 32 titres de \u00ab Diamond Jubilee \u00bb ne sont pas tous aussi bons.  Le trotona &#8216;Dreams of You&#8217;, plong\u00e9 dans les &#8220;obscurit\u00e9s&#8221;, est au-dessus d&#8217;un caprice comme &#8216;Lockstepp&#8217;.  Le magnifique blues de \u00ab All I Want is You \u00bb rend \u00ab Don&#8217;t Tell Me I&#8217;m Wrong \u00bb superflu.  Les morceaux instrumentaux, comme &#8216;Stone Faces&#8217; ou le surfy &#8216;Darling of the Diskoteque&#8217;, n&#8217;ajoutent que quelques minutes \u00e0 l&#8217;album.  Et toutes les compositions classiques ne fonctionnent pas : &#8216;Golden Microphone&#8217; n&#8217;est pas le meilleur hommage aux Ronettes que propose cette \u0153uvre.  D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, &#8216;Deepest Blue&#8217; confirme que la meilleure Cindy Lee est celle pour qui l&#8217;amour la rend tendre et m\u00e9lancolique.  Plus sa \u00ab flamme \u00bb \u00ab br\u00fble \u00bb, mieux elle sonne.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait probablement l&#8217;intention de Cindy Lee de cr\u00e9er avec &#8216;Diamond Jubilee&#8217; une \u0153uvre g\u00e9n\u00e9reuse mais aussi compliqu\u00e9e, qui ne facilite pas toujours la t\u00e2che de l&#8217;auditeur.  Surtout, &#8216;Diamond Jubilee&#8217; met en valeur la douceur de nombreuses m\u00e9lodies et le go\u00fbt d&#8217;une production lo-fi qui sonne \u00e9trangement hors du temps, m\u00eame dans le contexte alternatif.  \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 plus d\u2019albums sortent qu\u2019on ne peut le supposer, Cindy Lee publie un album inaccessible de plus de deux heures.  Celui qui ose s\u2019immerger dans son monde ne voudra plus en ressortir.<\/p>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2024\/07\/04\/478362\/cindy-lee-diamond-jubilee\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;ann\u00e9e o\u00f9 certains artistes ont d\u00e9cid\u00e9 de publier des \u0153uvres gigantesques, brouillant la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare l&#8217;album typique de l&#8217;anthologie, le plus complet de tous (32 titres) est sorti sans que pratiquement personne ne le sache. &#8216;Diamond Jubilee&#8217;, le troisi\u00e8me album de Cindy Lee, est uniquement disponible en t\u00e9l\u00e9chargement gratuit via un site Web inconnu [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1225277,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[34945,31003,20058,14523],"class_list":["post-1225276","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazine","tag-cindy","tag-diamant","tag-jubile","tag-lee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1225276","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1225276"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1225276\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1225277"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1225276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1225276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1225276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}