{"id":120136,"date":"2022-04-30T19:13:09","date_gmt":"2022-04-30T21:13:09","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/biznaga-breme-nexiste-pas\/"},"modified":"2022-04-30T19:13:15","modified_gmt":"2022-04-30T21:13:15","slug":"biznaga-breme-nexiste-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/biznaga-breme-nexiste-pas\/","title":{"rendered":"Biznaga \/ Br\u00eame n&#8217;existe pas"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p>un vieux conte allemand <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Town_Musicians_of_Bremen\" target=\"_blank\">raconte<\/a> l&#8217;histoire de quatre animaux domestiques qui, apr\u00e8s une vie de servitude cruelle envers leurs propri\u00e9taires, et d\u00e9sormais m\u00e9pris\u00e9s par eux, s&#8217;enfuient de leurs fermes respectives dans l&#8217;espoir d&#8217;atteindre Br\u00eame et se consacrent \u00e0 jouer de la musique dans les rues.  Au cours de leur p\u00e9riple, le groupe d&#8217;animaux, compos\u00e9 d&#8217;un \u00e2ne, d&#8217;un chien, d&#8217;un chat et d&#8217;un coq, retient un groupe de voleurs et parvient \u00e0 s&#8217;installer dans leur maison.  Les animaux n&#8217;atteignent jamais Br\u00eame malgr\u00e9 le fait que c&#8217;\u00e9tait leur destination principale.<\/p>\n<p>L&#8217;histoire publi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par les fr\u00e8res Grimm en 1819, sert \u00e0 \u00c1lvaro, Jorge, Pablo et Milky \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur l&#8217;avenir.  &#8220;Br\u00eame n&#8217;existe pas&#8221; est le titre de leur nouvel album, et Br\u00eame est synonyme de cet avenir qui, pour de nombreux jeunes Espagnols, ne s&#8217;est tout simplement pas concr\u00e9tis\u00e9.  C&#8217;est un futur &#8220;annul\u00e9&#8221;, puisque le groupe chante sur &#8220;L\u00edneas de sombra&#8221;, le morceau d&#8217;ouverture.  En fait, le sous-titre de l&#8217;album annonce qu&#8217;il contient &#8220;de la musique pour une autre g\u00e9n\u00e9ration perdue&#8221;.  Dans le final &#8216;A ghost story&#8217;, oui, le futur devient &#8220;report\u00e9&#8221;.  Il reste une lueur d&#8217;espoir \u00e0 laquelle s&#8217;accrocher. <\/p>\n<p>Cette lueur d&#8217;espoir, aussi belle soit-elle, traverse tout l&#8217;album de diverses mani\u00e8res.  Pablo Garnelo (guitare), Jorge Mart\u00ednez (batterie), Jorge Navarro (basse) et \u00c1lvaro Garc\u00eda (voix et guitare) ont voulu faire une \u0153uvre plus lumineuse que la pr\u00e9c\u00e9dente, moins anxieuse et crue, qui s&#8217;ouvrirait davantage sur le monde .  Le son de &#8216;Br\u00eame n&#8217;existe pas&#8217; r\u00e9pond aussi \u00e0 la fermeture du confinement.  Le quatuor dit qu&#8217;il se sentait \u00ab dans la rue \u00bb, et certaines de ses nouvelles chansons aspirent d\u00e9finitivement \u00e0 la cat\u00e9gorie des hymnes g\u00e9n\u00e9rationnels.  Sans cesser d&#8217;\u00eatre punk, ils sont aussi beaucoup plus pop, incorporant des influences de la guitare pop et du rock alternatif des ann\u00e9es 80 et 90, de gens comme REM ou The Cure.  L&#8217;un des morceaux, &#8220;The Night School&#8221;, parle de &#8220;jeunes qui grandissent comme des fant\u00f4mes&#8221;, mais il vous fera danser comme en 2007.<\/p>\n<p>Parmi les hymnes limpides laiss\u00e9s par l&#8217;album figure &#8220;Contre ma g\u00e9n\u00e9ration&#8221;, une chanson d\u00e9di\u00e9e \u00e0 &#8220;tous ces gens en \u00e2ge d&#8217;aller dans un PAU \/ Ou sauter d&#8217;un pont sans dire un mot d&#8217;adieu&#8221;, et aussi \u00e0 &#8220;tous ceux qui dorment peu et mal \/ les pr\u00e9caires et les aspirants \u00bb.  \u00ab Esp\u00edritu el 92 \u00bb s&#8217;adresse \u00e0 ceux qui ont atteint l&#8217;\u00e2ge de 30 ans et qui n&#8217;ont pas d&#8217;avenir auquel s&#8217;accrocher, et son puissant refrain crie : \u00ab \u00e9tait-ce l&#8217;avenir ?  non s&#8217;il vous pla\u00eet&#8221;.  Plus pessimiste, &#8220;Dimanche particuli\u00e8rement triste&#8221; parle d&#8217;une jeunesse d\u00e9munie mais desservie par internet et le t\u00e9l\u00e9phone portable, qui vit &#8220;six mois de travail et six de subvention&#8221;.  En revanche, le refrain chant\u00e9 par Isa de Tri\u00e1ngulo est lumineux, voire magnifique.<\/p>\n<p>Sur leur troisi\u00e8me album, les auteurs de &#8216;Sense of the Show&#8217; continuent de d\u00e9montrer que leur discours est l&#8217;un des plus solides du punk d&#8217;aujourd&#8217;hui.  Et qu&#8217;il n&#8217;a pas peur de faire appel aux diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations qui peuvent se sentir repr\u00e9sent\u00e9es par ses textes.  Peu de groupes citent Jacques Derrida ainsi que C. Tangana dans leurs chansons, et cela se produit dans &#8216;Fil\u00f3sofxs intempestivxs&#8217;, une autre chanson d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la pens\u00e9e bon march\u00e9 dont nous n&#8217;avions peut-\u00eatre plus besoin \u00e0 ce stade.  &#8220;L\u00edneas de sombra&#8221;, l&#8217;un des morceaux les plus garage-punk, inclut des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 TikTok et \u00e0 la musique pop, et &#8220;Madrid nous appartient&#8221; appelle \u00e0 manifester en nous invitant \u00e0 arr\u00eater de dire &#8220;putain, je ne sais pas&#8221; comme Carolina Durante a fait cette fois. <\/p>\n<p>D&#8217;une part, le message de Biznaga peut sembler r\u00e9solument populiste, comme lorsque dans &#8220;Toutes les pand\u00e9mies de demain&#8221;, ils chantent que &#8220;nous sommes le putain de virus, nous sommes le putain de cancer, nous sommes le bogue qu&#8217;il faut \u00e9radiquer&#8221;.  D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, le groupe continue de se d\u00e9marquer par ses r\u00e9flexions \u00e9duqu\u00e9es et \u00e9rudites &#8211; dans les disques et les interviews &#8211; sur le monde actuel, et les futurs annul\u00e9s dont &#8221; Br\u00eame n&#8217;existe pas &#8221; parle \u00e0 plusieurs reprises sont les m\u00eames sur lesquels il a \u00e9crit <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/elpais.com\/cultura\/2017\/01\/18\/actualidad\/1484739652_445083.html\" target=\"_blank\">Marc Fisher<\/a>.  Biznaga transmet son message avec confiance et s\u00e9curit\u00e9.  Ils n&#8217;ont pas peur de remuer la population.  En fait, ils le cherchent.  Et ils font bien.<\/p>\n<p>Entre les r\u00e9f\u00e9rences aux personnes &#8220;coinc\u00e9es dans l&#8217;ascenseur social&#8221; ou qui continuent \u00e0 faire venir des b\u00e9b\u00e9s dans un monde d\u00e9j\u00e0 trop idiot, &#8216;Contre ma g\u00e9n\u00e9ration&#8217; contient encore une lueur d&#8217;espoir lorsqu&#8217;il annonce que &#8220;ce qu&#8217;on n&#8217;a pas pu\/est encore possible peut-\u00eatre &#8220;.  En fait, le groupe explique que &#8216;Bremen does not exist&#8217; &#8220;n&#8217;est pas un album optimiste, mais il n&#8217;est pas non plus cendr\u00e9 ni sinistre&#8221;, mais plut\u00f4t &#8220;il est id\u00e9aliste et arrogant&#8221; car il estime qu'&#8221;il y a encore des futurs qui nous attendent &#8220;.  &#8220;Br\u00eame n&#8217;existe pas&#8221; est une fois de plus un album plein d&#8217;angoisse et de malaise qui refl\u00e8te les sentiments d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration &#8220;perdue&#8221; dans les deux sens : une g\u00e9n\u00e9ration qui ne sait pas o\u00f9 aller, et aussi une qui ne va plus r\u00e9cup\u00e9rer.  Cependant, l&#8217;espoir est l&#8217;une des choses les plus importantes dans cette vie, Biznaga le sait et ils ne l&#8217;abandonnent pas.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/jenesaispop.com\/2022\/04\/30\/432646\/biznaga-bremen-no-existe-critica\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-64<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>un vieux conte allemand raconte l&#8217;histoire de quatre animaux domestiques qui, apr\u00e8s une vie de servitude cruelle envers leurs propri\u00e9taires, et d\u00e9sormais m\u00e9pris\u00e9s par eux, s&#8217;enfuient de leurs fermes respectives dans l&#8217;espoir d&#8217;atteindre Br\u00eame et se consacrent \u00e0 jouer de la musique dans les rues. 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